6867

CHRONIQUE PAR ...

67
Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 17 janvier 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nick Holmes
(chant)

-Per "Sodomizer" Eriksson
(guitare)

-Anders Nyström
(guitare+chœurs)

-Jonas Renske
(basse)

-Martin "Axe" Axenrot
(batterie)

TRACKLIST

1) Let the Stillborn Come to Me
2) Total Death Exhume
3) Anne
4) Church of Vastitas
5) Famine of God's Word
6) Mental Abortion

7) Beyond Cremation
8) His Infernal Necropsy
9) Unite in Pain
10) My Torturer
11) Grand Morbid Funeral

DISCOGRAPHIE


Bloodbath - Grand Morbid Funeral
(2014) - death metal old school - Label : Peaceville Records



As-tu déjà été déçu par un album de Bloodbath ? Non, tais-toi, la réponse est évidemment non. Depuis le premier EP Breeding Death, Bloodbath a beaucoup évolué mais toujours en honorant avec fierté son statut de « death metal all-star band ». La crispation a duré deux longues années après l’annonce du départ de Mikael Åkerfeldt (Opeth) – frontman historique de la bande. Les rumeurs sont allées bon train quant à son successeur qui, à la surprise de tous s’est révélé être Nick Holmes (Paradise Lost) issu du business Peaceville… Un coup de théâtre à nouveau accompagné immédiatement de son lot de débats… Bloodbath, maîtres de la communication ?

Car beaucoup de questions sont en suspens à l’arrivée de la nouvelle galette. Nick Holmes allait-il être à la hauteur de ses illustres prédécesseurs ? Quelle direction artistique pour ce nouveau méfait ? Une fois n’est pas coutume : tout est dans le titre, tout est dans l’artwork. « Grand », l’album l’est définitivement au vu de son excellente production, la meilleure que le groupe ai sans doute jamais eu, lui permettant d’instaurer avec puissance et classe une ambiance absolument inédite que les termes « Morbid » et « Funeral » résument à merveille. D’une part, Morbid Angel est plus que jamais assumée en tant que référence macabre et ritualiste du groupe. Lourdeur à son paroxysme sur l’excellent "Anne" qui nous amène en pleine période Domination avec ce gimmick à la Trey Azagthoth sur le riff principal, alors que les leads sur le refrain amènent une touche gothique n’étant pas sans rappeler les premiers opus du nouveau frontman. Car, d’autre part, jamais Bloodbath n’a sonné aussi doom et atmosphérique : "Church of Vastitas" et ses chœurs d’outre-tombe que l’on retrouve vite sur "Mental Abortion" ou encore sur le morceau-titre. L’arrivée de Nick Holmes apparaît dès lors comme une bénédiction puisque sa voix colle à merveille avec ce vent de fraîcheur mortuaire jeté sur la musique des suédois. On craignait sa faible voix, on s’émerveille de l’ambiance qu’il créé !
"Total Death Exhumed" et "Unite In Pain" illustrent parfaitement la nouvelle orientation de ce gros death lourd et malsain, qui tâche avec un groove doomy à coup d’une basse écrasante et plein de soli sans aucun sans-façon. Le titre le plus marquant de la galette est paradoxalement le titre le moins dans l’ambiance de l’album, à savoir "Famine of God’s Word", développant un death speedé complètement old-school (non, mais ce final de malade quoi !) mais jouissant tout particulièrement de la production à la fois boueuse et glaciale, ainsi que de la voix de Nick Holmes qui fait des merveilles sur les couplets avec des raclements aussi glauques que malsains. Le même commentaire est valable pour le titre suivant, "Mental Abortion", tout aussi bon. "Beyond Cremation" montre un rare penchant plus furieux de la galette avec une intro qui déboule au quart de tour, et aussi seul titre où l’on trouvera un petit peu de blast beats. Au final, la qualité est vraiment uniforme, les titres moins marquants se font très rares (peut-être "His Infernal Necropsy" quoique sauvé par sa facette gothique).


La principale surprise de la galette est finalement qu’on n’a pas vraiment là un album de Bloodbath ! The Fathomless Mastery avait déjà surpris les fans de la première, reniant tant le son croustillant du premier EP, et de Resurrection Through Carnage, considéré par beaucoup comme sommet du death old school dans sa version la plus rudimentaire et sauvage, que l’aspect « death metal hits » de Nightmares Made Flesh. Une nouvelle étape a été franchie avec Grand Morbid Funeral, revenant un son plus crade, mais conservant l’ambiance glaciale de son prédécesseur. Du très bon boulot, chapeau bas !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7