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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Matti Karki
(chant)

-David Blomqvist
(guitare)

-Martin Persson
(guitare)

-Tobias Christianson
(basse)

-Fred Estby
(batterie)

TRACKLIST

1)Death Conquers All
2)Europa Burns
3)Under a Bloodred Sky
4)The Hills Have Eyes
5)Legion
6)Tide of Blood
7)Combat Fatigue
8)No Honor in Death
9)To End it All
10)Dark Depth
11)Black Sun

DISCOGRAPHIE


Dismember - Dismember
(2008) - death metal - Label : Regain Records



Carnage, Entombed, Unleashed, Dismember….ah la la, qu’il est loin le temps où ces piliers du death faisaient la loi et ravageaient l’Europe avec leur musique. La déferlante nordique aura engendré des rejetons dont le nom résonne encore aujourd’hui avec fracas aux oreilles des fans. Ces rejetons ont pour certains disparu, noyés par la déferlante black metal à la fin des années 90s puis par la vague neometal des années 00s…mais certains survivent encore et proposent bon an mal an des nouvelles productions qui arrivent aux oreilles humides des fans avides…

On aura connu dernièrement (entre autres) les retours d’Obituary ou de Gorefest, avec plus ou moins de bonheur, et bien voici le tour de celui de Dismember. Plus la peine de présenter ce mastodonte des années 90s, qui fit un retour en 2004 puis en 2006 pour enfoncer un peu plus loin le clou rouillé, estimant sans doute que la scène death metal avait besoin d’un petit coup de jeune de la part des vieux. Dismember veut donc s’imposer parmi cette horde de jeunes groupes de death, pleins de talent et de morgue qui nargue insolemment ces vénérables ancêtres avec leurs productions en béton, leur énergie et leur technique. Toutefois, Dismember ne leur fera pas l’honneur de venir jouer sur leur terrain de prédilection : non, Dismember c’est Dismember, et Dismember ne sait faire qu’une chose : du death metal suédois.

La tentation a été grande de finir la phrase précédente par « old school », mais ça aurait été un tantinet injuste, tant il est difficile de résumer ce Dismember (l’album) à cela. Certes, ses racines prennent leur source dans le terreau des années 90s, dans la plus pure tradition du death suédois, mais Dismember (le groupe) parvient élégamment à les travestir pour leur donner un bon coup de polish. Arrêtons-nous un instant sur la production, qui ne surprendra pas les connaisseurs du son typique du groupe (et du mouvement auquel il appartient dans son ensemble) et plus particulièrement sur le son des guitares. C'est bien simple : il est énorme. Éléphantesque. Titanesque. Allez, j'ose : Dismemberesque. Il suffit d’écouter les accords de guitare plaqués sur "Black Sun" : c’est plus à une tronçonneuse qu’on a affaire. Même la batterie semble s’éloigner craintivement au fond du mix devant cette puissance.

Bref, l’ensemble est excessivement dynamique, et les amateurs de décibels lourds vont être servis. Par contre, qualitativement parlant, Dismember est en demi-teinte. Sur certains titres (généralement mid-tempo), la machine de guerre fait mouche ("Dark Depths", "Europa Burns", "Tide Of Blood" ou encore "No Honor In Death") et la puissance du groupe de Matti Karki devient redoutable. Les tempos un peu plus frénétiques, par contre ("Combat Fatigue", "Death Conquers All"), perdent un peu en efficacité à cause d’une batterie qui répète trop machinalement les mêmes plans. Reste la voix de Matti, toujours aussi impressionnante, avec son timbre aisément reconnaissable qui nous prouve (si besoin était) que le bonhomme a de l’expérience et maitrise son sujet. Ajoutons quelques soli de guitare joliment amenés ("No Honour In Death", "Tide Of Blood" ou "Under a Bloodred Sky" et son final très Iron Maidenien) et on a là un ensemble fort sympathique qui s’achève sur le monstrueux "Dark Sun", tout en lourdeur et avec un final digne de Bolt Thrower.


Pas de quoi beugler au génie, mais soulignons malgré tout l’efficacité de ce «Dismember», qui tabasse bien tout au long de ses onze titres. Alors certes, il ne faut pas être allergique au son et aux compositions typés old-school, mais il n'est pas nécessaire non plus d’être un nostalgique du «bon vieux temps» n'ayant rien écouté de ce qui est sorti après 1997 : un simple goût prononcé pour le death metal en général suffira amplement pour jouir de cette galette.


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