Manigance

Entretien avec Carine Pinto, Lionel Vizerie, Joe Fillatreau et Stéphane Laborde - le 23 octobre 2025

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Thierry

Une interview de




Manigance_20251023

Trente ans, ça se fête ! Et Manigance a décidé de ne pas faire leschoses à moitié. Non seulement le public a eu droit à un nouvel album d'anciens morceaux réenregistrés (L'Âme de Fond) mais en plus il a droit à trois dates, dont celle de ce soir au Salem, à quelques minutes de Bordeaux. L'occasion était trop belle, et c'est avec plein de Sang Froid que je suis allé demander à Carine si on pouvait caler une interview. J'ai eu le Privilège de partager une demi-heure avec le groupe, des réponses empreintes d'Intégrité et d'humour dont je suis aujourd'hui le Messager...

Thierry : Dans quel état d’esprit êtes-vous, quelques heures avant de monter sur scène ?

Joe (Fillatreau - batterie) : Plutôt sympa ! Regarde l'endroit, c'est cool, il y a du bon son. Les groupes sont sympas... Je ne sais pas s'il y aura du monde mais on est forcément dans un bon état d'esprit. Tu es souriant, nous aussi, tu as l'air sympa.

Lionel (Vizerie - guitare) : Et puis on est contents de partager notre nouvel album avec les anciens morceaux remixés. C'est cool !

Stéphane (Laborde - basse) : Je suis assez d'accord avec tout ça.

Carine (Pinto - chant) : Je suis super contente qu'on reparte rencontrer les gens qui nous suivent. Si on prépare toute cette musique, c'est surtout pour rencontrer les gens, la proposer aux gens, échanger avec le public. Reprendre la route, pour nous, c'est toujours une vraie fête.

Thierry : Surtout que votre dernier concert date un peu... Paris si je ne me trompe pas ?

Carine : Oui, c'est ça, Le Petit Bain avec ADX, c'était en avril. On est contents de revenir.

Thierry : Le groupe tourne depuis plus de vingt-cinq ans maintenant [note: le groupe a été fondé il y a trente ans !] et s’est fait connaître par un chant français et masculin. Est-ce que ton arrivée, Carine, en lieu et place de Didier Delsaux vous a donné l’impression d’ouvrir de nouvelles portes ? Ou au contraire d’en fermer ?

Carine : C'est un peu délicat pour moi d'en parler. Je vais te rappeler le contexte : ils ont, au départ, cherché un chanteur mais la crainte était la comparaison avec le chant si particulier de Didier. Et donc ils se sont dit que ce serait intéressant de proposer autre chose : un chant féminin. Et effectivement, en discutant avec François, mais aussi avec Lionel, l'idée du chant féminin m'a ouvert d'autres portes, d'autres inspirations. C'est ce qui fait qu'on est aujourd'hui tous les cinq réunis à proposer une autre façon d'approcher les anciens morceaux de Manigance mais aussi des compositions qui sont un peu différentes, des propositions artistiques différentes mais toujours avec la patte Manigance. François Merle veille à ça avec beaucoup de passion.

Thierry : D’où est venue cette volonté de réenregistrer le\s « vieux » titres sur L’âme de fond ?

Stéphane : À la base, un nouvel album était prévu. Mais il y a eu des changements de line-up dans le groupe. Joe est arrivé, je suis arrivé. Tout ceci a repoussé les délais pour le prochain album. Entre temps, on a voulu proposer quelque chose de nouveau, qu'on puisse faire un peu plus rapidement avec le nouveau line-up.

Lionel : Et puis surtout, l'idée c'était de marquer les trente ans du groupe. Un groupe de metal qui a trente ans, c'est quand même assez rare, ça ne court pas les rues. Après de nombreux albums, comme tout le monde a changé dans le groupe, c'est presque un nouveau groupe mis à part François, le seul membre fondateur qui reste. C'est une belle façon de marquer la longévité du groupe avec tous les titres phare. Ce n'est pas un remaster, c'est un remake. Les morceaux ont été vraiment repensés, réarrangés. Chacun a apporté sa touche. Ça a été fait avec le respect des anciens morceaux mais avec la touche du nouveau line-up. Tout le monde a pu apporter sa pierre à l'édifice, ce qui fait que c'est vraiment différent des anciens morceaux. La volonté d'origine était de marquer les trente ans du groupe.

