Lyrre

Entretien avec Michalina Malisz - le 04 août 2022

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Oriza

Une interview de




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C'est lorsque j'ai vu Eluveitie sur scène au Motocultor en 2017 que j'ai soudain focalisé mon attention sur la vielle à roue. Je n'avais pas pris conscience auparavant de la beauté de cet instrument et de ce qu'il apportait à la musique du groupe suisse. C'est un instrument vraiment unique dont la beauté a quelque chose de mystique. Alors, lorsque j'ai vu que Michalina Malisz était en train de développer son propre groupe avec comme pilier central la vielle à roue, j'ai eu envie d'en savoir plus concernant ce beau projet. Michalina m'a gentiment accordé un créneau précieux sur son temps de professeure de vieille à roue pour répondre à mes questions. Installée dans son local bien équipé, elle m'a « reçue », par webcam interposée, avec beaucoup de professionnalisme et d'enthousiasme. Tout est fait avec beaucoup de compétence et de soin pour donner vie à Lyrre. Ce fut un vrai plaisir d'échanger avec cette musicienne inspirée et très qualifiée.

Oriza : Sur ta chaîne Youtube, tu expliques que cela fait peu de temps que tu t'es mise à la composition. Notamment grâce aux encouragements de ton mari. Peux-tu nous en dire plus ? Qu'est-ce qui te freinait, qu'est-ce qui t'a décidée ?

Michalina : Eh bien, ce qui m'arrêtait, c'est le fait que chaque fois que j'écrivais quelque chose ou que je composais une mélodie, je ne l'aimais pas. Il me semblait que je n'avais jamais les idées que je voulais avoir. Que je ne pourrais jamais écrire quelque chose que j'aimerais écouter. Tout cela me semblait très ennuyeux, très médiocre je dirais. Je n'ai jamais été vraiment à fond dedans, donc je n'ai jamais compris l'intérêt de créer de la musique parce que pour moi c'était un peu un mystère. Je ne pensais pas que je pouvais le faire. Et puis, il y a eu un jour où je jouais de la vielle à roue dans notre home studio. Lorsque je vérifie les instruments pour nos clients, je passe un peu de temps avec eux, alors je les installe et je joue dessus pour voir si tout va bien... Et je jouais cette mélodie à laquelle je pensais, et mon mari est venu dans la pièce et il a dit : « C'est plutôt cool ! Tu peux la travailler ? » et j'étais choquée parce qu'il n'avait jamais dit ça avant ! C'est à ce moment-là que j'ai pensé que ça pouvait donner quelque chose. Puis j'ai essayé de l'enregistrer. Et puis je me suis mise à la production musicale et c'est ce qui a tout changé pour moi. Parce que j'ai compris que la musique que j'aimais n'était pas seulement basée sur des idées. Une chanson n'est pas seulement dans les mélodies, pas seulement dans les arrangements, mais aussi dans la production. Depuis, je travaille avec mon mari, car il joue de la guitare et écrit la plupart des riffs. Il commence en quelque sorte les chansons pour nous, puis je les transforme en chansons complètes. C'est comme ça que ça fonctionne.

Oriza : Je suis très intéressée par le processus créatif. Peux-tu nous expliquer comment tu as composé les morceaux pour cet album ? Qui fait quoi entre ton mari et toi ? Et les autres musiciens ?

Michalina : Nous les avons invités (Miłosz Buśko à la basse et Tomasz Młóciński à la batterie) alors que la moitié de l'album était déjà faite. Ils n'ont donc pas participé à la création de la première partie des chansons. Et puis dans la seconde partie, nous avons essayé de reprendre des parties et ils ont interprété ces parties. Donc c'est plus dans la partie performance. L'écriture est quelque chose que moi et mon mari faisons, mais nous sommes également ouverts à leurs idées. Si les idées correspondent au projet, si elles sont cohérentes avec ce que nous voulons produire, alors nous les prenons.

Oriza : Qu'est-ce qui t'a inspirée pour cet album de Lyrre ? Comment viennent les idées ?

