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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juillet 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Matti Kärki
(chant)

-Robert Sennebäck
(guitare)

-David Blomqvist
(guitare)

-Richard Cabeza
(basse)

-Fred Estby
(batterie)

TRACKLIST

1) I Saw Them Die
2) Massive Killing Capacity
3) On Frozen Fields
4) Crime Divine
5) To The Bone
6) Wardead
7) Hallucigenia
8) Collection By Blood
9) Casket Garden
10) Nenia
11) Life - Another Shape Of Sorrow

DISCOGRAPHIE


Dismember - Massive Killing Capacity
(1995) - death metal death'n roll - Label : Nuclear Blast



Avec deux albums de la trempe de Like An Everflowing Stream et Indecent And Obscene, Dismember s’était placé au premier plan de la scène death suédoise. En 1995, elle est déjà sérieusement en déclin, avec l’arrivée du black metal, du melodeath, lui aussi suédois, et d’autres courants qui seront placés sous les feux des projecteurs par des Nuclear Blast (sur lequel est signé le groupe pour cet album) et des Roadrunner ayant enfin pris leur essor en tant que labels définissant les modes. Malheureusement.

Signe avant-coureur ? En effet, sur Massive Killing Capacity, Dismember change légèrement sa formule, mais subit aussi une baisse de qualité. Il est surtout à retenir qu’il est difficile de comparer ce disque avec ses prédécesseurs. En effet, ici, Dismember verse dans le death’n roll, comme leurs camarades d’Entombed. Mais le fait est que l’on reconnaît toujours Dismember, dès "I Saw Them Die" : toujours le même son de tronçonneuse, gras, très gras, et résolument orienté dans les graves, avec les leads surplombant régulièrement le tout. Et le tout est diablement groovy, taillé pour la scène, avec une batterie « poum-tchak » tout à fait adaptée, et toujours ces solos emprunts de mélodie, parfois avec deux guitares harmonisées, et délicieux. En évoluant de cette manière, le groupe a également bien raccourci ses titres, en tablant sur une efficacité maximum. On ne voit pas les chansons défiler, mais on se mange du riff salement vindicatif à la pelle, comme sur le morceau éponyme, dansant à souhait, ou "On Frozen Fields", se rapprochant bien plus de ce que l’on trouvait sur Like An Everflowing Stream. De même, essayez de vous retenir de mosher sauvagement sur le riff principal de "To The Bone" ou "Wardead". Bref, même sur le terrain du groove où on ne les aurait pas forcément vus, les Suédois se débrouillent admirablement.
Toutefois, ce léger changement aidant, la baisse d’inspiration finit bien par se faire sentir. Cela ne porte pas gravement atteinte à l’ensemble, car chez Dismember, même le moins bon la met allègrement à un grand nombre de concurrents ; mais un titre comme "Hallucigenia", qui fait l’erreur de ralentir un peu, tout en proposant des leads moins marquantes, bien que restant bons, avec toujours des passages briseurs de nuque, casse un peu la dynamique d’un disque lancé comme la machine de sa couverture. Enfin, après "Hallucigenia" vient "Collection Of Blood" et ses presque quatre minutes de pur melodeath qui passent bien trop vite, comme souvent avec ce groupe. "Nenia" fera ensuite.office de "Dismembered" ou "Dreaming In Red" du disque, à la différence que ce sera une instrumentale, dans laquelle on retrouve un peu du "Orion" de vous savez qui, étrangement.  Et, si ce n’est "Casket Garden", la suite ne fait nullement redescendre la sauce. Au final, cet album est étonnant, car assez monstrueusement linéaire, entre une batterie partagée exclusivement entre « poum-tchack » et pattern thrash, mais l’on ne s’en rend pas du tout compte, grâce au talent des guitaristes, qui parviennent à enchaîner les riffs donnant envie de gigoter avec des mélodies larmoyantes, pour un résultat étonnamment accessible et lisible, notamment en comparaison de la production carnassière d’Indecent And Obscene.


Album sous-estimé, Massive Killing Capacity offre pourtant une alternative encore plus directe, et plus jouissive à ses prédécesseurs, même s’il est possible de lui reprocher un manque de mélodie constante, et deux titres moins marquants. Mais au vu du reste, faire la fine bouche là-dessus revient à cracher à la gueule de tout le death suédois, car on se trouve encore avec ce troisième album dans le haut du panier du genre.



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