Moundrag

Entretien avec Camille (chant, claviers) et Colin (chant, batterie) - le 21 mars 2026

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Winter

Une interview de




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Déjà saisissante sur album, l'énergie déployée par les frangins hard-progueux de Moundrag devient carrément cataclysmique sur scène. Mais ça, je l'ignorais au moment où les frères Gœllaën-Duvivier avaient la gentillesse de prendre sur leur pause casse-croûte pour répondre à quelques questions, près de la Plaza 2 de Mayo à Madrid, quelques dizaines de minutes avant le commencement des hostilités. Après coup, j'aurais bien aimé savoir si les artistes tournent à l'EPO, aux amphétamines ou au kérozène... Ça sera pour la prochaine interview...

Winter : Salut, merci de me consacrer un moment pendant votre pause ! Le duo batterie-claviers et l’absence de guitares, c’est l’ADN de Moundrag ou le lineup peut évoluer ?

Camille : Non seulement c’est l’ADN, mais en plus « Moundrag » c’est l’anagramme de « Organ Drum »…

Winter : Ah la vache ! Bien vu !

Camille : Ça a été un choix pragmatique également. Le chanteur de notre premier groupe, Smooth Motion, formé il y a quinze ans quand nous étions gamins, s’est barré faire un tour du monde à un moment donné, et on s’est retrouvés tous les deux, Colin et moi, comme des cons, et on a décidé de former notre propre groupe, batterie-claviers uniquement.

Winter : Donc si un guitariste arrive et vous dit qu’il a trop envie de jouer avec vous, vous le dégagez…

Colin : Oui, parce que ce lineup, c’est notre ADN et notre originalité. C’est grâce à ça qu’on réussit à faire notre trou dans le milieu du rock. Cela dit, pas mal de guitaristes aiment enregistrer nos concerts et rajouter des guitares par-dessus. Et ça sonne tout de suite comme du Atomic Rooster ou du Deep Purple. Donc on passe de quelque chose d’original à quelque chose qu’on a déjà entendu mille fois.

Winter : Personnellement, quand je vous écoute, je pense à Emerson, Lake and Palmer.

Colin : C’est gentil, merci !

Camille : Justement, aujourd’hui dans le van, je me suis écouté les trois premiers ! De toute façon, nous sommes de grands fans du prog des années soixante-dix. Nous essayons de faire ça à notre sauce. Difficile de se comparer à ELP qui étaient d’énormes killers, trois génies qui jouaient ensemble.

Colin : Ce n’est pas qu’on soit mauvais, mais on est quand même un peu moins bons…

Winter : Non mais vous avez un certain niveau, ne serait-ce que point de vue coordination…

Colin : Ce sont des années de travail. Ça fait quinze ans qu’on est ensemble et en plus nous sommes frangins.

Winter : Ça joue d’être frangins ?

Colin : Oui, on se connait par cœur.

Winter : Tu me disais hors interview que beaucoup de métalleux vous kiffaient, c’est une grosse partie de votre public ?

Camille: Je pense que le public metal est ouvert à beaucoup de styles, et, comme ils connaissent tous les groupes obscurs des années soixante-dix, plus les Deep Purple, etc., ils voient où nous voulons en venir. Cela fait un an que nous commençons à vraiment percer dans le milieu metal, alors qu’avant nous étions plus connus dans la scène rock. Bon, « percer » est peut-être un grand mot…

Winter : Tu peux l'employer, personnellement j’ai entendu parler de vous sur un forum de metal (merci MFF). Je ne suis pas allé sur un site de rock prog.

Colin : Contrairement au premier album, nous avons fait pas mal de promotion dans des milieux metal. Claire notre attachée de presse, travaille beaucoup dans les milieux stoner, psychés, metal. De plus, Stolen Body Records et Spinda Records, nos deux labels, sont très prog et très stoner, ce qui contribue aussi à nous faire connaitre dans ces milieux.

Winter : Ce qui est clair, c’est que vous avez une lourdeur de frappe très compatible avec le fan de metal.

Colin : Oui, même si nous ne sommes que deux et qu’il n’y a pas de guitares, les riffs de l’orgue, avec toutes les pédales que tu peux mettre, restent une grande force de frappe.


Winter : Le choix de faire une dizaine de dates en Espagne, ce n’est pas un commun pour un groupe qui n’est pas du pays. C’est dû à quoi ?