Michalina : L'inspiration que j'ai eue pour cet album n'était pas vraiment une chose, pas vraiment une idée. Ce qui nous inspire pour écrire de la musique c'est plutôt un sentiment. Et j'entends beaucoup d'artistes dire : « Oh, ce sentiment m'a inspiré cette chanson » ou « Je voulais que d'autres personnes ressentent ce sentiment et j'ai écrit une chanson qui, je pense, pourrait faire ressentir cela à d'autres personnes ». Vous voyez ce que je veux dire, il s'agit plus de ça en général ! Pour ce qui est des sujets dont nous parlons, je suis vraiment à fond dans les mythes, les légendes et tous les contes. J'aime vraiment ça et je pense que c'est quelque chose qui peut nous connecter au passé et nous aider à apprendre des gens qui étaient là avant nous. Je pense que c'est vraiment, vraiment fascinant. Nous utilisons des images, nous essayons d'incorporer l'imagerie médiévale dans nos visuels et aussi dans nos paroles. Dans la musique, elle est représentée par la vielle à roue qui est un instrument médiéval. Ça sonne vraiment organique, ça sonne très brut. Et on aime vraiment beaucoup ça. C'est donc une partie intégrante de notre musique. Pour cet album en particulier, je pense que le sujet qui revient le plus souvent dans les paroles est le « changement ». C'est à dire la transformation, en essayant de la voir d'une manière positive même si elle n'est pas toujours causée par des situations positives. Et essayer de tirer le meilleur de la situation et aussi de soi-même ! Comme essayer d'évoluer grâce à ce changement. Bien sûr, c'est inspiré par des situations personnelles, mais pas seulement, car ces dernières années, nous avons vu le monde changer énormément. D'une certaine manière, nous devons laisser tomber cette vieille idée de comment le monde fonctionne pour nous. Il a changé massivement. Pour moi, par exemple, en tant que musicienne qui a joué dans un groupe pendant quelques années, cela a tout changé pour moi. Cela a changé la façon dont je vois mes collègues, tout. Cela a donc définitivement influencé l'album, surtout au niveau des paroles. Et le reste, la musique et tout, c'est plus une question de ressenti.

Oriza : Les paroles seront-elles uniquement en anglais ou dans d'autres langues ?

Michalina : Pour l'instant, elles sont en anglais mais je pense que nous allons faire une traduction en polonais. Je pense à des titres bonus, ou des versions bonus, quelque chose comme ça. Certaines d'entre elles pourraient très bien être traduites en polonais et cela pourrait être très intéressant de chanter en polonais et d'offrir ce petit cadeau à notre public polonais.

Oriza : Le polonais est-il une langue facile à chanter ? Est-ce une langue mélodique ?

Michalina : Ce n'est pas vraiment mélodique. Je ne décrirais pas le polonais comme mélodique, il y a beaucoup de sons grattés, comme des « ch tch » et tous ces trucs. Il y a beaucoup de ça en polonais ! De plus, quand tu chantes en anglais, c'est beaucoup plus facile parce que tu peux modifier un peu les voyelles, tu n'as pas vraiment besoin de faire attention à la prononciation, tu peux juste modifier pour que ça colle plus à la mélodie, ou à ce que tu veux dire. Le polonais par exemple, quand tu as une voyelle, quand tu dois dire « ah » alors ça doit être « ah » et il n'y a pas d'échappatoire à ça ! Donc je suis très curieuse de savoir comment ce serait de chanter en polonais. Pour être honnête, j'ai hâte !

Oriza : La vielle à roue est vraiment l'instrument principal des compositions si j'ai bien compris. C'est une super idée. Je ne crois pas que d'autres groupes de metal aient déjà fait ça... [ndlr : Colin H. Van Eeckhout d'Amenra s'accompagne d'une vielle à roue sur son projet CHVE]. Est-ce que tu joues d'autres instruments ?

Michalina : Dans le groupe, non, je joue seulement de la vielle à roue. Mais à part ça, je sais jouer de la flûte classique, c'est ce que j'ai appris à l'école de musique. Et je joue un peu de piano, je veux dire juste un peu, des trucs super basiques. Mais oui, nous utilisons la vielle à roue comme instrument principal. Ce qui veut dire que c'est différent du groupe de metal typique. Nous avons la guitare, nous avons le chant, nous avons la batterie et la basse, sauf que nous avons la vielle à roue qui ajoute beaucoup à notre musique. Et c'est tous ces solos, tous ces moments forts, sont juste pour la vielle à roue.

Oriza : As-tu d'autres activités artistiques ?

Michalina : Pour être honnête, il n'y a pas beaucoup de temps pour cela ! Parce que nous commençons tout juste à présenter le groupe au monde extérieur, donc c'est beaucoup de travail. Sinon, à part la musique, j'aime vraiment le maquillage. Je pense que cela peut être perçu comme une activité artistique.

Oriza : Tu as travaillé personnellement sur la production de l'album en collaboration avec Noah Sebastian. Peux-tu nous en dire plus sur cette collaboration ? Ce qu'elle t'a apporté ? Comment en es-tu venue à travailler avec lui ?

