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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 01 mai 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mikael Akerfeldt
(chant)

-Anders Nyström
(guitare+backing)

-Jonas Renkse
(basse+backing)

-Dan Swanö
(batterie+backing)

TRACKLIST

1) Ways To The Grave
2) So You Die
3) Mass Strangulation
4) Death Delirium
5) Buried by The Dead
6) The Soulcollector
7) Bathe In Blood
8) Trail Of Insects
9) Like Fire
10) Cry My Name

DISCOGRAPHIE


Bloodbath - Resurrection Through Carnage
(2002) - death metal melodeath suédois - Label : Century Media



Comment amorcer autrement une chronique du « supergroupe censé être éphémère » Bloodbath, sans tomber dans la banalité et le déjà-vu ? Très difficile. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce Resurrection Through Carnage est le dernier album à n’avoir pas fait l’objet d’une analyse sur Les Eternels. Et pourtant, c’est le tout premier album longue-durée des Suédois, ayant vu le jour deux ans avant l’incontournable Nightmares Made Flesh.

Allez, une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Visualisation de la scène : une soirée festive, une bande de potes avec un CV à en faire pâlir plus d’un. Une idée, un délire. Une graine qui germe. La création d’un bain de sang pour rendre hommage aux pionniers du death metal suédois old-school, incarnés par Dismember et Entombed. Et pour cela, rien de plus facile, on prend Mikael Akerfeldt, le chanteur-guitariste-compositeur-parolier-producteur-tout-ce-que-vous-voulez du groupe Opeth, l’un des maîtres à tout faire d’Edge Of Sanity, Dan Swanö dans le rôle du batteur, et deux membres de Katatonia, Anders Nyström à la guitare, et Jonas Renkse à la basse. En gros, des gars au succès déjà installé et à la carrière bien amorcée, qui n’ont peut-être plus grand-chose à prouver. Des gars qui se font chier en somme et qui se créent un délire. Mais à partir de leur talent, ce qui va en ressortir aura très peu de chance d’être mauvais. Et la première créature qui va être expulsée du ventre de ce monstre porte on ne peut mieux son nom : Resurrection Through Carnage. Voilà, ça c’était pour les banales présentations, introductives à un mythe ou une légende.
Bon, en réalité, Bloodbath ne peut être comparé à une légende, car le propre de cette dernière est d’instaurer quelque chose de nouveau, un repère, une base à partir de laquelle les descendants du genre humain pourront s’inspirer. Et si vous vouliez de l’originalité, continuez à arpenter la toile pour trouver votre bonheur, car il n’est sûrement pas ici. Ce n’est pas du tout ce que propose cet all-star band. Pendant quarante minutes, vous entendrez des riffs qui écorchent les oreilles, poisseux, gluants à souhait, similaires à celui d’un bourdon qui vient vous titiller l’oreille si ce n’est vous percuter. Sauf qu’ici, c'est plutôt agréable. Pour les fans de Dismember, la sonorité entière de cet album est la même que celle de leur EP Pieces de 1991 (écoutez notamment "Carnal Tomb" et ses riffs hachés). En plus de dix ans, tout a été conservé, tout est intact. On ne pouvait faire de meilleure tribute. Ceux qui reprochent ce son si particulier à Bloodbath n’ont strictement rien compris au death metal suédois et sont passibles de la peine de mort (les recherches sont déjà lancées).
Car si la production peut paraître « crade », elle l’est volontairement afin de coller parfaitement à l’ambiance recherchée par le groupe. Cette atmosphère lourde, angoissante, parfaite pour accompagner un bon film d’épouvante du genre Massacre à la Tronçonneuse ou Evil Dead avec des humains démembrés et des litres d’hémoglobine à faire pâlir quelques médecins expérimentés. D’ailleurs ça ne serait pas étonnant d’apprendre que Mikael Akerfeldt ait postulé pour au doublage voix d’un de ses deux films. On pourrait le soupçonner d’être atteint d’une légère schizophrénie. Comment est-il possible d’être doté d’une telle voix dans Bloodbath, quand il nous fait part d’un timbre totalement antagonique dans ses titres opethiens ? Tout simplement hallucinant de puissance. Sa maîtrise du growl est telle qu’il arrive même à être compréhensible ! Certains titres tels que "Death Delirium" ou "Like Fire" ne feront que traverser votre esprit, mais ce n’est rien en comparaison des nombreuses tueries qui vous attendent : "So You Die", "Soulcollector" et "Trail Of Insects" vont vous hanter et vous posséder durant quelques nuits. Car les Suédois attendent juste que vous soyez dans les bras de Morphée pour vous assaillir. « When you close your eyes and fall asleep, then it’s time for me to rise. »


Devant l’ampleur et l’impact produits par ce premier album, le quatuor suédois ne va finalement pas s’arrêter en si bon chemin puisque trois albums, ainsi qu’un live, suivront et connaitront une énorme côte de popularité. En revanche, le line-up sera souvent modifié puisque, dès Nightmares Made Flesh, Akerfeldt s’en ira sous des cieux plus progressifs, remplacé par le non moins talentueux Peter Tägtgren (Hypocrisy), avant de revenir ponctuellement en 2008 pour The Fathomless Misery. Aujourd’hui, seuls les deux membres de Katatonia, Nyström et Renkse, ont réussi à passer outre les affres du temps.



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