Edenya

Entretien avec Clélia et Marco - le 25 mars 2023

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Winter

Une interview de




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Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Même si les titres des deux premiers albums d'EDENYA ont nécessité un gros travail de composition, l'impression qui se dégage de Silence et surtout d'Another Place, la dernière œuvre en date du groupe, est celle d'une musique à l'image de ses créateurs. Simple, donc, lumineuse, avec un soupçon de candeurs. Clélia et Marco sont tellement sympas qu'on leur pardonnerait presque d'aimer Radiohead. Entretien avec des magiciens puissants mais normaux.

Winter : Salut ! Pouvez-vous vous présenter ?

Clélia : Salut, je suis Clélia Lenoble, je suis arrivée dans le groupe en janvier de l’année dernière. Avant cela, je jouais dans des petits projets avec des amis, rien de bien concret, mais j’avais envie d’intégrer un vrai groupe, jouer des concerts, faire des albums. Sinon je chante depuis très, très longtemps en fait…

Winter : Très, très longtemps ? Tu n’as pas l’air très, très vieille…

Clélia : J’ai commencé à l’âge de six ans. Mon père m’enregistrait sur des K7 qu’il faisait écouter à la famille.

Winter : D’accord, c’est sûrement ce qui donne cette impression d’avoir à faire à une chanteuse à la voix déjà « travaillée », « posée »…

Clélia : Oui, mais en même temps, je ne prends des cours que depuis trois mois, dans l’optique des concerts. Je voudrais apprendre à ne pas trop fatiguer ma voix. Je me suis également mise à la guitare et au piano, pour pouvoir m’accompagner. Pour le piano, j’ai carrément un prof.

Winter : Pour te professionnaliser…

Clélia : Non, pas forcément. C’est juste que j’aime beaucoup le piano. Au départ je joue plutôt du classique, mais là j’aimerais pouvoir jouer du synthé dans les concerts.

Winter : Dans quel type de musique baignes-tu ?

Clélia : J’ai toujours adoré le rock. J’adore la musique folk également. J’aime beaucoup le lyrique aussi. J’ai fait partie de plusieurs chorales, et je chante dans une chorale actuellement.

Marco : Salut, je suis Marco, guitariste, compositeur, claviériste. Enfant, je jouais du piano. Pendant ma crise d’adolescence, j’ai arrêté de jouer, puis je me suis mis à la guitare à l’âge de dix-neuf ans, assez tardivement donc. C’est là que j’ai commencé à faire partie de groupes. Des groupes de reprises qui ne duraient pas, comme c’est souvent le cas : au bout de deux répètes, c’était terminé. Après cela, j’ai fondé mon propre groupe, Remedia, qui a duré a peu près dix ans. C’était un style entre rock et metal, assez similaire à celui d’Edenya, mais en plus rock. Mon regret avec ce groupe, c’est qu’on n’a pas fait grand-chose : quelques concerts, une demo trois titres, et terminé… En parallèle, sur les trois dernières années d’existence de Remedia, j’ai créé Edenya. Edenya est donc né comme un projet parallèle. À l’époque, ce projet n’avait d’ailleurs pas même de nom. Je faisais ça tout seul. Pas de chanteur, pas de chanteuse.

Winter : On parle de quelle époque ?

Marco : Je m’y suis mis sérieusement en 2010. Mais la compo "Garden", par exemple, qui figure sur Another Place, a été écrite en 2005, en tout cas sa première version. Il y a des chansons très récentes et d’autres qui datent des années 2000, donc. Disons qu’à partir de 2010, j’ai commencé à avoir un peu de temps pour le projet. J’ai décidé d’engager un chanteur ou une chanteuse. J’ai fait des essais avec plusieurs d’entre eux, puis j’ai rencontré Ida, la chanteuse du premier EP en 2017, et ça a commencé à devenir sérieux. Ida est ensuite partie, remplacée par Elena et Rémi. Nous avons sorti notre premier album, Silence. Puis Elena et Rémi sont eux aussi partis… Bref, c’est la valse des chanteurs et chanteuses chez Edenya, j’espère que ça va s’arrêter…

Winter : Clélia, tu prépares déjà tes valises ou tu attends encore un peu ? (rires)

Clélia : Je reste ! (rires)

Winter : Another Place me semble encore plus mélancolique et nostalgique que le premier album. Vous êtes d’accord ?