Michalina : Noah est le chanteur de mon groupe préféré en ce moment : Bad Omens. Il y a quelque chose dans cette musique que j'aime vraiment et qui est vraiment différent des autres musiques que j'ai écoutées jusqu'à présent. Je pense que c'est exceptionnel. Je ne sais pas ce que c'est, je ne sais pas comment ça marche, mais je ressens simplement quelque chose à propos de cette musique. Alors, quand j'ai vu que Noah produisait ses albums lui-même, j'ai été intriguée parce que je n'avais pas réalisé, avant cela, qu'on pouvait le faire ! Le processus classique est le suivant : un groupe crée la musique et fait appel à un producteur externe. Mais Noah était celui qui créait sa propre musique. Alors je me suis dit : « Ok ! Alors je peux aussi faire ça pour mon groupe ! » mais je voulais que ce soit lui qui m'apprenne ! Je lui ai envoyé un e-mail pour lui expliquer le projet... Nous lui avons envoyé des échantillons de musique. Puis il nous a répondu et nous avons travaillé ensemble sur quatre titres. À cette époque, nous pensions que nous allions seulement faire un EP. Mais ensuite le plan a changé et nous avons pensé : « Ok, faisons un album complet ». Après cette collaboration, tout a changé pour moi. J'ai écrit une démo, on lui a envoyée et il a fait des trucs incroyables, c'était tellement bien ! Et puis je pouvais voir ce qu'il avait fait aux chansons, je pouvais les comparer à la version précédente. Même si vous ne travaillez pas en personne, je pouvais voir ce qui se dégageait de son processus de réflexion. Et ça m'a beaucoup apporté, c'est inestimable ce que cette expérience a apporté à mon processus aussi ! C'était très cool et j'ai vraiment apprécié. J'ai pu voir comment une chanson peut changer quand on collabore avec d'autres personnes. Je pense que c'était génial et j'ai vraiment hâte de partager cette expérience avec d'autres.

Oriza : "Divide and Conquer" est-il le titre de l'album ou seulement du premier single ?

Michalina : C'est le single. Le nom de l'album est un secret pour l'instant.

Oriza : Y a-t-il une ligne conductrice entre les morceaux ?

Michalina : Il n'y a pas de concept pour cet album. Ce n'est pas un album conceptuel. Les chansons ne sont pas liées. Les sujets sont peut-être similaires mais ce n'est pas ce que nous avions prévu. L'inspiration pour les morceaux, sur le moment, revenait encore et encore lorsque nous les écrivions, mais il n'y a pas de concept.

Oriza : Sur ta page Facebook tu as partagé un premier artwork réalisé par Adam de Bohuntattoo (https://www.instagram.com/bohuntattoo/). Cet artwork est splendide. Il me fait penser à une carte à jouer, comme une carte de tarot... Peux-tu nous expliquer comment les projets graphiques ont été développés ?

Michalina : Quand j'ai pensé à une pochette pour l'album, et aussi pour le single, je voulais me connecter à ce thème médiéval. Pour moi, le style graphique qui s'y rattache le plus est celui des gravures, comme dans les vieux livres et autres... Ce n'est pas strictement médiéval, c'est plus néo-médiéval, comme les vieilles choses que l'on relie habituellement à la période médiévale. Ce n'est pas historiquement exact à cent pour cent, mais plutôt toutes les associations que nous avons avec la période médiévale. L'esthétique de cette période est aussi liée aux productions modernes. C'est le style néo-médiéval. Pour ce projet, je cherchais un tatoueur, car c'est ce qui ressemble le plus aux gravures. Il y a un style de tatouage qui imite les gravures. J'ai contacté Adam sur Instagram et il a dit qu'il voulait le faire. On a travaillé sur la couverture de l'album. Et puis j'ai dit : « Faisons-en une autre pour le single. Faisons des artworks pour les singles parce que j'aime tellement ton art ». Il a fait ce graphisme impressionnant qui ressemble à une gravure et nous avons décidé de le mettre sur des cartes parce que c'est quelque chose que je vois dans mon imagination quand je pense à cette esthétique médiévale ou néo-médiévale. Nous avons ajouté une texture, nous avons ajouté des lettres, et je pense que c'est vraiment cool !

Oriza : Tous les titres de l'album sont-ils prêts ? Y a-t-il une date de sortie ?

Michalina : Certaines chansons sont prêtes. La première de "Divide and Conquer" est demain [ndlr : vendredi 5 août 2022]. Mais tout n'est pas encore terminé, certaines doivent être mixées, d'autres enregistrées. Nous allons faire une campagne de crowfounding pour cet album, donc la sortie et tout le reste en dépendra. Nous verrons comment les choses évoluent et ce qui est possible pour nous, ce qui est réaliste en termes de temps pour y parvenir. Il n'y a donc pas de date exacte, mais je pense que l'on peut dire que ce sera l'année prochaine. Nous annoncerons le crowfounding sur nos réseaux sociaux en septembre.

Oriza : Quels groupes aimes-tu et écoutes-tu personnellement ?

