Alcatraz Festival 2023


Alcatraz Festival

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 11 août 2023
Jour 2 : 12 août 2023
Jour 3 : 13 août 2023

REPORTS DU JOUR



GALLERY

 


Jour 3 :13 août 2023



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Dimanche. Dernier jour. Au vu de l’affiche encore proposée, le repos est repoussé à demain.

ANNISOKAY - 11h20-12h00 - Prison Stage (MFF)

Commencer sa journée par un récital d’emocore allemand ressemble, sur le papier, à une punition. Genre, un gage pour avoir eu le droit de prendre sa douche en premier au camping. Dans les faits, le taf est bien fait. Grosse basse baveuse, samples de petites gouttes cosmiques, alternance chant death – chant de babtou fragile (par le bassiste), et des « come on » généreusement distribués. Le casquettu aux grognements de baribal angineux invite les lève-tôt du dimanche à opérer un wall of death – souhait exaucé. Sinon c’est mid tempo généralisé, sautillements et incitations à arrêter de croire aux conneries complotistes. Plutôt sympas, ces p’tits gars, tout compte fait.

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SERPENTS OATH - 12h00-12h40 - Swamp (Shamash)

Serpents Oath, groupe belge, est venu présenter son black metal enlevé et puissant qui n’est pas sans rappeler une certaine école suédoise. Lorgnant en effet sur de grands noms comme Dark Funeral ou Marduk, les Belges ne sont pas venus pour plaisanter, comme en atteste l'imposant décorum à connotation satanique. Le son est bon et les morceaux de qualité. Les mélodies et les blasts s’enchainent facilement et il faut reconnaitre que si la formation est jeune, le groupe a été formé en 2020, elle entend brûler quelques étapes. Deux albums et un troisième à sortir, des concerts sérieux, nul doute que cette formation est appelée à se faire rapidement un nom dans le metal extrême européen.

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MY DILIGENCE - 12h40-13h20 - Helldorado (MFF)

On passe une tête prendre connaissance du stoner tendance sludge délivré par un trio un peu statique mais impliqué. Alternant les tempos écrasants, majoritaires, et les allures alertes, les screams plaintifs et le chant éthéré, les Bruxellois nimbés de bleu offre une variété bienvenue dans un genre qui peut se révéler redoutablement monolithique. On leur en sait gré.

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ARCHSPIRE - 13h10-13h55 - Swamp (Shamash)

Le temps de voir quelques titres de Grave Digger sur la scène principale, dont le heavy cliché ne m’émouvra pas, malgré ( à cause de ?) la cornemuse, il faut déjà retourner sous la Swamp pour voir Archspire. Je ne suis pas un grand fan des Canadiens, mais j’étais curieux de les voir sur scène. Leur death technique est bien exécuté. Les qualités des musiciens sont évidentes. Les vocaux, très rapides, l’une des particularités de la troupe de Vancouver, sont reproduits avec une facilité déconcertante. Je ne serai toujours pas totalement convaincu par l’ensemble, mais il faudrait faire preuve d’une sacrée mauvaise foi pour ne pas comprendre le succès du quintet, qui s’amuse avec le public (je sais, ce ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée), en proposant une partie de Twister pendant leur concert.

PSYCHONAUT - 13h50-14h35 - Helldorado (MFF)

Psychonaut était venu à l’Alcatraz 2019 faire connaître son premier LP, le trio revient quatre ans plus tard défendre le suivant. Jouant devant un volumineux parterre de fans, les Anversois envoûtent en faisant déferler de hautes lames métalliques vibrant de chant saturé entre deux accalmies soulignées par les claires vocalises entremêlées du guitariste chevelu Stefan de Graef et du bassiste moustachu Thomas Michiels. Le troisième larron, Harm Peters, frappe son instrument comme si sa vie en dépendait, alimentant une transe qui gagne l’assistance. Celle-ci, à la joie manifeste des musiciens, entame la mélodie du dernier morceau avant même que celui-ci ne commence. Un moment de communion qui en appelle d’autres.

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GAUPA - 15h05-15h55 - Helldorado (MFF)

Évoluant devant un backdrop violet et félin, Gaupa déroule un stoner tendance psyché. Des guitares dégoulinant de fuzz tressent un écrin dense aux modulations d’Emma Näslund, qui à l’instar de la plupart de ses consœurs présentes au festival, montre de quel bois elle se chauffe à l’occasion de séquences puissantes qui gomment les inflexions björkiennes développées sur album. Profitant de ses temps de pause vocale, la Suédoise aux pieds nus se lance dans des chorégraphies énergiques tandis que ses complices bougent à peine le haut du corps. Quelques accélérations viennent perturber le ressassement saturé et enrichissent une agréable rêverie.