Camille : Au fait que notre label Spinda Records est espagnol (ah oui forcément…, j’aurais pu y penser...). C’est lui qui a tout organisé.

Winter : Et ça s’est bien passé ?


Colin : On arrive sur notre avant-dernière date et on est un peu fatigués… Autant dire que ce soir et demain, on va tout donner...

Camille : Après, on rentre en France, donc là il faut faire plaisir aux Espagnols !


Winter : Vous avez joué avec d’autres groupes ou vous avez tout le temps été seuls, sur cette tournée ?

Colin : On a juste fait une date avec un autre groupe. C’était au Portugal, avec Madness, qui font du stoner. Le reste du temps, ce n’était que nous.

Winter : Donc derrière, vous rentrez en France. Qu’avez-vous comme perspectives ? Un nouvel album ?

Colin : En France, on va faire une grosse tournée qui va nous amener jusqu’en 2027. Forcément, comme on a le temps, on compose des trucs. On a déjà des démos pour le troisième album. Parallèlement, on a également notre groupe Smooth Motion, dont on t’a parlé au début, qui a un album de prêt. On a aussi un troisième projet, qui a cartonné en France. Il s’appelle Komodrag and the Mounodor. On l’a un peu mis entre parenthèses là, pour promouvoir l’album de Moundrag. Ce projet, c’est la fusion de Moundrag et d’un groupe appelé Komodor, qui est plus dans le Detroit rock, MC5 etc. On est également en période de composition pour eux. Donc en 2026, il n’y aura pas de nouvel album, mais ensuite, jusqu’à 2035, c’est parti, on a plein de projets et d’albums qui vont sortir !

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Winter : Vous êtes faits pour les petites salles ou les grandes salles ?

Camille : Les deux, on passe partout.

Colin : En France, on est sur des clubs de 300 à 600 places, sur cette tournée en Espagne, on est sur des clubs de 100 places.

Camille : On a fait deux fois la première partie de Deep Purple, une fois au Zénith et une fois au Théâtre Antique d’Orange, et ça marche aussi. On ne se pose pas trop la question : notre but, c’est d’écumer l’Europe pour, dans dix ans peut-être, passer un cap. C’est un peu comme courir un marathon. On y met des moyens : cette tournée en Espagne, on l’a faite avec nos deux techniciens, notre ingé-son et notre ingénieur light. Tous les jours on a monté le matos et la lumière. Au moins, on propose un truc et les habitués du groupe viennent nous voir nous, parce qu’on est les seuls à l’affiche.

Colin : En France, depuis un an, on travaille pour la promotion du nouvel album avec des partenaires, toute une équipe de tourneurs, un attaché de presse, des navettes... du coup, pour l’Espagne, même si on tourne dans les petits clubs, on s’est dit que ce n’était pas cool de ne pas proposer ça. Donc on a pris sur nous, les conditions sont un peu roots, mais on a montré ce qu’on peut faire et qu’on est motivés.

Winter : Vous êtes originaires de Bretagne. Il y a une scène rock bretonne importante ?

Colin : Oui, ça revient. Entre 2015 et 2020, ça a été un peu dur, mais c’est reparti.

Winter : Quelles sont vos références musicales ultimes?

Colin : Uriah Heep.

Camille : Deep Purple, bien sûr.

Colin : On adore aussi les trucs modernes qui font du revival : Kadavar, Hällas, Rival Sons, DeWolff, Birth of Joy… On kiffe vraiment les seventies et beaucoup de groupe actuels sont comme nous.

Winter : Le prog seventies revient en force, peut-être au détriment du metal prog.

Camille : Le metal prog, au bout d’un moment j’en ai ras le c*l. Il y a trop de démonstration à mon goût.

Colin : Tant que ça sert la mélodie et la chanson, ça va, mais il ne faut pas se perdre là dedans. Globalement, les gens recherchent de bonnes mélodies. Un bon Beatles ça fait toujours plaisir à tout le monde.

Winter : Vous avez fait la première partie de Deep Purple, vous aimeriez jouer avec quel autre monstre sacré ?

Camille : Dans quelques mois, on va jouer avec Wishbone Ash. Dans un trip plus underground, on devrait aussi jouer avec Jinx (Dawson) de Coven. Ça va être une grosse expérience de jouer avec des Grands Anciens !


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