Michalina : Un de mes groupes préférés en ce moment est Bad Omens, je ne fais que les écouter, quand j'allume la musique c'est eux ! Et j'aime aussi Alcest. J'adore Alcest, c'est un autre de ces groupes qui possède une atmosphère si unique, il n'y a pas d'autre groupe comme eux. Je suis très intéressée par la musique instrumentale, donc j'aime Polyphia. J'aime aussi beaucoup le lofi hip hop, la musique chill, je pense que c'est vraiment cool. J'aime aussi un artiste électronique qui est aussi un DJ, il s'appelle Apashe. Je crois qu'il vient de Bruxelles à l'origine et qu'il vit maintenant au Canada. Il mélange de la musique électronique avec de la musique classique comme Mozart et des trucs comme ça. Je trouve ça incroyable, j'adore ça. C'est ce que j'écoute plus ou moins en ce moment !

Oriza : Quels sont les musiciens ou musiciennes qui t'inspirent, qui sont tes modèles ?

Michalina : Musicalement, les musiciens que j'ai mentionnés. Et pour les modèles, puisque je suis chanteuse maintenant, et que je n'ai jamais été chanteuse avant, pas dans un groupe, pas sur scène, jamais, alors je cherche des exemples parmi d'autres chanteuses de groupes de metal, surtout parmi d'autres femmes. Par exemple Sharon Den Adel de Within Temptation. Ou Myrkur, elle est un excellent exemple pour moi parce qu'elle joue des instruments folkloriques et qu'elle chante aussi. Je réfléchis à l'instant sur cette question des modèles : qui peut m'apprendre comment être une chanteuse sur scène, car je n'ai jamais eu cette expérience auparavant. Nous n'avons jamais fait de concert avec moi en tant que chanteuse donc c'est un peu stressant. J'admire vraiment les autres femmes dans les groupes. Anna Murphy aussi, elle m'a beaucoup encouragée quand j'ai commencé à jouer de la vielle à roue quand elle était dans Eluveitie. C'est aussi une très bonne frontwoman !

Oriza : En France nous avons cette bassiste, Lola Frichet du groupe Pogo Car Crash Control, qui a initié un mouvement #morewomenonstage. Au départ elle avait écrit ce slogan sur sa basse et peu à peu le concept est devenu viral et a donné lieu à un festival, des masterclass, tout un tas d'actions dont le but est d'encourager l'accès aux métiers de la musique pour les femmes. Qu'en penses-tu ? Es-tu féministe ? Que penses-tu de la place des femmes sur la scène metal et dans la musique en général ?

Michalina : C'est révélateur que cela ait commencé dans la musique metal et rock. Parce que je pense que dans les autres genres, je ne suis pas sûre des chiffres exacts, mais il y a un peu plus de chanteuses pop que de chanteuses metal... D'une certaine manière, cette musique a un peu moins de présence féminine. Peut-être que c'est d'une part à cause de la façon dont la musique sonne, ou comment elle sonnait dans le passé, parce que maintenant ça sonne différemment. Je pense que désormais, c'est plus accueillant pour les femmes parce qu'elles ont déjà vu, par exemple, cette lignée de chanteuses, ou de musiciennes dans un groupe comme les guitaristes, les batteuses, les bassistes, donc ça commence à devenir un peu plus inclusif pour les femmes. Et maintenant, nous commençons à avoir une certaine représentation. Dans le passé, par exemple, le genre metal symphonique était en quelque sorte synonyme de l'idée « il y a une femme qui chante ». Dans le même temps, dans le black metal, le death metal, le thrash metal ou le heavy metal, les femmes étaient moins présentes. Cette représentation féminine ne se retrouve pas dans tous ces sous-genres, mais il y en a quelques-unes, et elles gagnent des fans, il y a des gens qui disent : « Je veux écouter ce groupe parce qu'il y a des musiciens extraordinaires » et il se trouve que ce sont des femmes, alors c'est génial ! Je pense que l'accent devrait être mis sur le fait que ces femmes sont d'incroyables musiciennes, qu'elles déchirent, qu'elles font des spectacles incroyables et qu'elles écrivent de la musique cool, plutôt que sur le fait qu'elles sont des femmes. Mais je pense que dans le metal en particulier, il n'y a pas encore beaucoup de femmes et nous devrions essayer de le rendre un peu plus accueillant : venez, faites des concerts, c'est bien, ça va être chouette. Jusqu'à présent, pour moi, ça s'est toujours bien passé. Je n'ai jamais eu de mauvaises expériences avec d'autres groupes, avec mon propre groupe... donc d'après mes expériences, je peux dire que je me suis toujours sentie bien accueillie. Bienvenue sur scène, et bienvenue dans le groupe, c'était une très bonne expérience. Je sais que ce n'est pas le cas pour tout le monde et cela dépend aussi du genre, car je viens de la scène folk metal. Ce genre est très accueillant pour les femmes. Je pense que ça dépend, mais si les filles veulent jouer dans des groupes, elles doivent le faire et elles doivent venir essayer et voir si elles aiment ça. Si elles aiment ça, elles doivent continuer à le faire. C'est un peu un combat parfois, parfois si vous êtes une femme dans un groupe, vous n'êtes pas traitée sérieusement. Cela peut être un problème. Cela n'a jamais été le cas pour moi, je n'ai jamais eu cette expérience avec Eluveitie, ni avec mon groupe en ce moment. Mais je peux imaginer que ce soit un problème, même lorsque vous travaillez dans une entreprise, les femmes sont traitées un peu moins sérieusement que leurs collègues masculins. Je ne sais pas vraiment, je n'ai jamais travaillé dans une entreprise, mais je suppose qu'il y a des obstacles. Si vous aimez la musique, si vous adorez la musique et si vous êtes une fille, une femme, vous devriez essayer ! Ne vous découragez pas !