Carine : Il y a aussi à noter l'opportunité, sur cet album, d'avoir beaucoup d'invités. Je pense notamment à Patrick Rondat qui va venir ce soir dans le public. Il y a plein d'invités : Barbara Mogore et Yves Campion de Nightmare, Roberto de Micheli, Pat Têtevuide qui joue ce soir avec Legba. On a voulu s'entourer d'amis pour justement fêter ces trente ans de manière à laisser une trace. Ça répondait aussi à une demande de gens qui voulaient entendre les chansons comme ils les entendent aujourd'hui en live, avec ma voix. Tout ça a fait qu'on s'est dit qu'il était temps de faire ça. Les compos sont déjà en cours d'écriture pour le prochain album, mais cette petite fenêtre nous permet d'être avec vous aujourd'hui et de jouer.

Joe : Je vais rajouter quelque chose par rapport à la voix de Carine, qui est la seule que je connaissais car je suis le dernier arrivé dans le groupe. Je voudrais vraiment insister là-dessus. C'est une magnifique voix. Si elle n'était pas si spéciale, je n'aurais jamais fait l'audition pour le groupe car c'est la seule que je connaissais à l'époque. J'ai fait ma petite déclaration, sans aucune pudeur, mais c'est vrai. Si ça n'avait pas été elle, jamais je n'aurais fait cette audition pour ce groupe que je ne connaissais pas beaucoup. Vraiment j'insiste : Carine a une voix spéciale. Venez écouter l'album. Pour revenir à cet album, Lionel l'a dit tout à l'heure : je suis certainement le moins spécialiste des musiques metal. Mais j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'il y a eu un best-of, c'était un assemblage d'anciennes chansons. Là c'est tout à fait spécial. Il y a eu un alignement des planètes : c'est les trente ans, on va fêter ça, et en plus c'est le moment où le line-up change. Certaines rythmiques ont été enregistrées dans l'urgence donc en réalité oui, il y a ce respect de tout ce qui s'est passé avant, mais c'est un son tout à fait nouveau. Je vous incite à aller écouter, vous serez vraiment surpris.

Thierry : Je vais rebondir là-dessus puisque la question était de toute façon prévue pour après, j'ai remarqué que sur ces nouvelles versions, la batterie était sacrément agressive.

Joe : Développe.

Thierry : Et bien plus... plus de punch. On entend plus la batterie. C'est un point positif : ce côté "se réapproprier les morceaux", ce n'est pas un simple réenregistrement. Est-ce que Joe, tu as musclé ton jeu pour l’occasion, ou au contraire, est-ce ton jeu naturel qui a musclé ces nouvelles versions ?

Joe : J'avoue que tout ça est un peu nouveau. J'aborde ça avec beaucoup de fraicheur. C'est le bon moment à mon âge de redécouvrir ces sensations-là qu'on a plutôt gamin. Parce que c'est un nouveau groupe, parce que c'est ce challenge-là et parce que ce sont des musiques que je ne connais pas bien. Tout ça est guidé par l'ensemble du groupe qui est très bienveillant et François qui montre bien le Nord. Au vu des réactions des gens, des fans, de la presse, etc, je me dis qu'on n'a pas dû taper trop à côté et pourtant on a bien forcé dans le côté original des personnes.
[A ce moment, une guitare se déchaîne, il faut dire que nous sommes à quelques mètres de la scène, juste à côté de la table de mixage... Vannes à base de "Ils sont turbulents ces enfants." "Oui excusez-moi, j'ai une balance, mais ce soir on a un concert, excusez-nous, il y a des gens qui travaillent !"]

Thierry : Est-ce que ce disque a été une demande du label ? Ou est-ce que le label s'est retrouvé devant le fait accompli de ce nouvel album ?

Carine : Nous avons proposé à notre maison de disques qu'on pouvait réfléchir à un best-of, comme l'a expliqué Stéphane avec ces conditions-là, et ils ont répondu oui tout de suite. Les planètes se sont vraiment alignées pour que cet album voit le jour. On n'a pas eu trop peur des critiques qui auraient pu être exprimées parce qu'on savait qu'il se passait quelque chose dans la musique qu'on proposait ensemble tous les cinq, comme l'a dit Joe, c'était vraiment différent. On a voulu faire toucher du doigt ce quelque chose aux gens qui aiment bien écouter Manigance. Une manière de dire "On est prêts ! On va composer de nouveaux morceaux !"

Joe : L'originalité, on n'a pas réellement forcé ou travaillé ça. C'est parce qu'on est tous très différents. Ça ne veut pas dire qu'on est des individualités complétement séparées. Ça veut juste dire qu'on respecte les influences, le travail de chacun et on le mélange naturellement. Je crois beaucoup à ça : soit ça marche, soit ça ne marche pas. Il n'y a rien de prémédité : on a juste commencé à jouer et c'était assez magique parce que ça part dans tous les sens. Avec un capitaine, un cap. Venez au concert, vous verrez, c'est un feu d'artifice, Manigance !

