Baden in Blut 2023


Baden in Blut

UN REPORTAGE DE...




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Jour 1 : 21 juillet 2023

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Jour 1 :21 juillet 2023



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Le souvenir délicieux de l’édition 2022 du Baden In Blut étant encore vivace, l’envie de remettre les pieds sur la pelouse de Weil am Rhein s’est faite sentir à mesure qu’était dévoilée l’affiche 2023, particulièrement celle de sa première journée faisant l’objet du présent compte-rendu. On est en Allemagne, entre Suisse et Alsace, le climat est idéal contrairement à l’année précédente et la file d’attente à cinq minutes du premier riff laisse supposer que la jauge de ce modeste mais robuste festival sera au max.

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Le riff, ce n’est pas ce qui manque chez THE PROPHECY23 (15h30), gang teuton chargé d’ouvrir les hostilités. « Teuton », oui, c’est à dire que ça ne fait pas dans la finesse. Au programme, du thrash rétro – années quatre-vingt, évidemment - qui se veut une réminiscence de la tendance skate (Suicidal Tendencies, et, euh, c’est tout). Sauf qu’on a un peu de mal à y croire – les bedaines sont là mais il manque quelques bandanas et pas mal d’accélérations salvatrices. Le seul véritable titre rapide déclenche le premier circle pit de la journée, auquel ont participé quelques barbiegoths encore plus émaciées que le récent vainqueur du Tour de France. Petite originalité pour le style pratiqué, la présence d’un growleur relayant les inflexions punkisantes de son camarade également en charge de la guitare - sympa, mais le duo reste en deçà du niveau d’énergie dégagée par leurs homologues de Black Bomb A. Quant aux compos, elles naviguent dans un mid tempo général qui peine à susciter un réel enthousiasme. Le dress code vert fluo est fun mais siérait davantage à des post adolescents qu’à ces solides quadras en perte capillaire. L’audience encore clairsemée réserve cependant un bon accueil aux régionaux de l'étape qui lui auront fait chanter une ultime rengaine une fois les amplis coupés. Pas si mal.

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Quand les vétérans du gothic metal LACRIMAS PROFUNDERE (16h30) s’avancent sur l’unique estrade du festival, on s’attend à subir des pleurnicheries vaguement doom qui avaient valu à la section germanique d’être qualifiée il y a un quart de siècle de sous-Anathema – les gens sont cruels (mais en l’occurrence, il avaient plutôt raison). La réalité est toute autre. Certes, on retrouve un son typique garni de basse et de samples, mais bien dosé, tandis que certains tempos se révèlent assez vifs. Les instrumentistes entament placidement la setlist avant que ne déboule Julian Larre, le chanteur. Sourire carnassier, évoquant visuellement ce que serait le fils caché de Klaus Meine s’il avait été élevé par la Famille Addams, le jeune homme tombe rapidement d’incongrues lunettes de soleil à gros carreaux, dévoilant un improbable maquillage carmin. Du genre expansif, le titulaire du micro parcourt la scène de long en large avant de descendre jusqu’aux barrières, qu’il finira par franchir pour s’offrir une plongée dans le public tout en assurant les vocaux entre graves so gothic et hurlements à faire sauter les bouchons d’oreille. Certaines fans entrent en transe pendant que défilent des morceaux plus percutants dans l’ensemble que sur album. Les autres musiciens, dont Oliver Nikolas Schmid, seul membre fondateur encore présent à la guitare et l’ex-Freedom Call Ilker Ersin à la cinq-câbles, assurent tranquillement le job, sans excès de décontraction mais en grande partie éclipsés par l’exubérant frontman. Une excellente surprise et un mauvais a priori qui tombe.

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Des frites trop grasses et une excellente bière sans alcool plus tard, déboulent SAOR (17h41) et son folk metal option black atmosphérique. Encore une ambiance mais aussi une restitution sonore différentes. Batterie (jaune fluo) sur-mixée, grésillements accentués dans les aigus : le rendu est un peu confus, mais le style pratiqué s’accommode de cet aspect roots. Tout de noir vêtus, les membres de la troupe d’origine écossaise sont emmenés par un Andy Marshall décidément inapte au sourire, en opposition avec son jeune batteur, le Genevois Dylan Watson, par ailleurs en poste chez les confrères de Cân Bardd, hilare du début à la fin. À défaut d’être un interprète transcendant – vocaux rugueux et étriqués, les trois mêmes notes égrenées sur la corde la plus grave de sa basse – l’ombrageux meneur sait bien s’entourer. Outre un guitariste doué pour les solos épiques - Kevin Storm (Heretoir, ex-Heidevolk) – l’ombrageux Highlander a troqué l’excellent Lambert Segura au violon avec une accorte et dynamique jeune femme qui ne lâche sa flûte – parfaitement audible – que pour faire résonner une espèce de cornemuse de poche et assurer les chœurs. Ella Zlotos, c’est son nom, dissimule sa nationalité allemande en jouant à fond la carte de la sensualité celtique (chevelure rousse de rigueur) et fait le show à elle toute seule tout en contribuant à la bonne tenue d’un concert qui a nettement gagné en ferveur à compter de "Tears of a Nation" - fans en transe derechef. Une certaine uniformité n’aura pas remis en cause la bonne tenue générale du collectif durant la petite heure qui lui a été attribué.