Oriza : J'ai l'impression que Lyrre est vraiment ta création, ton projet. Tu as l'air très enthousiaste. Quels sont les projets à venir pour le groupe, les dates importantes ?

Michalina : La première date importante est demain car nous avons notre premier single qui arrive ! Et la prochaine date importante sera en septembre, lorsque nous commencerons le crowfounding. Puis je pense que l'album sera là l'année prochaine. Je n'ai pas de date précise pour l'instant. Nous nous concentrons surtout sur le premier single en ce moment, sur le clip qui sortira également. C'était beaucoup de travail pour nous de faire cette chanson et de faire cette vidéo. Nous espérons vraiment la pousser, la promouvoir et la montrer au monde entier !

Oriza : Prévoyez-vous de vous produire sur scène avec Lyrre ? Quelles différences penses-tu trouver par rapport au fait de jouer avec un grand ensemble comme Eluveitie ?

Michalina : La première différence est que je serai beaucoup plus responsable du show ! Les gens me regarderont et s'attendront à ce que je dirige en quelque sorte le spectacle. C'est donc très nouveau pour moi. Et sinon, je pense que ce sera très intéressant pour moi de jouer dans des salles plus petites avec un public plus restreint. Comment je vais me connecter avec ces gens et jouer ma propre musique ! C'est aussi une grande différence par rapport à Eluveitie, parce qu'avec Eluveitie je pouvais faire ma part, je contribuais à la musique mais ce n'était jamais ma propre idée. Ce sera un grand pas en avant pour moi. Je suis très curieuse de savoir comment ce sera de jouer dans ces petits clubs. Et voir ces gens comme ça ! Vous pouvez avoir beaucoup plus de connexion de cette façon. Parce que par exemple, quand tu joues dans un grand festival, il n'y a presque pas de connexion avec les gens ! Parce qu'ils sont si loin, ou bien ils sont en face de la scène, mais la distance est trop grande pour avoir une quelconque interaction avec eux. Donc je suis vraiment impatiente de voir ça ! Je n'ai jamais eu la chance d'expérimenter ce que c'est que de jouer dans un petit groupe et que le groupe grandisse avec toi. J'ai rejoint Eluveitie alors que le groupe était déjà établi, que nous avions de grandes salles et de grands concerts. Et maintenant, je vais pouvoir voir ce que c'est que d'accompagner le groupe depuis le tout début ! Je suis très curieuse !

Oriza : Que signifie Lyrre ?

Michalina : Lyrre est en fait une façon stylisée d'écrire le mot LYRE qui est un instrument. En polonais, vielle à roue se traduit par lira korbowa donc c'est assez proche du son du mot lyre. Mais nous voulions le styliser parce que ce n'est pas un vrai mot, c'est le nom du groupe. Ce n'est pas vraiment un nom qui existe, il est similaire au nom d'un instrument. Et puis cet instrument, comme ce mot lyre, a quelque chose d'ancien et de très poétique en soi. Je pense donc qu'il convient très bien au groupe.

Oriza : Voudrais-tu dire quelque chose pour conclure ?

Michalina :Pour résumer, je suis très très très excitée pour tout ce qui va arriver. Ce n'est que le tout début, donc nous verrons comment tout va se développer. Nous verrons ce que nous pourrons faire avec ce projet. Mes espoirs sont grands. Ce serait un rêve de le développer, de le faire grandir et d'en faire un grand groupe... Ce serait génial ! Et aussi de continuer à faire la musique que nous avons envie de faire. De la musique que nous aimerions écouter aussi. Je veux juste dire merci à tous ceux qui nous ont soutenus jusqu'à présent ! Parce que c'est incroyable de voir combien de personnes sont intéressées par les sujets dont nous parlons, et combien elles sont enthousiastes même si nous n'avons pas encore sorti de chanson ! C'est vraiment cool de voir que les gens s'y intéressent. J'ai hâte de sortir le morceau demain et de laisser les gens l'écouter, voir ce qu'ils en pensent et se connecter avec d'autres personnes autour de ce titre.

Oriza : Tu sembles très heureuse de ce projet !

Michalina : Je l'adore !

