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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mars 2015
Sa note : 13/20

LINE UP

-Cyril Peglion
(chant+guitare)

-Niko "Beleg" Le Bellec
(guitare)

-Guillaume Rossard
(basse)

-Olivier Chéné
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro
2) Watch Us Dying
3) Rise and Never Fall
4) Face in a Mirror
5) Dreams Are Dead
6) Inside the Crowd
7) Dreams End All Days
8) Suffering for an Answer
9) A Scar in Our Mind
10) Days End All Dreams

DISCOGRAPHIE


Arcania - Dreams are dead
(2014) - thrash metal - Label : Great Dane Records



Slaïdup, Barback, Gherkin Hairy, Headshake, About to Blast, Warmachine : tels des cyclones que l'on aurait, pour une fois, affublés de noms évocateurs, les gangs de la nouvelle vague du metal angevin s'apprêtent à déferler sur la planète. Les traces de la houle précédente ont beau se résumer à l'ondulation de quelques capillaires flattés par le zéphyr, la relève est là, fringante et motivée. En attendant que la réputation de ces jeunes gens franchisse un jour les berges de la Maine, les vieux loups de mer pas si vieux d'Arcania, originaires eux aussi de la cité du Roi René, débarquent avec leur deuxième album... en quinze ans. Plus Hollandais Volant que catamaran de compétition, ce navire éprouvé témoigne d'un périple édifiant dans lequel les « rêves », malgré tout, ont joué leur rôle.

Formé en 1999, Arcania a connu des revers de fortune qui auraient sans doute eu raison de bon nombre d'équipages placés dans les mêmes circonstances. Ainsi, c'est la Camarde en personne qui en 2003 s'est postée sur le bord de la route menant au local de répétition du groupe pour venir cueillir Gabriel, le batteur originel âgé de 16 ans. Du très très lourd, d'entrée. Les deux autres membres fondateurs Cyril Peglion (chant – guitare) et Guillaume Rossard (basse) décident néanmoins de continuer l'aventure. La suite est moins tragique mais les différents changements de personnel n'ont sans doute pas aidé à lancer idéalement un collectif longtemps bloqué en rade, malgré la sortie d'un ep auto-intitulé dès 2005. Il faudra en effet attendre cinq ans pour assister à la parution du premier album intitulé Sweet Angel Dust - les têtes pensantes du quatuor ne cachant pas leur tendance à aimer prendre leur temps. Alors que le vaisseau Arcania donnait l'impression d'avoir enfin trouvé sa vitesse de croisière, c'est le second guitariste Nicolas Alberny qui file fin 2012 chez Gorod, death metalleux bordelais ayant le vent en poupe. Dreams are dead, victime de retards de dernière minute, finit par voir officiellement le jour en mai 2014. Le deuxième lp des résidents du Maine-et-Loire n'a donc pas connu une genèse apaisée, même si la lenteur créative revendiquée par ses auteurs a clairement impacté le délai. Il contribue néanmoins à hisser ces frais trentenaires au rang de grands frères de la scène metal d'Angers aux côtés de Lyzanxia, ce qui mérite un certain respect.
Reste la musique. Bien que biberonnés à Metallica et Testament, les membres fondateurs d'Arcania ne donnent pas dans le revival speed metal des eighties, évitant ainsi les mauvais pastiches trop souvent en vogue dans le style. Le son s'inscrit dans celui d'un thrash ample et froid dont les graves le rapprochent du melodeath suédois, bien en phase avec son époque malgré une production un peu mate. Une sorte de mélange entre Dark Tranquillity sans la voix grincheuse et un Soilwork un peu moins abrasif. En effet, la section du 4-9 n'est pas adepte des coups de tabac scélérats et laisse toujours émerger la mélodie, qui offre un contraste classieux avec une rythmique musclée et l'intensité du chant, ce dernier évoquant un croisement entre James Hetfield après la mue et Chuck Billy avant la sienne. Quant aux compositions, le leader Cyril Peglion, en amateur avoué de Pink Floyd, se plaît à leur donner du volume comme en témoigne l'emblématique instrumental de plus de dix minutes "Dreams End All Days", dont le passage acoustique au mitan laisse place... Au thème initial, déroulé jusqu'à la fin. Point d'évolution harmonique, ni de cassure dans le rythme – on a bien du mal à voir le rapport avec Gojira, groupe auquel la formation ligérienne est fréquemment comparée. Les pistes s'enchaînent sans qu'aucune ne soit réellement marquante, la faute sans doute à une écriture trop scolaire qui les empêche de prendre le large. Le batteur, dont on ne serait pas étonné d'apprendre qu'il présidât le fan club local d'Igor Cavalera (ex-Sepultura), donne ainsi l'impression de suivre plus qu'il n'impulse - ses roulements généreux faisant plus souvent l'effet de simples ponctuations que de relances dynamiques. Il n'y a pourtant rien à redire sur la qualité d'exécution ni sur la facture des morceaux, sans surprise, certes, mais irréprochables.


Le voyage musical bercé par les « Rêves Morts » d'Arcania fait songer à un circuit organisé dans les mers du sud : le bateau est solide, les paysages sont jolis mais les étapes finissent par se ressembler. Cabotant un peu trop près du rivage, la section angevine peine à surprendre, sans pour autant tomber dans la caricature. Toutefois, malgré le déficit d'audace qui l'affadit, ce deuxième album est suffisamment bien interprété pour contenter les amateurs d'un metal à la lisière du progressif qui ne cède jamais à la violence gratuite. Racé et vigoureux, il ne manque plus qu'un peu de hardiesse au thrash d'Arcania pour figurer parmi les têtes de proue du mouvement.

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