Drakwald

Entretien avec Marc Vaillant et Thibaud Destouches - le 05 avril 2022

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Oriza

Une interview de




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Depuis sa création en 2010, Drakwald propose un death folk inspiré notamment du melodic death suédois, mais pas uniquement. Le quintet de la région de Tours distille des thématiques apocalyptiques en adéquation parfaite avec le parfum d'effondrement qui nous enserre ces dernières années. C'est à l'occasion de la sortie imminente de leur nouvel album que Marc (guitare) et Thibaud (basse et chant) ont accepté de répondre à quelques questions. Six ans après la sortie du dernier opus Riven Earth, Drakwald vient de publier un nouveau clip, annonçant ainsi l'arrivée de Black Moon Falls.

Oriza : Nous réalisons cette interview dans le cadre de votre nouvel album qui doit sortir dans les jours qui viennent. Avez-vous une date ?

Marc : Automne. Automne, mais pas de date précise. On est encore en cours de record là.

Thibaud : On préfère sécuriser l'enregistrement plutôt qu'annoncer une date, au cas où on aurait des retards pour x ou y raison.

Oriza : Est-ce que le titre de l'album sera Black Moon Falls ?

Thibaud : C'est bien ça !

Oriza : Est-ce que vous avez déjà tous les titres de l'album ou c'est encore trop tôt ?

Marc : Oui, oui, on a la liste. Et on a déjà à peu près 70 % d'avancement du record. On enregistre chez moi et c'est moi qui édite les instrus...

Oriza : Je ne sais pas si vous considérez votre précédent album, Riven Earth, comme un album concept. En tout cas, l'ensemble des titres forme un tout cohérent qui raconte une histoire. Qu'en est-il du prochain album ?

Thibaud : En effet ça reste dans la même idée. Est-ce que Riven Earth est vraiment un album concept en tant que tel, ce n'est pas forcément comme ça qu'il a été pensé. Il y a un thème, une trame principale que tu vas retrouver dans l'ensemble des morceaux, mais il n'y a pas une linéarité, une succession d'événements... C'est plutôt un grand thème qui est abordé sous différents angles. Black Moon Falls sera un peu dans le même esprit. C'est-à-dire un grand thème vu sous plusieurs angles différents. On n'est pas dans un album concept comme par exemple celui d'Insomnium où chaque morceau était un chapitre de l'histoire. Ce n'est pas dans cette démarche là.

Oriza : Dans la vidéo de présentation que vous avez partagée, Thibaud tu disais que tu as trouvé de nouvelles sources qui t'ont inspiré. Peux-tu nous en dire plus ?

Thibaud : Pour faire le lien avec Riven Earth, cet album était très orienté sur un point de vue apocalyptique, un peu dépressif. La manière d'aborder ce thème sur Black Moon Falls sera un peu plus ésotérique. On parle toujours de la destruction de l'environnement par l'homme, de la manière dont tout a été pollué, mais avec des notions qui seront plus proches des aspects tels que la résurrection, la purification... Par exemple, je me suis inspiré d'un traité d'alchimie qui justement traite de la purification de l'or.

Marc : Globalement on traite de la « prétention » de l'être humain par rapport à tout ce qui l'entoure.

Oriza : Pourquoi avez-vous fait le choix de l'anglais pour vos textes et aussi pour toute votre com' ? Avez-vous déjà fait des chansons en français ou dans une autre langue ? Est-ce quelque chose qui vous inspirerait ?

Thibaud : Pour la communication, on a commencé à faire ça pour faciliter les relations, l'organisation pour les tournées notamment dans d'autres pays. Et pour toutes les personnes qui nous suivaient car le français pouvait être un peu restrictif pour elles. Quant aux paroles, le choix de l'anglais s'est fait naturellement, on ne s'est pas forcément posé la question au niveau du groupe.

Oriza : Qui va réaliser l'artwork du nouvel album ? Ani Artworks encore ?

Marc : Oui, c'est Ani Artworks. On avait bien aimé travailler avec elle donc on continue. Pour l'instant on a juste fait la pochette, la première page et là on va commencer le livret.

Oriza : Est-ce qu'elle est de Tours elle aussi ?

Marc : Non pas du tout, elle est biélorusse.

Thibaud : C'est très sympa ce qu'elle fait. On l'a découverte lorsqu'on cherchait un artiste pour le précédent album Riven Earth. On cherchait quelqu'un avec un style très marqué et c'est ce qui nous a beaucoup plu. Au niveau de son univers ça correspondait à ce que nous apprécions et ce que nous faisons. C'est donc naturellement qu'on s'est tournés vers elle pour ce nouvel album.