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It was when I saw Eluveitie perform at Motocultor in 2017 that I suddenly focused my attention on the hurdy-gurdy. I hadn't realized before how beautiful this instrument was and what it brought to the Swiss band's music. It is a truly unique instrument whose beauty has something mystical about it. So when I saw that Michalina Malisz was developing her own band with the hurdy-gurdy as its central axis, I wanted to know more about this beautiful project. Michalina kindly gave me a precious slot on her time as a hurdy-gurdy teacher to answer my questions. Installed in her well-equipped room, she « received » me, via webcam, with great professionalism and enthusiasm. Everything is done with great skill and care to bring Lyrre to life. It was a real pleasure exchanging with this inspired and very qualified musician.

Oriza: On your youtube channel, you explain that you started composing a short time ago. In part due to the encouragement of your husband. Can you tell us more? What was stopping you, what made you go for it?

Michalina: Well, what was stopping me is the fact that whenever I wrote something or I composed a melody I didn't like it. It seemed to me that I never had the ideas that I wanted to have. That I could never write something that I would like to listen to. It all seemed very boring to me, very mediocre I would say. I was never really into it, so I never understood the appeal of creating musique because for me it was a little bit a mystery. I didn't think I could do it. And then, there was one day were I was just playing the hurdy gurdy in our home studio. When I'm checking the instruments for our customers, I spend some time with them, so I set them up and I play on them to see if everything is all right... And I was playing this melody that I thougt about, and my husband came to the room and he was like : « That's quite cool ! Can you work on it?» and I was just chocked because he never said that before! That was the moment I thought maybe this could be something. Then I tried to record it. And then I got a little bit more into music production - that changed everything for me. Because I understood that the music that I liked was not only based on melodic ideas. A song is not only in the melodies, not only in the arrangements, but also in the production. Ever since I'm working together with my husband because he plays the guitare so he writes most of the riffs. He kind of starts the songs for us then I kind of make them into full songs. So that's how it works.

Oriza: I'm very interested in the creative process. What about the other musicians, were they involved into the composing process?

Michalina: We invited them (bass player Miłosz Buśko and drummer Tomasz Młóciński when half of the album was already done. So they did not take part into creating the first part of the songs. And then in the second part, we tried to come up with parts and then they interpreted those parts. So this is more in the performance part. Writing is something that me and my husband are doing but also we are open for ideas from them as well. If the ideas fit to the project, if it's consistant with what we want to produce, then we take them.

Oriza: What inspired you for this album of Lyrre? How did the ideas come?

Michalina: The inspiration I've gotten for this album was not really from a thing or an idea. What inspires us to write music is more of a euphoric feeling, a feeling that experiencing something majestic can give you. I hear it a lot when artists say : « Oh this feeling inspired me to make this song » or « I wanted other people to feel a certain way and I wrote a song ». And when it comes to the topics we talk about, I'm really into myths, legends, and old tales. I really like them and I think this is really something that can connect us to the past and just help us learn from the people that were here before us! They fascinate me. We are trying to incorporate medieval imagery in our visuals and also in our lyrics. In the music it is represented by the hurdy-gurdy which is a medieval instrument. It sounds really organic and very raw. It’s an integral part of our music. For this album specifically, I think the topic that comes out a lot in the lyrics is « change ». It's about transformation and trying to see it in a positive way even though it's not always caused by positive situations. Of course it's inspired by personnal situations, but not only, because in the last few years we saw the world change a lot. Somehow, we have to let go this old idea about how the world works for us. It changed massively. For me, for example, as a musician that played in a band for a few years right now, this changed everything for me. So this definitly influences the album a lot mostly in the lyrical sphere. And the rest, the music and everything else, is more about the feeling.

Oriza: Will the lyrics be only in English or other langages?

Michalina: Right now they are in English but I think we will make a translation to Polish. I think as bonus tracks, or bonus versions, something like this. Some of them could translate quite nicely to polish and it also could be very interesting to sing in polish and give this little gift to our polish audiance.

Oriza: Is Polish a langage easy to sing? Is it melodic?

Michalina: I would not describe polish as melodic, it has a lot of like scratchy sounds, like « ch tch » and all of this stuff. There's a lot of this in polish! And also, when you sing in english it's much easier because you can modify the vowels a little bit. Polish is like, when you have a vowel, when you have to say « ah » then it has to be « ah » and there's no escape from that! So I'm very curious how it would be to sing in polish. I'm looking forward to be honnest

Oriza: The hurdy-gurdy is really the lead instrument in the compositions as I understand it. It's a great idea. I don't think other metal bands have done that before. Do you play other instruments?

Michalina: In the band no, I only play the hurdy gurdy. But except for that I can play classical flute, this is what I learned in musical school. And I can also play a little bit of piano, I mean just a little bit, just superbasic things. But yes we definitly rely on the hurdy gurdy as the main instrument. Meaning that it's different from the tipical metal band. We have the guitare, we have the vocal, we have the drums and the bass, except for that we have the hurdy-gurdy wich adds a lot to our music. And it's like having all this solos, all those main moments this is just for the hurdy gurdy.

