CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 31 juillet 2017




SETLIST

Crooked
Dispatched
Piles
Bleak
Codes
Shake
Clot
Red
Barricade
Tear Gas
Massacre (Bathory cover)
Strength Beyond Strength (Pantera cover)

AFFILIÉ

18 juin 2017 - Hellfest


Scour_Hellfest_20170618

Le Hellfest aime Phil Anselmo et Phil Anselmo aime le Hellfest, pourrait-on presque graver au couteau sur l’un des petits arbres du Kingdom Of Muscadet. Toujours debout après des années d’excès et un paquet de conneries débitées, toujours motivé par la musique malgré un tas de projets allant de l’exceptionnel (Down) au plus anecdotique (Phil Anselmo And The Illegals) en passant par le très bon (Superjoint Ritual ou encore son label Housecore Records), l’ex-frontman de Pantera était à nouveau présent en terres clissonnaises. Et cette fois-ci, c’est avec Scour. Qu’est-ce donc ?

Eh bien sachez, plébéiens, que Scour n'est rien de moins qu’un excellent combo brutal-black metal monté l’an dernier (ou plutôt, fin 2015, mais l’EP est sorti en 2016) par le père Anselmo avec des gars de Cattle Decapitation, Misery Index, Decrepit Birth, Pig Destroyer, Animosity… Euh, oui, c’est ce qu’on appelle effectivement « un putain de line up de all-star des musiques extrêmes ». Et toute cette surpuissance va lourdement se ressentir dans la prestation, qui sera ultra massive, sans doute une des plus violentes et denses de tout le festival. Dans une grande décontraction, le combo surgit devant une foule compacte et sous les acclamations d’une Temple quasi pleine, consciente que ce n’est pas forcément demain la veille qu’on reverra le groupe par ici. Une forme de curiosité régnait également sur ce qu’allait bien pouvoir être la setlist, Scour ne disposant aujourd’hui que d’un unique EP de cinq titres, d’une durée de quinze minutes, l’éponyme Scour, que le groupe appelle lui-même Grey EP. Démarrant les hostilités par l’abrutissante "Crooked", on remarque le petit cahier d’Anselmo, et on comprend vite qu’il ne connaît pas tout à fait les paroles par cœur [ndlr : ça lui fait un point commun avec Bernie Bonvoisin - c'est beau ce rapprochement des générations]. À sa décharge, le groupe n’avait quasiment joué aucun concert avant cette date, et les lyrics eux-mêmes sont des plus cryptiques. Néanmoins, il en joue avec humour et expérience, balançant dans le public chaque page déchirée sitôt le morceau achevé, et de manière générale, s’en sort à merveille [ndlr : ah non, finalement, le point commun avec Bernie n'est pas validé].
Déconnant entre les morceaux, le ladre assure ses parties vocales comme un prince, notamment parce qu’il semble aminci, en bien meilleure santé que lors de ses précédents passages, et surtout… étonnamment sobre. Cela s’en ressent sur sa performance vocale, assez hallucinante de profondeur et de brutalité. Phil Anselmo ne chante peut-être plus (ou plutôt, on a pas forcément envie d’entendre ce que ça donnerait), mais putain, quand il s’agit de growl, il est devenu une véritable référence. Le reste du groupe assure malgré la vélocité et la fracassante densité des compositions, rien de plus normal - rappelons qu’on n’a pas vraiment à faire à de jeunes trous du cul, et d’ailleurs parlons en justement, des compositions et de la setlist. Le groupe joue évidemment l’EP Grey en entier, notamment la jouissive "Tear Gas" et son break totalement dévastateur, un des tous meilleurs de ces dernières années, mais aussi "Clot", "Codes", et l’impitoyable "Dispatched" (qui s’achève elle aussi sur un final absolument brise-nuque, l'une des marques de fabrique du groupe à n’en pas douter). Pour le reste, et bien ce ne sera que du bonheur puisque le groupe va jouer pas moins de cinq nouveaux titres, lesquels annoncent un nouvel EP aussi génial que le précédent : "Piles", "Bleak", "Barricades", "Shake" et "Red" fracassent tout, adoptant eux aussi un ton brutal black direct et accrocheur au possible. Et en guise de final, deux reprises. La première, assez anecdotique sauf pour les mégafans de black-metal séminal ("Massacre" de Bathory, sauf erreur), mais surtout, une pu-tain de reprise incroyable de "Strenght Beyond Strenght" (oui oui, le premier morceau de Far Beyond Driven, aka le meilleur Pantera). La Temple est alors comme prise de folie malgré la chaleur débilitante, et le concert s’achève dans un énorme pit dont la poussière masquera presque totalement la scène. Un joli petit triomphe pas forcément attendu.


In fine, on aura eu droit à un très brutal mais aussi très réussi concert, une sorte de jugement expéditif terminant en exécution barbare et sommaire, qui a permis à tous ceux qui y étaient de ne pas regretter d’avoir loupé Prophets Of Rage. D’autant plus que, ayant fini quelques minutes plus tôt que prévu, on pourra profiter pleinement de "Bulls On Parade" et de "Killing In The Name Of" en sortant de la tente, puisque POR finissait son set de l’autre côté du fest. Parfait timing, merci Scour. Espérons pouvoir rapidement les revoir en salle, dans des conditions optimales.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3