Oriza : Et le logo, qui l'a réalisé ?

Marc : Historiquement il a été réalisé par Slo le dessinateur de la BD Metal Maniax. Le logo est très ancien !


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Oriza : Est-ce que le line up du groupe reste inchangé ? Thibaud à la basse et au chant, Marc à la guitare, Simon à la guitare rythmique, Bertrand à la cornemuse et aux flûtes, et Maxime à la batterie ?

Marc : Oui le line up est assez stable depuis quelques années.

Oriza : Comment composez-vous ? Qui fait quoi, qui apporte quoi ?

Marc : C'est principalement moi qui compose. On a changé un petit peu nos méthodes depuis que je me suis mis au mixage depuis trois ans. Cela m'a ouvert de nouvelles portes sur la méthode de compo car je réfléchis maintenant au son que cela va rendre et plus seulement en termes de « Je vais faire un riff ». J'essaie de réfléchir maintenant au global. Et même avec Thibaud maintenant on réfléchit à ce que ça peut donner avec le chant en même temps et pas uniquement poser le chant après tout le reste. On essaie de penser à l'ensemble. Tout ce qui est instrumental, c'est moi principalement. Et tout ce qui est chant c'est Thibaud et c'est aussi lui qui fait les textes. Et maintenant j'enregistre en même temps que je compose. Ensuite on montre ça en répète, on valide. Chacun peut changer ses parts si c'est pertinent et si c'est validé on lance le record.

Thibaud : Généralement, Marc va faire une première version du morceau qu'il va maquetter chez lui. Derrière je vais travailler les textes et les placements du chant. On va arriver en répète avec le morceau dans les mains et en le jouant on va voir les ajustements qui peuvent être faits. Ce qui rend bien, ce qu'il faut ajuster, les structures à modifier, un break à ajouter pour rendre le morceau le plus percutant possible... Une fois que le morceau est validé alors on passe à l'enregistrement. On enregistre chacun notre tour chez Marc pour avoir la version définitive d'ensemble.

Oriza : Du coup, vous êtes plus dans une démarche d'album que de scène ?

Thibaud : On réfléchit aussi à la scène, mais c'est vrai que dernièrement un peu moins...

Marc : Si si, quand je recorde, je réfléchis à si ça va être jouable sur scène, si on ne va pas galérer, si c'est confortable. On en tient compte quand-même, si.

Thibaud : Oui. Mais malgré tout on ne compose pas des morceaux « pour la scène ». On compose des morceaux qui sonnent en enregistrement et ensuite on réfléchit effectivement à voir si ce sont des morceaux qu'on pourra jouer sur scène mais on ne compose pas « pour la scène » dans le sens, par exemple, ah tiens là on va faire un « riff à circle pit ».

Marc : Globalement, les airs sortent plus ou moins au hasard dans ma tête. Lorsque je suis en train de cuisiner par exemple, une idée me vient et il faut que j'aille la record. Thibaud c'est aussi comme ça. C'est pas du tout : sur scène il faut absolument qu'on fasse ça... C'est complètement en fonction de l'inspiration.

Oriza : Est-ce que les mois de confinement ont changé quelque chose au fonctionnement du groupe ?

Thibaud : Cela a eu un effet sur la manière dont on répétait, le lieu où on répétait ayant fermé. Mais ça n'a pas changé drastiquement la manière dont on travaillait au niveau des compos et de l'enregistrement.

Marc : Au final ce n'est pas le Covid qui a fait qu'on a changé légèrement notre méthode de travail. C'est plus le fait qu'on se soit intéressé au travail du son en général.

Oriza : Vous avez sorti un très beau clip, "Devouring The Living Sun", premier titre édité de ce nouvel album. Disponible sur votre page facebook, sur votre site et sur youtube il a été réalisé par Alban Verneret. Qui a eu les idées pour ce clip ?

Marc : L'ambiance c'est plutôt Thibaud. Comme c'est lié aux textes, c'est lui qui a réfléchi le plus sur le sujet. Même si de plus en plus on essaie de participer, c'est quand-même lui qui avait les billes. On a tous participé à des choses qui pouvaient améliorer les détails, comme les machines à fumée, les costumes. La trame venait plutôt de Thibaud.