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Nouveau changement de décor avec les très énervés BENIGHTED (18h55). Quant on vient de Saint-Étienne, on a forcément la rage et ça se ressent dans la musique ultra dense du quatuor, bien connu des amateurs de death grind – les mecs sont dans le bizgo depuis deux décennies bien joufflues. Les mandales sonores – un aller-retour et basta – se succèdent à une allure effrénée, sous l’impulsion d’un Kévin Paradis impressionnant de calme et de célérité derrière sa batterie. Alors oui, le schéma est un peu toujours le même, avec la nécessaire accalmie au mitan avant l’accélération dévastatrice en point d’orgue. Mais la recette est imparable pour qui souhaite se laisser embarquer dans cette débauche d’agressions consenties. Des circles pits se forment et, fait rare au tranquille Baden In Blut, des individus circulent sur les paluches. Ceux-là sont de toute évidence sensibles aux exhortations de Julien Truchan, époustouflant virtuose qui alterne sans effort apparent growls d’outre tombe, vocalises écorchées et cris de suidés - fameux « gruiiiiiiiks ». Le contraste est amusant entre les trucs à peine humains qu’il extirpe de son larynx et son look à la cool, pieds nus et tenue de pro du barbecue, rehaussé d’un large sourire arboré entre chaque titre, tel un animateur de colonie de vacances annonçant une sortie baignade à des gamins surexcités. Pas besoin d’être méchant pour être violent.

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Plus austères aussi bien musicalement que dans leur apparats vestimentaires, les quatre membres de SAMAEL (20h15) prennent possession des planches alors que Phébus darde ses derniers rayons. Le soleil est noir chez les Helvètes, qui déploient un large éventail des différentes incarnations de Samael à partir de Ceremony of the Opposites, le troisième album de 1994 dont est extrait notamment l’annoncé et attendu "Son of Earth". Les compatriotes de TG Warrior lâcheront un peu plus tard "Solar Soul" et son refrain entêtant. À l’instar de Lacrimas Profundere, Samael balance un flux continu de samples qui enrichissent la pâte sonore sans la dénaturer. Car l’ensemble reste foncièrement âpre, que ce soit les vocaux du shamanique Vorph ou le flux des guitares que ce dernier manie en compagnie de Drop, rescapé souriant des hordes dissoutes Rain et Sybreed. La performance, intense et robuste, a conquis l’assistance.

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Celle-ci a rendez-vous pour une dernière danse avec les introspections de KATATONIA (21h45), tête d’affiche en remplacement de Paradise Lost qui a renoncé début juin à sa participation pour raisons médicales. Les fans de la première heure n’auront pas droit à une gigue avec les « Âmes de Décembre », cela fait bien longtemps que les Suédois ont abandonné leur doom metal originel. Le répertoire se concentre sur les albums les plus récents, dont le référentiel The Great Cold Distance (qui commence à dater un peu, ceci dit) et surtout le dernier paru, Sky Void of Stars, paru au début de l’année (rien de Discouraged Ones). Hélas, suite à un dysfonctionnement, semble-t-il de la machine à samples, les Scandinaves doivent s’y reprendre à trois fois pour lancer leur set, après plus de dix minutes d’attente.

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Devant finir à l’heure prévue sous la pupille vigilante de l’organisation, le quartet a donc du écourter son récital. Un peu frustrant pour les aficionados mais le travail est effectué avec sérieux, en dépit des intermèdes pince-sans rire de Renkse, plus rude vocalement que sur album au point de nasiller sur certains passages. Le guitariste Roger Öjersson, en l'absence du vieux compagnon de route Anders Nyström alias Blackheim, le double sur tous les refrains, signature du groupe un brin systématique mais qui contribue de manière déterminante à la mélancolie particulière que celui-ci distille, même si ses effets sont quelque peu contrariés par des aigus saturés. Néanmoins, l’accueil est chaleureux, comme quoi la tristesse peut être source de réjouissance – les membres de la bande de Halifax citée plus haut ne diraient certainement pas le contraire.


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Se déroulant dans de très bonnes conditions – météo et organisation - la première journée du dix-septième Baden In Blut a donné dans un éclectisme plaisant. Dégageant autant d’atmosphères que d’escouades chauffant les planches, les solides prestations ont ravi une foule bigarrée, à la fois décontractée et fervente. Un bien chouette festival, décidément.

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Crédits photos : Merci Foule Fête et Tabris

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