Marco : Pour moi, Another Place est composé de deux parties. La première, qui va jusqu’à "I Hope" est positive. Les paroles y sont assez lumineuses, comme celles de "Somewhere In My Dreams" ou "The Tree". À partir de "Garden", par contre oui, le ton devient plus dur. "Another Place" a des paroles très tristes. Sur "The Shelter", elles deviennent presque malsaines. Du coup, Another Place finit sur une note mélancolique, alors que Silence finissait sur une note positive. C’est peut-être ça, la différence.

Winter : Tu as encore beaucoup de matériel en réserve ?

Marco : Oui, j’ai pas mal de titres disponibles. Si je devais sortir un album demain, il n’y aurait pas de souci. Le tout, c’est de faire quelque chose de cohérent. Pour la confection d’un album, j’ai tendance à choisir beaucoup de titres, à devoir pas mal écrémer ensuite. J’intègre aussi des morceaux à la dernière minute, comme "Somewhere In My Dreams" sur Another Place. Je le trouvais trop pop pour l’album, et, au dernier moment, je me suis dit qu’il allait bien avec l’intro et que la transition avec "The Tree" fonctionnait bien.

Winter : C’est toi qui composes tout, j’imagine ?

Marco : Oui. Après, au niveau de l’interprétation, je laisse Clélia moduler, proposer des choses.

Winter : Tu as parlé de luminosité. Est-ce l’une des qualités premières d’Edenya ? Est-ce quelque chose auquel vous tenez absolument ? Ça peut évoluer vers quelque chose de plus… tordu ?

Marco : Edenya est un groupe à ambiance, mais cette ambiance peut varier. Elle peut être lumineuse, sombre, malsaine, joyeuse… Sur le prochain album, l’ambiance sera totalement différente.

Winter : Quand j’écoute Edenya, j’ai l’impression d’avoir à faire à de la musique écrite et jouée par des gens biens. Vous êtes des gens biens ?

Marco : Ce n’est pas bien dur d’être moralement meilleur que certains musiciens. Je pourrais écrire un livre sur les gens que j’ai côtoyés en faisant de la musique. Il y a des gens biens, mais pas uniquement…

Winter : Toi aussi Clélia ?

Clélia : Je suis quelqu’un de simple. Je n’aurais pas envie de travailler avec des gens compliqués. L’entourage d’Edenya est composé de gens simples, et j’aime ça.

Marco : J’apprécie beaucoup la simplicité de Clélia. Les personnes avec qui j’ai pu travailler par le passé avaient des qualités, bien sûr, mais certaines étaient compliquées, justement. Travailler avec Clélia, c’est reposant.

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Winter : Edenya est un groupe à ambiance, mais de temps en temps, vous vous énervez, comme sur "Inside Your Walls". As-tu encore dans tes cartons quelques titres « metal » ?

Marco : Oui, j’ai encore des morceaux assez rock, mais je ne les intégrerai que si c’est cohérent avec le reste. Je ne peux pas te garantir que dans chaque album d’Edenya, il y aura des morceaux comme ça. Peut-être qu’un jour Edenya sortira un album planant où il n’y aura même pas de batterie.

Winter : Ou un album de grindcore…

Marco : Non, non. Il y aura toujours du calme dans Edenya. Et on ne va pas changer Clélia pour un hurleur. (rires)

Winter : Pour l’instant, vous n’avez pas de chanteur masculin. Clélia te suffit ou tu envisages de recruter un alter ego masculin ?

Marco : Le fait que Rémi chante sur Silence n’était pas spécialement prémédité. Rémi est un ami avec lequel je passais beaucoup de temps à l’époque et comme je cherchais une voix masculine pour un duo sur "All They Want" et pour chanter en solo sur "Still Alive", je lui ai demandé s’il voulait chanter, vu que j’avais essayé de chanter moi-même sans trop de succès. Mais à la base, on s’éclatait ensemble à faire des reprises, rien d’autre. Et puis, quand il est parti d’Edenya et que je me suis retrouvé seul avec Elena, je me suis rendu compte qu’avec une chanteuse seule, c’était pas mal non plus. Il y a des avantages et des inconvénients, mais le fait de n’avoir qu’un vocaliste donne une plus grande sensation d’unité. D’ailleurs j’aime bien pousser mon chanteur ou ma chanteuse hors de sa zone de confort.