Thibaud : Le clip découle directement des paroles du morceau. Je suis arrivé avec un ensemble d'éléments pour travailler le clip. On a eu pas mal d'échanges aussi avec Alban le réalisateur qui nous a apporté une vision différente, des idées pour mettre en image nos idées. C'est comme ça que s'est construit le clip dans le but d'avoir le rendu le plus efficace possible.

Marc : Le metteur en scène a beaucoup participé aux idées.

Thibaud : Oui ! On a fait appel à lui car c'est un metteur en scène qui a fait beaucoup de clips de metal, qui côtoie beaucoup la scène tourangelle. On savait qu'il nous apporterait un certain nombre d'éléments, qu'il ne serait pas simplement exécutant, qu'il apporterait ses propres idées afin de pouvoir proposer quelque chose de plus abouti.

Oriza : Quels sont les groupes, les musicien.ne.s que vous aimez écouter ? Ceux qui vous inspirent ?

Marc : Pour la partie compo, j'écoute de tout. Je n'ai pas de style en particulier. De plus en plus, je trouve qu'il y a des liens entre les styles. J'étudie les structures et je me dis : tiens ça c'est un air pop mais je suis sûr que dans le metal ça ferait un carton aussi. Je constate, de plus en plus, que finalement ça reste de la musique et ce sont simplement des petits détails qui font que c'est plus extrême ou plus cool... Mais finalement ça reste le même principe à chaque fois. Dans le genre metal, en ce moment j'aime bien Bleed From Within, Periphery, Eskimo Callboy (renommé en Electric Callboy). Donc ce n'est pas forcément en lien avec le folk directement. C'est peut-être ce qui fait qu'on a des riffs qui sortent un peu de l'ordinaire pour le milieu folk metal. J'aime bien des groupes loufoques aussi, du genre Daði Freyr. Je trouve ça énorme, ce sont des génies ! Ils sont dans le décalage mais le pire c'est que c'est hyper réfléchi. Ça a l'air stupide mais il y a un super travail derrière.

Thibaud : Alors moi pour la musique j'ai deux grandes influences principales. La première, c'est tout ce qui est death metal melodic scandinave : Insomnium et Dark Tranquility principalement. Grosse influence notamment de Mickael Stanne, notamment au niveau du chant clair qui, je trouve, apporte vraiment un univers dans Dark Tranquility. Et la deuxième influence qui apporte le grand écart : tout ce qui est deathcore américain. Par exemple en ce moment j'écoute beaucoup Lorna Shore, deathcore symphonique absolument dantesque. Ce sont un peu mes deux grandes influences. Mais toujours des choses très mélodiques. Ce que j'écoute va en effet avoir une influence. Le death metal melodique reste une constante. Mais les autres choses que j'écoute vont m'influencer sur le moment.

Oriza : Est-ce que vous avez des musicien.ne.s fétiches ? Des modèles, des personnes qui vous impressionnent...

Thibaud : Oui moi c'est Mickael Stanne de Dark Tranquility. Il y a le concept ! C'est mon modèle en tant que chanteur de metal.

Marc : Moi, à une époque j'aimais bien Jari Mäenpää de Wintersun. J'aimais bien aussi le chanteur d'In Flames : Anders Fridén, j'adore sa voix. Mais je ne suis pas d'un type « fan » de quelque chose. J'aime bien un peu tout, mais sans arriver au statut de fan.

Oriza : D'une manière plus générale, quelle place tient la musique dans votre vie ?

Marc : Personnellement c'est vraiment par vagues. Par moment j'en écoute plus du tout, ça me gonfle. Et après j'en écoute beaucoup. Mais ça c'est pour toutes les activités que je fais. C'est cyclique. Pour te donner une petite idée, quand je suis en phase de record, de compo, parfois je monte à quatre-vingts heures par semaine de musique. Et parfois je suis à zéro heure parce que j'ai fait l'overdose de musique.

Thibaud : Moi j'écoute beaucoup de musique. J'en écoute tous les jours. Ensuite concernant la place que prend le groupe dans ma vie : moins qu'à une époque. Aujourd'hui ça avance un peu malgré nous. Mais ça reste toujours une part importante de ma vie.

Oriza : Parlons un peu des concerts. Je vous ai découverts en mai 2016 lors d'une soirée appelée Nox Inferna au monastère de Brou. Dans un cadre magnifique. À l'affiche il y avait Hypocras venu de Genève, et les Islandais de Skálmöld. Entre les concerts il y avait des démos de combats vikings présentés par Les loups de Fenrir. Est-ce que vous vous souvenez de ce concert ?

