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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 10 novembre 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Devin Townsend
(chant+guitare+claviers+programmation)

-Anneke Van Giersbergen
(chant)

-Dominique Lenore Persi
(chant)

-Dave Young
(guitare+claviers)

-Mike St-Jean
(claviers+programmation)

-Brian Waddell
(basse)

-Ryan Van Poederooyen
(batterie)

TRACKLIST

Disque 1: Sky Blue
1) Rejoice
2) Fallout
3) Midnight Sun
4) A New Reign
5) Universal Flame
6) Warrior 
7) Sky Blue
8) Silent Militia
9) Rain City
10) Forever 
11) Before We Die
12) The Ones Who Love

Disque 2: Dark Matters
1)
2) From Sleep Awake
3) Ziltoidian Empire
4) War Princess
5) Deathray 
6) March Of The Poozers
7) Wandering Eye 
8) Earth
9) Ziltoid Goes Home
10) Through The Wormhole
11) Dimension Z

DISCOGRAPHIE

Ki (2009)
Epicloud (2012)
Z2 (2014)
Transcendence (2016)

(2014) - pop barré metal prog fou avec trois millions de choeurs - Label : Inside Out Music




A la première approche, Z2 est un album de nerd totalement touffu et incompréhensible. On y retrouve pêle-mêle un disque nommé Sky Blue faisant référence à ses œuvres pop à la Addicted ou Epicloud avec en sus Anneke van Giersbergen, l’atout charme, au chant ; et de l’autre un Dark Matters racontant la suite des aventures de Ziltoid The Omniscient, le personnage barré amateur de café du canadien, parsemé d’une palanquée de dialogues et de délires SF à tendance débile avec en prime Dominique Lenore Persi, la chanteuse des Stolen Babies. On respire et on essaye de comprendre, de saisir la logique de ce collage bizarre… C’est pas gagné… Bref, analysons un peu la musique histoire d’y voir plus clair. Attention, ça risque de secouer !

Sky Blue ne posera pas trop de problèmes. On est ici en territoire connu avec la paire Devin Townsend et Anneke van Giesrbergen au chant. Les morceaux sont catchy, faciles d’accès et restent en tête très rapidement à l’image du flow du canadien sur "Rejoice", des chœurs énormes sur "Universal Flamme", des accélérations techno subites sur "Silent Militia" ou du refrain électro-aérien de l’excellent "Sky Blue". Alors forcément, qui dit album à la Addicted dit utilisation de chœurs à foison ("Universal Flamme", "Warrior", "Before We Die") et d’effets électroniques qui donnent un surplus de groove aux morceaux ("Rejoice", "Sky Blue", "Silent Militia"). En somme un album de Devin Townsend assez classique qui reste dans la continuité d’un Epicloud en plus réussi, même si certains morceaux semblent un peu en deçà (les passages ambiants de "A New Reign" ou la fin de "Rain City"), on reste dans un très bon cru avec des morceaux surprenants comme la fin de "Universal Flamme", le refrain et le break de "Silent Militia" ou l’utilisation de l’Universal Choir (des milliers de fans par le monde qui ont été invité via internet à chanter sur plusieurs titres) sur "Before We Die". Réussite donc, mais qui semble tout de même un peu trop facile. Devin Townsend ne s'en cache même pas et admet lui-même qu’il voulait un disque plus simple et direct.
Et si le premier disque se veut accessible, Dark Matters lui s’avère bien plus fou et jusqu’au boutiste. Là où Sky Blue ne change pas beaucoup au sein même d’un morceau, Dark Matters s’amuse à faire nombre de pirouettes et de changements d’atmosphères entrecoupés d’une palanquée de dialogues et de délires étranges. Dark Matters est clairement touffu et demandera pas mal d’écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Il faut dire qu’il est assez ardu de passer outre les dialogues mettant en scène les différents protagonistes. Ce qui nous fait dire que cette suite se présente comme une véritable comédie musicale débridée avec son lot de passages saignants ("War Princess" avec l'excellente Dominique Lenore Persi, "Deathray", "Ziltoid Goes Home") de groove ("March of the Poozers") et de passages plus aériens ("Earth", "Dimension Z"). Pour autant, Ce côté décomplexé peut à la fois gêner (certains dialogues sont trop longs, les deux premiers morceaux sont gonflés de chœurs et d’idées difficiles à suivre), mais s’avère aussi former un lien logique donnant un véritable sens à cette suite. Et c’est pour cela qu’aux fils des écoutes on se prend d’affection pour cette histoire loufoque et ses protagonistes, ce que l’album Deconstruction n’arrivait pas à faire. Certains passages gagnent même en intensité que ce soit l’étrange "Wandering Eye", la seconde partie de "Ziltoidian Empire" ou les fins de "War Princess" et "Earth". On sent que Devin s’est lâché tout en gardant un objectif clair en tête (les références au premier Ziltoid sont nombreuses que ce soit dans les dialogues ou les rythmiques martiales) et cela fait du bien après un Sky Blue relativement classique.


Z2 : un double album à picorer selon les humeurs. C’est un peu ça que l’on pourrait dire pour résumer. Si Sky Blue est gavé de mélodies entêtantes et de morceaux cohérents, il lui manque un brin de folie. Dark Matters en est l’exact opposé avec une folie débridée quitte à perdre un peu en cohérence. Mais qu’importe, les deux albums possèdent chacun leur lots de très bons morceaux, de passages marquants et de délires prenants, même si l’on peut regretter que la production manque parfois de clarté dans ce mille-feuille sonore. Bref, que vous soyez adepte du Townsend catchy ou du Townsend délirant, allez-y les yeux fermés vous ne serez pas déçus. Et pour ceux qui le préfèrent plus calme, Casualties of Cool vous tend les bras. 2014 ne vous laisse que l’embarras du choix !

P.S: Il existe une version trois CDS possédant une version de Dark Matters avec les dialogues et une autre sans.


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