Oriza: Do you have other artistic activities?

Michalina: To be honest, there's not that much time for it! Because we are know just starting to present the band to the outside world so this is plenty of work. Otherwise, except for music, I really like make up. I think this could be perceived has an artistic activity.

Oriza: You worked personally on the production of the album in collaboration with Noah Sebastian. Can you tell us more about this collaboration? What did it bring you? How did you come to work with him?

Michalina: Noah is the singer of my favorite band at the moment: Bad Omens. There is something in this music I really like and that is really different frome other music that I listen to so far. I think it's exceptionnal. I don't know what that is, I don't know how it works but I just feel this way about this music. So, when I saw that Noah produced his albums by himself, I was intrigued because I didn't realize before that, you can do it ! A typical process is a band creates the music and then they have a producer from the outside. But Noah was the one who was producing is own music. So I was like: « Ok! Then I can also do this for my band! » but I wanted to learn from him! I just e-mailed him and explained what the project was about... We sent music samples to him. Then he got back to us and we worked together on four songs. I wrote a demo, and we sent it to him and then he did stuff to it that was just incredible and it was so good! And then I could just see what he did to the songs, I could compare it to the previous version, and even thought we were not working in person I could see what was his thinking process. And that gave me so much, it's just priceless what this experience did to my creative process as well! It was very cool and I really enjoyed it. I could see how a song could change when you collaborate with other people. I think it was great so I'm really looking forward to share these songs with our fans.

Oriza: Is "Divide and Conquer" the title of the album or only of the first single?

Michalina: That's the single. The name of the album is a secret for now.

Oriza: Is there a conductive line between the tracks?

Michalina: There's no concept for this album, the songs are not connected. The lyrical topics could be similar but it was not our plan to make it this way.

Oriza: On your Facebook page you shared a first artwork made by Adam from Bohuntattoo. This artwork is beautiful. It makes me think of a playing card, like a tarot card. Can you explain us how the graphic projects have been developed?

Michalina: When I thought of a cover for the album, and also for the single, I wanted to connect to this medieval theme. For me, the graphic style that is the most connected to that is the engravings, like in old books and so on... The style is not strictly medieval, it's more neo-medieval, inspired by all the things things we stereotypically connect to the medieval period. It's not historically a hundred pourcent acurate, but just all the associations that we have with the medieval period. The esthetics of this period also connected with modern productions. This is the neo-medieval way. For this project I was looking for a tattoo artist because this is what ressembles to engravings a lot. There is a tattooing style wich is imitating the engravings. I contacted Adam on Instagram and he said he wanted to do it. We worked on the cover for the album. And then I said : « Let's do another one for the single. Let's do artworks for the singles because I like your art so much ». He made this awsome engraving looking graphic and we decided to put it in cards because that's something I see in my imagination when I think about this medieval or neo-medieval esthetic. We added a texture, we added letters, then I think it looks really cool.

Oriza : Are all the tracks of the album ready? Is there a release date?

Michalina: Some of the songs are ready. The premiere of "Divide and Conquer" is tomorrow [Friday 5th of August, ed.]. But all is not done yet, some need mixing, some need recording. We will be having a crowfounding campaign for this album, so the release and everything will depend on it. We will see how everything develops with that and see what is possible for us, what is realistic timewise to make it happen. So no exact date, but I think it's safe to say that it would e next year. We will announce the crowfounding on our social medias in September.

Oriza: Which bands do you like? What do you personally listen to?

Michalina: One of my favorite bands right now is Bad Omens, I just listen to them, when I turn on music it's them ! And the I also like Alcest. I love Alcest, this is another of those bands that just has so unique atmosphere, there's no other band like them. I'm really interesting to instrumental music so I like Polyphia. I also like this electronic music artist, his name is Apashe. I think he comes from Belgium originally and now he lives in Canada. He mixes electronic music with classical music like Mozart and stuff like that. I think it's amazing, I love it. This is what I listen to more or less right now!

Oriza: Who are the musicians who inspire you, who are your models?

Michalina: Musically the musicians I mentioned. And, for role models, since I am a vocalist now, and I was never a vocalist before, not on a band, not on stage, not ever, then I look for some examples on other singers in metal bands, especially on other women... So for example Sharon Den Adel frome Within Temptation. Or Myrkur, she's a great example for me because she plays folk instruments, and also she sings. I'm just looking right now for those role models : who can I learn from how to be a singer on stage because I never had this experience before. We also never played a show so far with me as a singer so it's a litlle bit stressfull. I really admire other women in bands. Also Anna Murphy, she was my huge encouragement when I start playing hurdy-gurdy when she was in Eluveitie. She's a very good front woman as well!