Thibaud : C'était une super expérience ! Dans un monastère comme ça c'est assez unique. Il y avait une ambiance qui était dingue.

Marc : On a joué aussi dans une église désacralisée. On a joué dans des endroits un peu insolites. Dans un château, aussi. D'ailleurs on va rejouer bientôt dans un autre château en juin. Ce qui est pas mal avec ce type de musique c'est que ça nous permet d'être dans des endroits folkloriques, historiques... On est allés aussi en Allemagne dans un super festival. L'ambiance était ultra familiale, les gens venaient pour se retrouver. Ils nous avaient embarqués dans leur jeu où il fallait enfoncer des clous avec le tranchant d'une hache ! Il n'y avait pas de frontière entre les groupes et les spectateurs. On a plutôt de la chance concernant les lieux dans lesquels on joue.

Thibaud : On essaie de proposer un univers sur scène et donc on évite les scènes trop étriquées... Pour la mise en scène, le son...

Marc : Le son c'est important ! On a un ingénieur du son qui nous suit depuis plusieurs années maintenant et il a besoin d'un certain matos pour travailler. Pour proposer tout ce qu'on a à proposer : les samples, et d'autres choses qu'on aura dans le futur (sans spoiler), les petites scènes seraient un peu limitées. On priorise donc moyennes et grandes scènes.

Thibaud : N'étant pas une formation metal ordinaire, ayant des instruments comme la cornemuse ou les flûtes, ainsi que des samples, ça nécessite une sonorisation qui doit être en place et adaptée. Une scène dans un bar, on l'a fait beaucoup évidemment, mais aujourd'hui on se demande si ça vaut vraiment le coup de jouer dans un bar pour avoir un son pourri. C'est dommage pour le public de proposer ça.

Oriza : Vous avez un e-shop https://drakwald.fr/produit/drakwald-legion-bundle/ sur lequel on peut commander des t-shirts, découvrir en avant-première des titres et précommander le prochain album. Avez-vous d'autres projets dont vous souhaitez parler ?

Thibaud : On va retourner sur scène. Notre première date sera le 4 juin à Crest. Il y a une fête médiévale dans l'un des plus beaux donjons de France : la tour de Crest. On va encore proposer du contenu pour patienter en attendant l'album...





Since its creation in 2010, Drakwald offers a death folk inspired by Swedish melodic death, but not only. The quintet from the region of Tours distils apocalyptic themes in perfect adequacy with the scent of collapse that has been surrounding us these last few years. On the occasion of the imminent release of their new album, Marc (guitar) and Thibaud (bass and vocals) agreed to answer some questions. Six years after the release of their latest opus Riven Earth, Drakwald has just published a new video, announcing the arrival of Black Moon Falls.

Oriza : We are doing this interview in the frame of your new album which should be released in the next few days. Do you have a release date?

Marc : Fall. Fall, but no specific date. We are still in the recording process for now.

Thibaud : We prefer to secure the recording rather than to announce a date, in case we have delays for any reason.

Oriza : Will the title of the album be Black Moon Falls?

Thibaut: That's it!


Oriza : Do you already have all the titles of the album or is it still too early?


Marc : Yes, yes, we have the tracklist. And we have already about 70 % of the record. We record at home and I manage all the instruments...

Oriza : I don't know if you consider your previous album, Riven Earth, as a concept album. In anyway, all the tracks form a consistent whole which tells a story. What about the next album?

Thibaud : Indeed it remains around the same idea. Is Riven Earth really a concept album as such, it's not necessarily the way it was thought. There is a theme, a main plot that you will find in all the tracks, but there is not a linearity, a succession of events... It's more a big theme that is approached from different angles. Black Moon Falls will be a bit in the same spirit. Meaning a big theme seen under several different angles. We are not in a concept album like, for example, the Insomnium album where each piece was a chapter of the story. We are not in this approach there.

Oriza : In the presentation video you shared, Thibaud you said that you found new sources of inspiration. Can you tell us a bit more?

Thibaud : To make the link with Riven Earth, this album was very oriented on an apocalyptic point of view, a bit depressive. The way of approaching this theme on Black Moon Falls will be a bit more esoteric. We still talk about the destruction of the environment by man, the way everything has been polluted, but with notions that will be closer to aspects such as resurrection, purification... For example, I was inspired by an alchemy book which talks about the purification of gold.