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GATECREEPER - 15h50-16h40 - Swamp (Shamash)

Gatecreeper vient ensuite présenter son death metal ultra basique, qui n’a pas oublié de piocher son inspiration chez les grands pontes Suédois, Entombed notamment. Alors, il me faut bien avouer que sur album, je suis assez indifférent à la musique des États-Uniens, autant en live, le gros son dont ils disposent fait toute la différence. Les passages les plus lourds, qui évoquent Bolt Thrower, écrasent le public venu en nombre. Deserted, leur dernier album en date est représenté par cinq titres, avec les plaisants "Barbaric Pleasures" et "Ruthless". Le concert m’a donc donné envie de redonner sa chance à ces chantres de la tradition. Une bonne surprise que ce live.

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CELESTE - 16h25-17h15 - Helldorado (MFF)

Les amateurs de parenthèses sont aux anges, leur groupe préféré joue cette après-midi. Blague à part (cf le titre des albums pour avoir la réf), Celeste, seconde formation française à se produire ce weekend à Courtrai, envoie son blackened sludge romantique et désespéré (cf les titres des chansons pour avoir la ref, vu qu’il est compliqué de distinguer les paroles hurlées par Johan Girardeau, d’autant que ce dernier est sous mixé). Alternant décharges furieuses et accalmies trompeuses, les Lyonnais compensent leur statisme par une implication palpable, bénéficiant par ailleurs d’un superbe jeu de lumières. Le sentiment d’uniformité engendré par le déferlement de morceaux similaires laisse peu à peu la place à une sorte de transe intérieure, une harmonie céleste, finalement (et pour finir sur une double parenthèse : alerte, batteur à grimaces (cf le compte-rendu du set de Vicious Rumours) !).

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DYING FETUS - 17h15-18h05 - Swamp (Shamash)

Après la bonne mise en jambe offerte par Gatecreeper, je m’avance au plus près pour l’un des groupes que j’attends avec impatience cette année. Dying Fetus sur une affiche, c’est toujours l’assurance d’un bon moment. Car, peu importe le lieu, le nombre de spectateurs, le trio se donne toujours à fond et offre ce que l’on attend de lui;: une grosse dose de violence propice à générer une ambiance bagarre. John Gallagher incite d’ailleurs le public à se lâcher, haranguant la foule pour qu’elle s’adonne à moult circle pits et mosh pits. Sans se faire prier, les amateurs de brutalité rendent la fosse extrêmement violente. Il faut dire que la setlist, composée de grands classiques, "Grotesque Impalement" Ou "Praise the Lord (Opium of the Masses)" et de morceaux récents "Compulsion for Cruelty" et "Unbridled Fury" à de quoi donner envie d’en découdre. L’enchaînement initial "One Shoot, One Kill" - "Subjected to a Beating" avait déjà exposé les intentions du trio. À tel point que le concert devra être interrompu à la suite de la mauvaise réception d’un membre du public, resté au sol quelques minutes. On le savait, Dying Fetus est un groupe terrible, encore plus en live. Brutal et jouissif, tout simplement.

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ELDER - 17h50-18h45 - Helldorado (Tabris)

Une musique que je n'avais plus écoutée depuis fort longtemps mais dont la seule évocation aura suffi à conduire mes pas vers la scène sans une once d'hésitation, l'esprit avide de retrouver les lointaines rêveries hypnotiques que Lore avait déclenchées en son temps. Comme pour satisfaire à ce souhait silencieux, c'est "Compendium" qui introduit l'offrande de ce jour. Le paysage sonore, un stoner doom progressif de grande classe, se dresse immédiatement tel un mirage coloré et s'anime de vagues phoniques aussi gracieuses que puissantes. Le décors onirique ainsi posé, Elder en appelle à "Catastasis", issu du très justement nommé Innate Passage, pour nous conduire d'une main assurée plus avant dans son univers. Si Elder a été loué pour la pureté de ses mélodies, ce n'est pas par flagornerie : la chose est éclatante en live. Ce second morceau se déploie avec une grâce si désarmante qu'il n'est plus qu'à fermer les yeux et se laisser pleinement gagner par son mirage. Il est aisé dès lors, suivant l'emprise hypnotique croissante des nappes d'"Halcyon", de se lover dans une myriade de rêveries et d'abstractions colorées. De s'y aventurer plus encore, voire de s'y abandonner, à la faveur de "Sanctuary", à mon humble avis le point d' « éveil » de ce voyage musical, tant il est la démonstration poignante d'une magie phonique à l’œuvre. Sensation adroitement maintenue en tension tout du long de "Gemini", auquel je ne reproche qu'une chose, d'être la fin de ce set, la clôture d'un voyage hors sol que j'aurais volontiers prolongé.