Thierry : Est-ce que le choix des morceaux a été difficile ?

Stéphane (immédiatement) : Oui.

Carine : Il a fallu négocier.

Stéphane : Il nous reste des bleus. (rires)

Lionel : Ça a coulé de source. C'est des morceaux phare du groupe, qui ont bien marché en live depuis toutes ces années, les principaux. Comme tout groupe qui a de la longévité, ils remettent leurs hits sur le devant de la scène. Le choix s'est fait naturellement dans ce sens. Après, oui, il y a peut-être eu des discussions sur des morceaux un peu annexes qui étaient un peu moins au devant. Mais pour moi, le choix s'est imposé de lui-même.

Carine : On ne s'est pas disputé. On a tous trouvé notre compte dans cette proposition d'arrangements, chacun sur certains morceaux. Mais on s'est tous fédérés autour de ça, ça nous a fédérés.

Joe : Si on regarde bien, le seul album qui n'est pas rentré dans la playlist, c'est Le Bal des Ombres. Ça montre bien qu'on a fait ce travail et ces choix autour de la voix. Un genre d'écrin autour de notre diamant qu'est Carine.

Thierry : Est-ce que certains titres ont été mis de côté ?

Lionel : On a fait un choix, donc forcément.

Joe : Soit on fait un best-of de quarante-cinq morceaux... Donc évidemment qu'il y en a de côté. Ce qui est très sympa, c'est qu'on se rattrape là-dessus, on élargit le best-of. En tout cas j'ai l'impression car je démarre les concerts. Ce qui manque sur l'album, vous le retrouverez en live. Donc vous achetez l'album et vous venez au concert !

Thierry : Il est bon commercial ! (rires)

Carine : Oui, on a trouvé notre VRP.

Stéphane : C'est pour ça qu'on l'a pris.

Joe : C'est comme tout, chacun son truc. Toi Stéphane c'est l'informatique... Mais tu vois, il y a une bonne ambiance !

Thierry : Carine, est-ce qu’il t’a été compliqué de t’approprier certaines lignes vocales ? As-tu eu le sentiment de devoir repousser tes limites vocales ?

Carine : Au début oui, j'ai repoussé mes limites vocales, très clairement. On avait fait le choix de ne pas bouger les tonalités parce que ça ne convenait pas à la musique, ça ne rendait pas bien, de baisser la tonalité. Donc ça a été à moi de travailler vers le haut. Mais au fil de ces huit années que je suis dans Manigance, en live j'ai été amenée à travailler, travailler, travailler les anciens morceaux. Finalement, aujourd'hui ils sont proposés sur l'album L'Âme de Fond de la manière avec laquelle je me suis approprié ces morceaux-là au cours des années. Le fait de bien connaître Didier personnellement m'a aussi beaucoup aidée à comprendre ce qu'il voulait dire et dans quel sens il interprétait ses mots. J'espère ne pas avoir trahi cette confiance qu'il m'a témoignée en me donnant, justement, le témoin.

Joe : Si je peux rajouter un petit truc, en regardant ça de l'extérieur, on juge ou on critique souvent par rapport à la performance. Carine parle aussi de tessiture. Mais bon sang, l'émotion d'abord ! La performance, tessiture : après ! Rappelons quand même que même dans le heavy metal, je vais me faire des copains, la mélodie d'abord ! L'émotion en premier, la performance en second.

Lionel : Pour compléter ce que dit Joe, c'est un style de musique qui est relativement technique, pas forcément simple à jouer. Même en ayant des années et des années de pratique, pour maintenir un niveau pour le jouer correctement, ça demande de l'investissement, du travail quotidien. Si tu ne joues pas de ton instrument pendant deux semaines, tu perds le truc et tu n'arrives plus à faire les mêmes performances. C'est un style exigeant et qui demande beaucoup d'investissement. On essaie tous de le faire à notre niveau du mieux qu'on peut. L'enjeu est de réussir à faire des sets les plus propres possible.

Carine : C'est vrai qu'il y a une forme de défi, de challenge. Toujours aller plus loin et c'est aussi ce qu'on recherche dans les compos. On se laisse vraiment guider par nos inspirations et il y a une émulation qui s'est créée rapidement dans le groupe. Et c'est assez étonnant qu'en si peu de temps on prenne autant de plaisir à faire de la musique qu'à se voir en dehors de la musique et à partager des moments de vie ensemble.

Stéphane : C'est parce qu'on est une vraie équipe !