Marc: Overall, we talk about the "pretentiousness" of human kind being in relation to everything that surrounds him.

Oriza : Why did you choose English for your texts and also for all your communication? Have you ever done songs in French or in another language? Is it something that would inspire you?

Thibaud: For the communication, we started to do that to facilitate the relationships, the organization for the tours especially in other countries. And for all the people who followed us because French could be a bit restrictive for them. As for the lyrics, the choice of English was done naturally, we didn't necessarily ask ourselves the question in the band.

Oriza : Who will realize the artwork of the new album? Ani Artworks again?

Marc : Yes, it's Ani Artworks. We liked to work with her so we continue. For the moment we just made the cover, the first page and now we are going to begin the booklet.

Oriza : Is she from Tours too ?

Marc
: No, not at all, she is from Belarus.

Thibaud : It's very nice what she does. We discovered her when we were looking for an artist for the previous album Riven Earth. We were looking for someone with a very strong style and that's what we really liked. Her universe corresponded to what we appreciate and what we do. It was natural that we turned to her for this new album.

Oriza : And what about the logo, who created it?

Marc : Historically it was realized by Slo the drawer of the comic Metal Maniax. The logo is very old!



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Oriza : Does the line up of the band remain unchanged ? Thibaud on bass and vocals, Marc on guitar, Simon on rhythm guitar, Bertrand on bagpipes and flutes, and Maxime on drums ?

Marc : Yes, the line up has been quite stable for a few years.

Oriza : How do you compose? Who does what, who brings what?

Marc : It is mainly me who composes. We changed a little bit our methods since I started mixing three years ago. This has opened new doors for me in terms of the way I compose because I now think about the sound it will make and not just in terms of "I'm going to play this riff". Now I try to think about the whole. And even with Thibaud now, we think about what it can give with the vocals at the same time, and not only put the vocals and then everything else. We try to think about the whole. Everything instrumental, it's mainly me. And all the singing is done by Thibaud and he also writes the lyrics. And now I'm recording while I'm creating. Then we show it in rehearsal, we validate it. Each of us can change his part if it's appropriate and if it's validated we launch the record.

Thibaud : Generally, Marc makes a first version of the song that he models at home. After that, I'll work on the lyrics and the vocal settings. We go to the rehearsal with the song in our hands and, by playing it, we see what adjustments can be made. What sounds good, what needs to be adjusted, the structures to be modified, a break to be added to make the song as punchy as possible... Once the song is approved then we go to the recording. We record each one our turn at Marc's place to have the final version of the whole.

Oriza : So, you are more in a process of album rather than music for stage?

Thibaud : We also think about the stage, but it's true that lately a little less... Marc: Yes, when I record, I think about whether it's going to be ok on stage, whether it's going to be easy, whether it's comfortable. We do take that into consideration, though. Thibaud : Yes. But despite everything we don't compose pieces "for the stage". We compose songs that sound good on record and then we think about whether they're songs that we can play on stage. But we don't compose "for the stage" in the sense, for example, that we'll do a "circle pit riff".

Marc: Overall, the tunes come out more or less randomly in my head. When I'm cooking for example, an idea comes to me and I have to go and record it. Thibaud is also like that. It's not at all: on stage, we absolutely have to do this... It is completely according to the inspiration.

Oriza : Did the months of lockdown change anything in the functioning of the band?

Thibaud : It had an effect on the way we rehearsed, the place where we rehearsed had been closed. But it didn't drastically change the way we worked on the compositions and the recording. Marc: In the end, it wasn't the Covid that made us change our working method slightly. It's more the fact that we were interested in the sound work in general.

Oriza : You released a very beautiful video, " Devouring The Living Sun ", first realised track of this new album. Available on your facebook page, on your website and on youtube it was directed by Alban Verneret. Who had the ideas for this clip?

Marc: The atmosphere is rather Thibaud. As it's linked to the lyrics, he's the one who thought about it the most. Even if we try to participate more and more, it's still him who had the keys. We all participated in things that could improve the details, like the smoke machines, the clothes. The frame came rather from Thibaud.

Thibaud: The video clip is a direct result of the lyrics. I came up with a set of elements to work on the clip. We also had a lot of interaction with Alban, the director, who brought us a different vision, ideas to put in image our ideas. That's how the clip was built in order to have the most effective result possible.

Marc: The director was very involved in the ideas.

