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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 21 novembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Belinda Kordic
(chant)

-Justin Greaves
(guitare+claviers+basse+batterie +programmation)

-Andy Taylor
(guitare)

-Helen Stanley
(claviers+trompette)

-Ben Wilsker
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Suzie Stapleton
(chant sur "Cry of Love"+guitare sur "She's In Parties")

-Vincent Cavanagh
(chant sur "House Of Fools" et "Lost")

-Kristian Eivind "Gaahl" Espedal
(chant sur "In the Night")

-Ryan Patterson
(chant sur "Cry of Love")

-Jonathan Hultén
(chant sur "The Invisible Past")

-Rob Al-Issa
(basse)

TRACKLIST

1) House Of Fools
2) Lost

3) In the Night
4) Cry of Love
5) Everything I Said (Vic Chesnutt cover)
6) (-)
7) The Invisible Past
8) She's In Parties (Bauhaus cover)

DISCOGRAPHIE

Great Escape (2018)
Ellengæst (2020)

Crippled Black Phoenix - Ellengæst
(2020) - post rock mais pas que - Label : Season Of Mist



Il y a plus de deux ans, je découvrais Crippled Black Phoenix (CBP) avec le formidable Great Escape. Depuis je n'ai pas décroché, explorant la riche et intense discographie du projet de Justin Greaves, activiste et actif sur les réseaux sociaux. Comme à son habitude le Britannique évolue et c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre avec Ellengæst.

Justin et ses acolytes nous surprennent dès les premiers singles, le popisant et tubesque "Cry of Love" avec au chant Ryan Patterson puis "Lost" et son clip choquant, déconseillé aux âmes sensibles, sorte de synthèse des combats que mène Justin (abonnez vous à sa page Facebook - vous ne serez pas déçus). Ce titre met surtout en évidence la présence en tant que guest de Vincent Cavanagh (Anathema) qui partage le micro avec Belinda (Kordic, qui partage la vie du leader de CBP). L’occurrence est l'un des nombreux bijoux du recueil, elle monte doucement mais sûrement en puissance pour un refrain final saisissant. Mais là où Justin et Vincent frappent fort c'est évidement sur "House of Fools", l'opener de ce nouvel LP. Quant Great Escape se voulait très mélodique dans son approche, Ellengæst dévoile un aspect nouveau dans le travail de composition de Greaves. Je ne vous croirai pas si vous me dites que vous vous attendiez à une entrée en matière comme celle-ci (après quelques notes de piano). Un vrai coup de maître puissant à base de batterie et de cuivre qui ne laisse pas indemne. Mais CBP n'en délaisse pas pour autant ses tendances plus intimistes, plus douces, plus lentes, plus mystérieuses et envoûtantes. À ce petit jeu, "In The Night" s'en sort parfaitement bien, sublimé par la présence de Gaalh (Ex-Gorgoroth). Si cette piste est peut-être la moins surprenante, elle est l'incarnation du style CBP (avec cet orgue délicieusement discret), et n'en reste pas moins sublime avec son final à deux voix psalmodiant « Live to fight another day ».
"The Invisible Past" suit aussi ce chemin propre à CBP. Une réalisation de plus de onze minutes mélangeant post rock, rock prog et éléments gothiques (que l'on retrouvait en plus grand nombre sur l'opus précédent). La voix de Jonathan (guitariste chez Tribulation) se prête à merveille à l'exercice tant il apporte une profondeur à la composition, notamment sur le premier tiers (« It's ok to be affraid time and time again we lose our way »). Encore une fois Greaves arrive à lier à merveille les paroles de ses créations et l'intensité des lignes de chant de ses invités. Alors évidemment, tout n'est pas parfait et "The Invisble Past" tant à s’essouffler au fil des minutes et à tendance à être redondante (par rapport aux titres précédents) avec les mêmes types d'accord par exemple. "Cry of Love", elle, fait ce qu'elle a à faire c'est à dire être le single, mais est clairement le morceau le moins intéressant de ce nouvel effort. Quant à "(-)" il s'agit d'un interlude parlé. Enfin, CBP nous gratifie de deux reprises. "Everything I Said", chanson country de Vic Chesnutt et "She's In Parties" de Bauhaus. Ces deux propositions font parties du haut du panier. La première citée fait la part belle à Belinda, seule derrière le micro et qui montre, une fois de plus, tout son talent vocal. Si la composition en elle même n'est ni la plus expérimentale ni la plus recherchée de l’enregistrement, cette mise en lumière de la comparse de Justin est simplement méritée (et franchement, elle assure). "She's In Parties" en revanche clôt de manière déroutante Ellengæst. Titre le plus court (sans compter "(-)"), elle est tout simplement explosive, rythmée et constitue un condensé de toute la maîtrise du combo sur une proposition qui dénote. La basse est bien présente, les synthés sur le break mettent une bonne ambiance seventies avant que le duo de guitaristes sublime le refrain pour une conclusion parfaite.


Avec Ellengæst, Crippled Black Phoenix arrive encore à nous surprendre en arpentant de nouveaux horizons. Entre paroles humanistes et contestataires, guests parfaitement drivés, compositions superbes et maîtrisées, Justin et sa troupe prouve une fois de plus qu'ils sont les maîtres du post rock (mais pas que !). Une œuvre sublime, une fois de plus.

« The Dangerous Nature of an ignorant mind will be the final fall for mankind ». Belinda





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