CHRONIQUE PAR ...

109
S1phonique
le 17 février 2014




SETLIST

Intro/ (Bram Stoker's Dracula - The Beginning)
I, Reptile 
The Man You're Not 
The Nightfall and All Its Mistakes 
Black Smokers (752° Farenheit) 
When Winter... 
The Great Wonder 
The Fall of Men 
Degree Zero 
It's All About Time 
Yes We Die 
Kiss Me Kraken 
Maniak Intermission
(The Things Apart)
The Things Within 
The White Guy (and the Black Ceremony)

AFFILIÉ

Dagoba
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2014)
Paris - Nouveau Casino
(04 28 2006)
Paris - Trabendo
(12 septembre 2008)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2009)
Paris - La Maroquinerie
(20 décembre 2010)

12 février 2014 - Paris - Bataclan


Dagoba_Paris_-_Bataclan_20140212

2013 aura permis à Dagoba de faire taire pas mal de critiques. Depuis le départ de Izakar, la sortie de  l'excellent Post Mortem Nihil Est, et la très récente tournée US, on peut dire que la date parisienne annoncée depuis près de huit mois et servie par des premières parties de classe impatientait tout le monde. Compte rendu d'une belle soirée.

Faute de parvenir dans les temps pour Hacride et n'ayant pas porté une oreille suffisamment attentive aux Guests du soir, il est difficile de détailler précisément les set de Gorod et Aborted. Toutefois, il faut souligner la bonne humeur communicative des groupes, d'abord des Bordelais, puis des Flamants, probablement aidés et accompagnés par un public déjà complètement monté sur ressort et prêt à tout casser ou à sauter partout au moindre « Gruik gruik » ou riff disto-death volume 69. C'est ainsi qu'après avoir vu le chanteur de Gorod littéralement s'allonger sur le public pour une photo souvenir ou une invasion de bonne humeur et de metal'head sur la scène de Aborted en fin de set, que la salle se rallume pour laisser place à la danse technique des roadies qui sentent bien qu'il ne va pas falloir traîner et se dépêcher, non seulement pour tenir l'horaire, mais aussi car le pit fait déjà office de chaudron où la moindre chute serait fatale (rien que ça!), puisque le Bataclan s'est maintenant bien rempli. Les Marseillais sont à présent attendus.
Un bémol: pour un concert annoncé « sold-out » il est surprenant de constater que les tribunes à gauche et droite de la fosse sont fermées par de grands rideaux noirs et que le balcon est toute bonnement inaccessible. A se demander si « sold-out » n'est pas créé du fait du nombre de vente ou si cela est une volonté des organisateurs afin d'assurer une vraie belle fosse aux crasseux et se quasi garantir une ambiance en adéquation avec la musique des mecs du 13. Avec la musique de Dracula, les lumières s'éteignent et laissent part aux douches lumineuses et ambiantes de circonstance. Costanza débarque et les hurlements étouffent la musique (à faire pâlir son leader Shawter). "I, Reptile" se propose d'ouvrir le concert. A partir de cet instant la fosse va entrer dans une espèce de folie généralisée, qui ne cessera finalement qu'avec les dernières petites disputes pour savoir qui des deux gars ayant attrapé la même baguette pourra la garder (et ça discute...mais ça discute...Comme sur le vieux port peuchère!). Le son est, plutôt, bon malgré un volume toujours exagéré à mon sens.

Pour les personnes suivant le groupe, on sait déjà que la setlist ne risque pas de comporter des surprises par rapport à la tournée globale et aux précédentes dates. Cela semble de toutes façons ne pas être important pour le public qui gueule aussi fort que Shawter qui montrera quelques difficultés dans les chants clairs mais largement porté par le public sur ces refrains. L'ambiance est incroyable, comme si le groupe venait pour la première fois jouer dans la capitale alors que celui ci fait régulièrement escale en première partie ou en tête d'affiche. Les stage divings et pogos des précédents groupes font maintenant pâle figure durant le set des Marseillais puisqu'il pleut des personnes de tout âge et de tout sexe en cette soirée de Février. Le technicien du soir aura vite arrêté de vouloir chasser les slammeurs de la scène qui finalement n'y restent jamais bien longtemps. Une preuve supplémentaire pour montrer que le public, malgré la tonicité et l’énergie déployées, parvient à s'auto gérer sans déplorer, hormis quelques hématomes, des blessures graves  qui font la joie des anti-slam sur les concerts de ce type.

Les quatre Toto de Dagoba ont en tout cas l'air de prendre du plaisir et malgré quelques difficultés sur les parties chants évoquées ci dessus (mais aussi les cœurs hurleurs trop déchirés pour être juste) la partie instrument est par contre ENORME. Le groove est bien restitué, et si aujourd'hui il est peu discuté de l’incroyable niveau de Costanza
, Werther et Z ne doivent pas être oubliés car proposent, tant sur les anciens morceaux devenus standards que sur les nouveaux, une interprétation forte et puissante. Tous les blablas des discussions relatives à la production des albums sont relayés directement au sanibroyeur à l'écoute des titre Live. Les imperfections de jeu donnent  finalement aux compositions une force et une énergie au service de leur musicalité. Les wall of death sauvages et les monstrueux circle pit défoulent le public qui a bien reçu ce qu'il était venu chercher. Un court rappel et une traditionnelle photo dos public termineront une soirée sympathique que même Stéphane Buriez posté au bar a dû apprécier en connaisseur.


Dagoba, avec cette tournée, participe à son niveau à démontrer que les Français n'ont absolument pas besoin de trouver l'herbe du voisin frontalier ou outre mer plus verte que celle de la prairie tricolore. Le concert proposé ce soir, non seulement par la tête d'affiche, mais également par ces openers, fut tout bonnement génial. On ressort fatigués mais le sourire au lèvre. L’impression réussie d'avoir participé à l'un des meilleurs concerts parisien du groupe régulièrement en visite. Impression reçue surtout grâce à un public très énergique et communicatif. Vivement le prochain.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2