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DEICIDE - 20h30-21h30 - Swamp (Shamash)

Repos quelques instants, pour retrouver mes camarades Éternels, avant de retrouver un autre géant du death. Deicide est de retour à l’Alcatraz, après la déception de 2019. Les problèmes de son, notamment concernant le chant avaient frustré nombre de présents. En 2023, les États-Uniens sont venus pour célébrer comme il se doit les trente ans de Legion, son deuxième album. C’est donc avec une certaine appréhension que je vois débouler le quatuor sur scène, après l’intro de "Satan Spawn, the Caco-Daemon". Cette dernière sera rapidement effacée par la puissance dont fait preuve le groupe. Le chant de Benton, certes plus grave que sur disque, est bon. Rien à voir avec la prestation d’il y a quatre ans. Legion sera joué en intégralité et c’est donc avec joie que je me délecte de ces huit titres historiques. "Repent To Die", "Dead But Dreaming", "Holy Deception"… Un réel plaisir de les entendre aussi bien exécutés après tant d’années. Après ces vingt-neuf minutes, Benton et ses comparses, dont le nouveau guitariste, Taylor Nordberg, ont eu la bonne idée d’ajouter des tueries de leurs autres albums. "When Satan Rules His World", "They Are the Children of the Underworld", "Dead By Dawn"… N’en jetez plus. La leçon magistrale de death auquel nous assistons durant une heure est l’un des grands moments du festival.

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BRUTUS - 21h00-22h00 - Helldorado (MFF)

Une foule compacte attend avec ferveur l’une des sensations du moment, originaire des environs qui plus est. Mais à voir les réactions de certains membres de l’assistance, il est évident que le trio de Louvain attire du monde davantage sur sa musique que sur la hype qui l’accompagne. Le rock sombre, énergique et romantique qu’il déploie gagne en consistance sur scène, les inflexions éperdues de Stefanie Mannaerts arrachant des larmes à des spectateurs ayant l’âge d’être les parents de la batteuse de formation. Celle-ci punit son kit comme pour se soulager d’un trop plein d’émotions, qu’elle et ses acolytes font passer dans la fosse, d’où émergent des enfants portés à bout de bras. Tout le monde n'est pas obligatoirement touché par l’enchaînement de ces suppliques homogènes, mais il est évident que Brutus a ce « quelque chose » qui en fait une formation particulière. Et en plus, le light show est superbe.

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RUSSIAN CIRCLES - 22h40-23h40 - Helldorado (Shamash)

Difficile de se remettre de telles prestations. Je vais donc écouter sagement un titre de Bloodbath qui ne parviendra pas à me retenir, avant de rejoindre la Helldorado pour voir Russian Circles. Le trio de post rock metal a sorti en 2022 un disque assez puissant, qu’il défendra avec trois titres, dont le lourd "Conduit" et le plus aérien "Gnosis". S’ajoute l’excellent "Harper Lewis", ou encore "Quatered". La setlist est somme toute bien choisie et permet de rentrer dans l’univers hypnotique du trio. Malgré la fatigue, c’est avec plaisir que j’ai entendu ce groupe, que je verrais bien dans une ambiance plus intimiste.

HOLY MOSES - 23h45 -00h45 - La Morgue (Shamash)

L’accumulation de la fatigue commence sérieusement à se faire sentir et s’est donc avec le début du concert d’Holy Moses que je vais clore ces trois jours intenses de festival. Du speed thrash allemand en guise de clap de fin, pourquoi pas ? Malheureusement, Sabina Classen, qui se démène et court dans tous les sens malgré son âge vénérable, ne parvient pas à me persuader. Je me résous donc à quitter les lieux, après quelques morceaux, allant m’écrouler dans ma tente, au son, trop fort, d’Electric Callboy.

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Un décorum de plus en plus fourni, une organisation remarquable, une propreté qui l’est toute autant, quelques animations sympathiques – les cracheurs de feu, humains et mécaniques, restent une valeur sûre – des frites toujours aussi bonnes : en dépit de tarifs salés sur quelques stands de nourriture et l’absence de gros noms enthousiasmants (question de point de vue toutefois), l’édition 2023 de l’Alcatraz a été un indéniable succès. Les concerts ? Excellents pour l'immense majorité, dopés par un public réactif et passionné. La « kermesse géante » a été une régalade à laquelle on est impatient de retourner. Surtout quand on voit les noms déjà annoncés pour l'édition 2024...

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