Thibaud: Yes, we asked him because he's a director who's done a lot of metal videos, who's very familiar with the Touraine scene. We knew that he would bring us a certain number of elements, that he would not be simply executing, that he would bring his own ideas in order to propose something more accomplished.

Oriza : What are the bands, the musicians that you like to listen to? Those who inspire you?

Marc : For the composition part, I listen to everything. I don't have a particular style. More and more, I find that there are links between styles. I study the structures and I say to myself: well, this is a pop tune but I'm sure it would be a hit in metal too. I notice, more and more, that in the end it's still music and it's just little details that make it more extreme or cooler... But in the end it's the same principle every time. In the metal genre, right now I like Bleed From Within, Periphery, Eskimo Callboy (renamed to Electric Callboy). So it's not necessarily related to folk directly. Maybe that's why we have some riffs that are a bit out of the usual folk metal scene. I like some crazy bands too, like Daði Freyr. I think it's huge, they are geniuses! They are unconventional but the most amazing thing is that it's very clever. It can look stupid but in fact there is a great work behind it.

Thibaud : So for me, I have two main influences for music. The first one is everything from Scandinavian melodic death metal: Insomnium and Dark Tranquility mainly. Mickael Stanne is a big influence, especially in the clear vocals which, I think, really bring a universe in Dark Tranquility. And the second influence which brings the big difference: American deathcore. For example, at the moment, I listen a lot to Lorna Shore, some symphonic deathcore absolutely Dantesque. Those are my two big influences. Always very melodic things. What I listen to will indeed have an influence. Melodic death metal is a constant. But the other things I listen to will influence me at the moment.

Oriza : Do you have favorite musicians? Models, guys who impress you...

Thibaud : Yes, it's Michael Stane from Dark Tranquility. There is the concept! He is my model as a metal singer.

Marc : I used to like Jari Mäenpää from Wintersun. I also liked the singer of In Flames: Anders Fridén, I love his voice. But I'm not a "fan" of anything. I like a little bit of everything, but without reaching the status of a fan.

Oriza : In a more general way, what is the importance of music in your life?

Marc : Personally, it's really in phases. Sometimes I don't listen to anything at all, it bores me. And then I listen to a lot of things. But that's the same for all the activities I do. It's a cycle. To give you an idea, when I'm in the recording phase, in the composing phase, sometimes I go up to 80 hours a week of music. And sometimes I'm at zero hours because I've overdosed on music.

Thibaud : I listen to a lot of music. I listen to it every day. Then concerning the space that the band takes in my life: less than it did few years ago. Nowadays it's going on a bit in spite of us. But it still remains an important part of my life.

Oriza : Let's talk a little about concerts. I discovered you in May 2016 during an event called Nox Inferna at the Brou monastery. In a beautiful setting. There were Hypocras from Geneva, and the Icelanders from Skálmöld. Between the shows there were demos of Viking fighting performed by Les loups de Fenrir. Do you remember this set?

Thibaud : It was a great experience! In a monastery like that it's quite unique. There was a crazy atmosphere.

Marc: We also played in a desecrated church. We played in some unusual places. In a castle, too. We're going to play again soon in another castle in June. What is not bad with this type of music is that it allows us to be in folkloric, historical places... We also went to Germany in a great festival. The atmosphere was ultra familial, people came to spend some time together. They had taken us on board in their game where you had to hammer nails with the edge of an axe! There was no border between the groups and the spectators. We are rather lucky concerning the places in which we play.

Thibaud : We try to offer a universe on stage and thus we avoid the too narrow stages... For the staging, the sound...

Marc : The sound is important ! We have a sound engineer who has been working with us for several years now and he needs some equipment to work. In order to provide everything we have to offer: samples, and other things we will have in the future (without spoil), the small scenes would be a bit limited.

Thibaud : Not being an ordinary metal band, having instruments like bagpipes or flutes, as well as samples, it requires a sound system that must be in place and adapted. A stage in a bar, we did it a lot of times of course, but nowadays we wonder if it's really worth playing in a bar to have a bad sound. It's a shame to provide that for the public.

Oriza : You have an e-shop https://drakwald.fr/produit/drakwald-legion-bundle/ where it's possible to buy t-shirts, to discover some titles in preview and pre-order the next album. Do you have other projects you want to talk about?

Thibaud : We're going back on stage. Our first date will be June 4th in Crest. There is a medieval festival in one of the most beautiful dungeons of France: the tower of Crest. We are going to publish some more content to wait for the album..


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