Carine : Solidaires ! Même s'il y a des informaticiens ! (rires)

Lionel : Il y a un autre élément, c'est que nous ne sommes pas professionnels, en tout cas pas tous. On est tous passionnés, on aborde la musique du point de vue plaisir-passion et c'est pour ça qu'il y a une bonne ambiance dans le groupe. Avec notre ingé-son qui lâche des caisses. Non ça tu peux couper.

Stéphane : Ah non, tu peux laisser, ce sera le meilleur moment de l'interview ! (rires)

Lionel : Notre ingé-son s'appelle Yann. Il aime bien montrer ses fesses.

Carine : En fin de tournée, il montre ses fesses. Systématiquement.

Joe : C'est ma première, mais je m'en irai avant !

Thierry : Est-ce que vous avez eu un retour des anciens membres, notamment Didier Delsaux, sur ces nouvelles versions ?

Carine : Personnellement, j'ai eu Didier au téléphone. On a pu échanger et il m'a dit que ça lui faisait une drôle d'impression d'entendre ma voix sur les chansons qu'il avait écrites, qu'il avait construites, qu'il avait défendu en live pendant des années, interprétées par moi, même si on se connaît depuis très longtemps et ça lui avait fait quelque chose. Après, nous sommes assez pudiques sur la façon de se dire les choses. Il était très content que ses chansons continuent à être jouées, qu'elles soient défendues. Après, les autres, j'ai pas de nouvelles directement.

Lionel : Personnellement, je suis arrivé en 2020. Je n'ai pas vraiment connu les anciens membres, je ne les ai pas trop croisés non plus. Le fait de réenregistrer les anciens morceaux, il y a une forme de respect de tout ce qui a été fait avant. Dans le remake, on a tous voulu respecter la patte apportée par les anciens musiciens. Carine a respecté le chant de Didier. Moi j'ai dû me coller aux solos de Bruno Ramos. C'était pas forcément évident mais j'ai essayé un maximum de respecter l'esprit qu'il avait voulu insuffler aux morceaux. Joe aussi a calqué son jeu. On essaie de faire ça dans la passion, dans la bienveillance entre nous. Des fois, on peut entendre des choses qui se disent et qui ne sont toujours pas très sympa, mais c'est juste un respect du travail qui a été fait avant.

Carine : Il n'y a pas du tout de malveillance envers les anciens membres de Manigance. Il y a autant le respect de la musique que le respect des gens qui ont contribué à la construction de ce groupe. Nous leur souhaitons le meilleur dans leurs nouveaux projets pour ceux qui en ont, et le meilleur dans leur vie pour ceux qui n'avaient plus de temps à accorder à leur passion de la musique. Il n'y a pas de raison qu'il y ait d'histoires. Ça nous a permis de... parce qu'on a entendu des choses, mais on ne dénigre pas du tout ce qui a été construit, c'est ce qui nous a amené à nous réunir tous les cinq autour de Manigance.

Joe : Finalement, les premiers qu'on doit respecter, c'est les fans. Si le groupe est ce qu'il est aujourd'hui, c'est pas juste par rapport aux derniers éléments arrivés. Évidemment qu'on respecte tout ça, en tant que musiciens, en tant qu'humains et leur souhaiter le meilleur, c'est évident.

Lionel : De toutes façons, un groupe de musique a forcément des changements de line-up dans la longévité. Tous les anciens ont, à un moment, pris la décision de quitter le groupe. Que fait un groupe quand les membres partent ? Soit il s'arrête, soit il continue. Le choix ici était de continuer, et c'est pour ça qu'on en est là aujourd'hui.

Thierry: Est-ce qu’une réédition des anciens albums est prévue ? (Récidive est quasi-introuvable à un prix décent…)

Stéphane : J'ai le même problème, c'est le seul qui me manque et il est introuvable.

Carine : Il y a eu un moment un coffret avec une réédition des albums.

Stéphane : Mais il n'y a pas Récidive.

Carine : Peut-être que ça viendra, mais ce n'est pas d'actualité. Peut-être que ça viendra puisque tout le monde en parle !

Thierry : Manigance était connu, dans les années 2000, pour être un groupe qui réussissait mieux au Japon que sur ses propres terres. Est-ce que la donne a changé ?

Carine : Très beau clin d’œil à un titre de Manigance ! Manigance est toujours connu là-bas dans le milieu du metal. Le Bal des Ombres a eu son petit succès là-bas. J'ai un ami qui s'est rendu récemment à Tokyo et qui a trouvé "Ange ou Démon" proposé dans un karaoké, à chanter en français. C'est le plus bel hommage à un groupe de metal : proposé en karaoké en français, entre Edith Piaf et Johnny Hallyday pour le répertoire français, il y avait Manigance : "Ange ou Démon". Pour le groupe, je trouve ça magique.

