Baden in Blut 2022


Baden in Blut

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 22 juillet 2022
Jour 2 : 23 juillet 2022

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Jour 1 :22 juillet 2022



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Le Baden in Blut qu'est-ce que c'est ? Un festival se tenant sur deux jours aux confins de l'Allemagne, de la Suisse et de la France, à quelques hectomètres de Bâle. Une seule estrade pour une jauge de deux mille personnes environ, en grosse majorité venues des proches alentours. Loin des grands raouts estivaux, l'événement se veut familial et sans chichis. Posé dans un parc coincé entre une gare de triage et une zone industrielle, le Baden in Blut propose – ô privilège – un parking attenant. Et surtout une bien sympathique affiche pour cette édition 2020 deux fois reportée pour laquelle les groupes prévus ont presque tous maintenu leur participation.

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TOWARD THE THRONE (15h30) : basés à Mulhouse, les lauréats du tremplin organisé par le festival n'ont guère eu de route à faire pour se rendre sur les lieux qu'ils inaugurent avec ce que les tauliers du label Holy Records auraient certainement qualifié d'« atmospheric doom death ». Des bougies encadrant des portraits d'enfants et de vieilles personnes, des éditions reliées de Jules Verne et un crâne : bien qu'il aurait eu plus d'impact dans la pénombre d'un club, le décorum gothique renforce l'atmosphère old-school dégagée par le quatuor, qui ne force pas outre mesure sur les samples et présente des compositions bien charpentées. Le bassiste chanteur growle avec conviction tandis que ses camarades gratteux tirent tour à tour leur épingle du jeu. La mise en scène est un peu chiche et la timidité palpable, mais les Haut-Rhinois, qui défendent essentiellement leur premier album, assurent jusqu'au bout et lancent de belle manière ce seizième Baden in Blut.

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Les Lyonnais de DESTINITY (16h20) qui succèdent aux Alsaciens ont davantage de bouteille que ces derniers – vingt-cinq ans d'existence et plusieurs albums à leur actif, dont un sorti en 2021 suite à la réactivation du collectif. Celui-ci assène un death mélodique qui ne porte pas les germes de la révolution mais peut amorcer une émeute compte tenu de l'énergie déployée – premier pogo (à quatre) de la journée, c'est un début. L'excellent soliste contribue à la bonne tenue du set alors que l'homme au micro, qui évoque physiquement un mélange entre Snake de Voivod et son ex-acolyte Jason Newsted, déambule avec assurance en multipliant les « are you ready my friends? » auprès de l'assistance, qui gonfle à mesure que l'horaire avance. Du bon boulot.

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L'intensité monte encore d'un cran avec l'entrée en scène de BODYFARM (17h20). Du death vintage, encore, mais tendance punk qui secoue la couenne. Frappée durement par le sort – le décès à trente-et-un an de Thomas Wouters, l'un de ses fondateurs, en 2019 – la formation batave ne montre nul signe d'abattement et envoie brûlots sur brûlots, notamment un "Prince of Wallachia" « blacky », comme l'a annoncé Ralph de Boer, le très compétent grogneur bassiste dont les intonations ne sont pas sans rappeler parfois celles de Nick Holmes de Paradise Lost. Les deux guitaristes ne sont pas en reste et riffent à la dure, sans se départir d'un certain sens du groove qui fait toute la différence. La température monte dans le public, un membre de la sécurité arrose les premiers rangs. Il y aura de nombreuses autres interventions du même genre mais pour cette première fois, le soleil n'aura pas été le seul à chauffer le climat. Le gros taquet de la journée.

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Les types louches de DESASTER (18h30) quant à eux plongent franchement leur thrash dans le black, adoptant un son grésillant dans des aigus caractéristiques. Le titre d'ouverture fait songer d'ailleurs fortement au classique "Black Metal" de Venom. Un son en manque de dynamisme renforce l'aspect linéaire de compositions rarement accrocheuses, pas franchement valorisées par une six-cordes qui tend dangereusement vers la fausseté. Mais les vétérans germaniques, plus de trois décennies au compteur, compensent en partie ces difficultés par une présence scénique qui suscitent l'indulgence, entre les mimiques de l'impayable guitariste dégarni et de son compère maquillé derrière sa basse, les ricanements intempestifs façon pirate d'Hollywood du chanteur et les arrivées successives d'une fillette de huit ans environ et d'un garçon du même âge que l'on a chargés d'agiter un drapeau à la gloire du fan club de la section de Coblence. Et puis on peut pardonner beaucoup de choses à des individus qui terminent leur set par une reprise de "Speak English or Die".

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Premier des deux gros morceaux de la soirée, ROTTING CHRIST (20h15) débarque sur scène avec une vingtaine de minutes de retard sur l'horaire prévu, sans que les Hellènes ne soient à blâmer par ailleurs. Ces derniers vont dérouler une prestation de qualité, comme à leur habitude, sans changer grand chose à leur show bien rôdé. Très expressifs et haranguant l'audience sans relâche, les pionniers du black metal grec alignent hymnes martiaux et psaumes emphatiques, déclenchant un circle pit à l'occasion de "Societas Satanas", le titre le plus enlevé de la setlist. Un son costaud, une exécution au millimètre et un Sakis toujours aussi impliqué : tout s'est déroulé comme prévu, ou presque, puisque les effets pyrotechniques n'étaient pas de mise cette fois-ci, malgré un crépuscule propice.

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En revanche, s'il y a bien une formation qui ne lésine pas sur les fumigènes et autres jets de flamme, c'est bien DESTRUCTION (21h55). À croire que les Teutons ont mis la main sur un stock inutilisé de fusées du 14 juillet tellement ça pète de partout, au point qu'on ne distingue quasiment pas les musiciens, nimbés de surcroît d'une farandole de lumières épileptiques rehaussant le climat dantesque qui s'est installé sur les planches. Néanmoins, l'écran de fumée ne parvient pas à masquer le manque de variété du speed thrash des vétérans qui bourrinent gentiment sans trop se poser de question.


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On laisse Schmier communier avec « son » public de Weil am Rhein, ville dans laquelle Destruction a ses origines, pendant que tombent les premières gouttes annonciatrices d'une drache nocturne et bienvenue.


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