Oriza: In France we have this bass player, Lola Frichet from the band Pogo Car Crash Control, who initiated a movement @morewomenonstage. At the beginning she wrote this tagline on her bass and the concept gradually became viral and evolved into a festival, masterclasses, a whole bunch of actions whose goal is to encourage access to the music business for women. What do you think about it? Are you a feminist? What do you think about the place of women on the metal scene and in music in general?

Michalina: It's telling something that this started in metal and rock music. Because I think in other genres, I'm not really sure about exact numbers, but there is a little more pop female singers than metal female singers... Somehow metal has a little bit less female presence in it. I think right now it's more accomodating for women because they have already seen, for example, this line of female vocalists, or female musicians in a band like guitarists, drumers, bass players so it's starting to get a little bit more inclusive for women. For example the genra of symphonic metal was kind of synonymous with the idea « there is a women singing ». In the same time, black metal, or death metal, or thrash metal, or heavy metal, it was like way less there. This representation is not in all these subgenras ut there are some, and they are gaining fans, they are people who say : « I want to listen to this band because they have amazing musicians » and somehow it happens that they are women so that's great ! I think that maybe the emphathis should be more on the fact that those women are amazing musicians, and they just kick asses, and they make an amazing show and they write cool music than on the fact that they are women. But I guess in metal specifically there's not so many women still and we should try to make it a little more welcoming : please come, play shows, it's fine, it's gonna be good. So far for me, it was always good. I never had any bad experiences from other bands, from my own band... so from my experiences I can say that I always felt wellcome. Wellcome on stage, and wellcome in the band, it was a very good experience. I know that it's not like that fore everyone and it also depends on the genra because I come from the folk metal scene. This genra is very welcoming for women. I think it depends but if the girls want to play in bands they should and the should come and try it and see if they like it. If they like it, keep doing it. It's a bit of a fight sometimes, sometimes if you are a women in a band you are not treated seriously. This could be an issue. It was never for me, I never had this experience with Eluveitie, and also with my band right now. But I can imagine that this is a problem, even when you work in a company, ladies are treated little less seriously than there men collegues. I don't really know I was never working in a corporation but I guess there are some obstacles. If you like music, if you love music and if you are a girl, a women, you should try it! Don't discourage!

Oriza: I have the feeling that Lyrre is really your creation, your project. You seem very enthusiastic. What are the upcoming projects for the band, important dates?

Michalina: The first important date is tomorrow because we have our first single coming ! And the next important date will be in september when we will start the crowfounding. And then I think the album will be here next year. I don't have a specific date for now. We are focusing mostly on the first single right now, on the music video that will also be out. It was a lot of work for us to make this song and to make this video. We hope to really push it and really promote it and show it to the world!

Oriza: Do you plan to perform on stage with Lyrre? What differences do you think you will find compared to playing with a big ensemble like Eluveitie?

Michalina: First difference is that I will be way more responsible for the show ! People will look at me and expect that I will kind of lead the show. So this is very new for me. And otherwise I think it will be very intersting for me to play in smaller venues with a smaller audiance. How will it be to connect with those people and play my one music ! So this is also a big difference to Eluveitie, because in Eluveitie I could do my part, I contributed to the music but the main concepts were created by Chrigel. Lyrre will be a huge step forward for me. I'm very curious how it will be to just perform in those smaller clubs and see how people like our music You can have way more connection this way. Because for example when you play in a big festival, there is almost no connection to the people ! Because they are so far away, or they are like in front of the stage but still, the distance is too big to even have any type of interaction with them. So I'm really looking forward to that! I never had the chance to experience how it is when you play in a small band and when the band grow with you. I joined Eluveitie when it was already established, we had great venues, we had great shows. And now I will be able to see how it is to go with it frome the very beginning! I'm very curious!

Oriza: What does Lyrre mean?

Michalina: Lyrre is actually a stylised way to write the word LYRE - like an instrument. In polish, hurdy gurdy is translated as lira korbowa so it's kind of close to the sound of the word lyre. And also this instrument, the lyre, has something ancient and very poetic in itself. So I think that it fits to the band very very well.

Oriza: Would you like to say something to conclude?

Michalina : To sum it up, I'm very very very very excited for everything that will come. This is just the very beginning, so we will see how everything developpes. We will see what we can do with this project. My hopes are high. It would be a dream to develop it and just make it grow and make it a big band... That would be amazing ! And also to keep making music that we feel like we want to make. So music that we would like to listen to as well. I just want to say thank you to everyone that as supported us so far ! It's amazing how many people are interrested in those topics that we talk about, and how enthousiastic they are even thought we didn't have a song out yet ! It's so cool to see that people are interested in it. I cannot wait to just have the song out tomorrow and just let people listen to it and see what they think and just connect over this song with others.

Oriza: You seem very happy with this project!

Michalina : I just love it!







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