Thierry : Quel retour pouvez-vous faire sur l’expérience The Shadows Ball (réenregistrement d’un album complet dans la langue de Shakespeare) ?

Lionel : Je pense que l'impact que ça a eu, c'est notamment quand on est partis en tournée avec Rhapsody (Of Fire). Ça nous a ouvert une porte vers l'international, et c'était un peu le but de cet album. Ça nous a permis de jouer dans des pays étrangers sans chanter en français.

Carine : Les ventes se sont bien passées, et ça nous encourage pour le prochain album... Alors, on rassure tout de suite les fans : le départ, pour un prochain album, sera une version française. Mais on ne s'interdit pas l'expérience d'une adaptation en version anglaise parce qu'elle a trouvé son public, et parfois même en France, de personnes qui n'aiment pas entendre le chant en français.

Thierry : Pour terminer sur une note un peu différente, est-ce que vous pouvez présenter LEGBA et EXISTANCE, qui partagent l’affiche avec vous ce soir ? On peut imaginer qu’il existe une forme de complicité entre vous puisque les guitaristes sont venus poser des soli sur L’Âme de Fond

Carine : LEGBA comprend des membres qui sont des amis de longue date de François. Ils sont de la même région, du Pays Basque.

Stéphane : Ils ont joué ensemble aussi non ? Dans KILLERS ? Je crois ? Ou j'ai dit une bêtise ? En tout cas ils ont joué dans le même groupe, mais pas en même temps ? Parce que Pat a été dans TITAN à un moment. [Après vérification, Pat Têtevuide, alors dans Titan, a connu François Merle qui lui officiait dans Killers. Merci la page Facebook de Manigance !]

Carine : Quoi qu'il en soit, ce sont des régionaux, des proches du groupe depuis toujours. Les routes se sont croisées, en concert. Aujourd'hui, dans les nouveaux projets, il reste cette amitié qui était inscrite de longue date. Aujourd'hui, avec leur nouvel album, c'était l'opportunité de jouer ensemble. Et pour Existance, ce sont des proches de François car il est leur producteur, il a beaucoup travaillé avec eux sur leur musique et évidemment ça a créé du lien.

Joe : Ça c'est pour le côté humain. Mais pour la musique, on est dans quel style ?

Carine : Legba, c'est plutôt du... voodoo metal ?

Lionel : C'est du hard rock.

Carine : Imprégné de grand mystère autour du vaudou (les autres ajoutent à la cantonnade "avec des bougies sur scène, des crânes... c'est Halloween !"). C'est un trip un peu spécial, avec une proposition différente, singulière. Ils arrivent habillés en blanc.

Lionel : Il y a du blues aussi dans leur musique, avec des racines très groovy. C'est un bon groupe !

Carine : Et Existance, ce sont des jeunes qu'on n'a plus trop à présenter. Ils ont tourné avec U.D.O. sur une très grosse tournée européenne.

Lionel : C'est du heavy, qui sonne assez moderne, bien pêchu.

Carine : Bien ficelé, avec un chanteur remarquable. Julian était venu partager la scène du Hellfest. Il est aussi sur l'album et sur le précédent.

Lionel : François a aussi enregistré leur dernier album. Forcément, il y a des liens entre les deux groupes. On a déjà partagé plusieurs fois des scènes. Ce sont des espoirs montants du heavy metal, ce qui est courageux de leur part puisque c'est un style qui est aujourd'hui moins sur le devant de la scène qu'auparavant. Il faut les encourager et les soutenir. Ils sont sur une belle pente ascendante.

Joe : Et Manigance alors, c'est quoi ?

Carine : Du power, heavy metal, parfois un peu prog sur certains morceaux.

Lionel : "Le batteur demande quel le style de musique de son groupe !"

Stéphane : Ça tu gardes ! (rires généraux)

Joe : Ah mais je l'ai dit tout à l'heure que je n'y connaissais rien ! Est-ce qu'on peut dire que ce soir il y a une gradation dans les styles, un peu progressif : hard rock, heavy metal, power metal ?

Lionel : Ah moi je pense que oui. Ça commence par du gros rock blues, un peu metal, on enchaîne sur du heavy plus punchy et on termine sur du power metal.

Joe : C'est courant ça ?

Carine : C'est la trajectoire de Manigance en quelque sorte ! Je pense que sur ces trois jours, on propose un joli plateau entre Bordeaux, l'Espagne et Pau. Une belle affiche, je pense qu'on va y aller ! (rires)


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