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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2015
Sa note : 10/20

LINE UP

-Attila Csihar
(chant)

-Obsidian Claw
(chant+guitare+basse+claviers)

-Wizziac
(basse)

-Vyl
(batterie)

TRACKLIST

1) Cosmic Revelation
2) The Spiritual Relief
3) Dark Divinity
4) The Grand Design
5) Necropolis
6) Universal Core
7) Introspection
8) Epistemology

DISCOGRAPHIE

Armada (2006)
Kolossus (2008)
Reptilian (2010)
Epistemology (2015)

Keep Of Kalessin - Epistemology
(2015) - black metal - Label : Indie Recordings



Parler de Keep of Kalessin quand on est fan de black metal que l'on qualifiera de pur est un exercice relativement difficile pour l'honnêteté intellectuelle. Il faut savoir faire la part des choses et mettre de côté, au moins partiellement, son aversion profonde à la musique ultra mélodique (bien trop en fait) et ce côté bonbon rose qui en dégouline. Voyez cette introduction, elle est elle-même déjà tiraillée de préjugés inaptes à l'objectivité attendue d'une chronique. Mais voyez-vous, il faut savoir se faire violence. Oublions tout et faisons fi.

L'avantage d'avoir plusieurs promo à chroniquer en même temps dans un genre identique, le black metal en l'occurrence, est que ça permet de faire des comparaisons globales très rapides et superficielles sur les styles de chaque groupe. Keep of Kalessin passe immédiatement dans la catégorie facile à écouter. C'est évident dès le début de l'album, Epistemology regorge de mélodies. On note également une volonté réelle ou feinte de vouloir être méchant avec ce blast non feint. Ca tape dur. Pourtant on est vite dérangé ou interloqué ou agréablement surpris selon votre sensibilité par le chant clair permanent apposé dessus. Rappelant Vortex (quelque peu) on se place dans un black metal uuuuultra mélodique. La production est claire comme de l'eau de roche, froide oui, polie à l'extrême sans qu'aucune aspérité ne vienne salir nos oreilles. Oui, oui vous l'avez compris ça pue l'eau-de-rose version black metal.
Choisissez votre camp aurait-il fallu dire en introduction. Si on entend Vortex et donc un peu de Dimmu Borgir, la ressemblance qui marque le plus les oreilles est pourtant Dark Tranquillity. Ce sens aigu de la mélodie, le chant clair maîtrisé et les riffs un peu syncopés rappellent ce grand groupe. Bien évidemment là où Dark Tranquillity nous régale généralement, Keep of Kalessin a tendance à légèrement louper le coche. Les claviers grandiloquents et pompeux en arrière plan veulent donner une force supplémentaire, un côté épique à la musique. C'est globalement réussi mais l'effet reste très facile. Et donc on continue notre déchirement. Faut-il absolument condamner cette avalanche de bons sentiments ou au contraire ravaler notre machisme et admettre notre kiff à l'écoute de ce défilé de malabar ? L'avantage d'écouter du black pur et dur est qu'il permet d'être sans compromis. La réponse est donc un non franc, clair et massif. Ce d'autant plus que les compositions sont longues, ce qui n'aide pas à vouloir entrer de bonne grâce dans l'album.


Il faut donc savoir saquer, apprendre à ne pas aimer et affirmer ses convictions : trop de mélodie abat la mélodie. Si vous êtes un fervent adorateur de ce type d'expression musicale, vous senrez fort aise à l'écoute de Epistemology. Mais tout reste tellement facile, aucune prise de risque ne viendra vous récompenser. Alors oui, tout est très bien fait, mais qu'est-ce que c'est plat !


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