Winter : Clélia, tu t’es senti défiée par Marco ? Faire cet album a représenté un défi pour toi ?

Clélia : Oui. Déjà, c’est la première fois que j’enregistre un album. Et puis, oui, j’ai dû utiliser tout mon registre. Et j’ai même dû m’énerver alors que je n’ai pas l’habitude de m’énerver ! (rires) Et finalement, j’aime bien. J’ai découvert une facette de ma voix que je ne connaissais pas forcément.

Winter : Vous avez mentionné le mot « concert » au début. Edenya en a-t-il déjà joué ?

Clélia : Non, pas encore.

Marco : Avant, c’était plus compliqué. Ida est partie au moment où je comptais faire des concerts. Avec Elena, c’était un peu plus du chacun pour soi. Et tout était compliqué. Je ne me voyais pas, en plus, recruter des musiciens pour des concerts. Et puis après, il y a eu le COVID, Rémi et Elena sont partis…

Clélia : Marco m’a rapidement demandé si je voulais bien faire des concerts, ce à quoi j’ai répondu oui. Mais il a fallu recruter des musiciens, un bassiste et un batteur. Pour le bassiste, ça a été facile, mais on a eu beaucoup de mal à trouver un batteur. Mais depuis janvier, c’est bon.

Winter : Y-a-t il une date pour le premier concert ?

Clélia : Ça sera le 21 mai, à la Péniche Antipode dans le 19ème arrondissement. Il y aura une première partie.

Marco : On cherche d’autres dates mais c’est très compliqué. On est prêt à jouer dans des toutes petites salles, ma seule exigence étant de pouvoir faire les balances. Mais le système est vraiment bouché. Malgré les critiques élogieuses qu’ont reçu nos albums, on démarche des salles, à notre portée, mais c’est bouché.

Winter : Votre deuxième album s’intitule Another Place. Où se trouve cet autre endroit ? (La bonne question de merde, je sais…)

Clélia : Un endroit calme, dans la nature, où je me sens bien. Sans transports…

Marco : Pareil. Sans stress, sans obligations, sans réseaux sociaux, en communion avec la nature. Un endroit où on profite de la vie. Avec des gens gentils qui s’entraident sans contrepartie…

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Winter : Ouh là… tu es exigeant là… (rires) Sinon, pourriez-vous me citer trois groupes/ films/ livres qui vous ont marqué ?

Marco : En films, je suis un grand fan de David Lynch. Je pourrais mettre trois de ses films mais je vais choisir Mulholland Drive. Interstellar est un grand film aussi. Et puis Old Boy aussi. Park Chan-wook est un très grand réalisateur. Niveau livres, je ne suis pas un grand lecteur. 1984 m’a marqué cependant. Il n’a pas vieilli, ce qui est terrifiant. Le Jardin des Secrets de Kate Norton est très bien fait également. L’histoire se passe sur plusieurs époques qui se recoupent, j’ai beaucoup aimé. Pour le troisième, peut-être un Boris Vian ou Barjavel. Pour les groupes, mon groupe favori, c’est The Gathering. How to Measure A Planet? est un chef-d’œuvre. C’est typiquement le type d’albums que j’aimerais faire. Sinon, je mettrais du Radiohead, du Deep Purple ou Riverside… Ah et le deuxième album d’A Perfect Circle. Il est extraordinaire !

Clélia : En films, je suis une grande fan des Harry Potter, j’adore l’ambiance. J’aime aussi beaucoup des films comme Inception ou Shutter Island, et j’adore les animes. Pour les livres, je ne suis pas non plus une grande lectrice. J’aime beaucoup l’œuvre de Paolo Coelho, ou la trilogie de Bernard Weber sur les chats, j’adore son monde un peu surréaliste. Pour les albums, je suis fan de Radiohead, notamment leur dernier album A Moon Shape Pooled. Sinon, je suis très Dead Can Dance, la voix de Lisa Gerrard est extraordinaire. Pink Floyd également.

Winter : Merci à vous d'avoir répondu à ces questions ! La dernière : y a-t-il une vie après la mort ?

Clélia : Je pense que oui. Ma famille est religieuse. Si au final, je n’ai pas forcément les mêmes idées, j’ai créé ma propre vision de l’au-delà.

Marco : J’espère. Je ne sais pas, je n’ai pas d’avis là-dessus.


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