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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Phil Bozeman
(chant)

-Ben Savage
(guitare)

-Alex Wade
(guitare)

-Zach Householder
(guitare)

-Gabe Crisp
(basse)

-Ben Harclerode
(batterie)

TRACKLIST

1) Rise
2) Our Endless War
3) The Saw is the Law
4) Mono
5) Let Me Burn
6) Worship the Digital Age
7) How Times Have Changed
8) Psychopathy
9) Black Out
10) Diggs Road

DISCOGRAPHIE


Whitechapel - Our Endless War
(2014) - death metal un peu core - Label : Metal Blade Records



Depuis 2010 et leur troisième album, A New Era of Corruption, qui les aura rendu célèbres, Whitechapel s’est imposé comme une véritable référence du deathcore. Pourtant cet album, comme l’opus éponyme qui a suivi, les éloignait doucement mais sûrement du genre, dérivant légèrement vers un death metal plutôt burné et rentre-dedans remis au goût du jour et saupoudré d’une touche de mélodies. 2014, l’heure du cinquième album a sonné et le groupe l’annonce d’ores et déjà comme étant une sorte de synthèse de leurs essais précédents, renouant avec la brutalité des premiers opus. Tant que la qualité est au rendez-vous, pourquoi pas ?

Pourtant, sur le titre éponyme de l’album, Whitechapel semble évoluer dans la droite lignée de l’album précédent : production propre et puissante, basse ronflante, riffs teintés d’un groove purement américain mais aussi un soupçon de mélodie, reprise du morceau introductif. Pas de doute, même si ça ne transpire pas l’originalité, Whitechapel conserve sa patte et son efficacité à toute épreuve. Malheureusement, on ne peut pas dire que Our Endless War soit particulièrement homogène au niveau de la qualité des morceaux. En particulier, on pourra regretter quelques titres assez anecdotiques laissant la part belle aux rythmiques syncopées qui ne parviennent pas à convaincre éparpillés sur l’album. Par exemple, on ne peut pas s’empêcher de douter de la pertinence des plans à la mode djent (pourtant plutôt apprécié) sur "The Saw is the Law" ou du groove pataud de "Let Me Burn". Et que dire d’une "How Times Have Changed" qui sonne presque comme une B-side par moment en dépit de sa seconde moitié plus ambiancée ?
Pourtant, pas de doute à avoir, Whitechapel sait bel et bien toujours composer des titres super puissants qui mettront tout le monde d’accord pour peu qu’ils balancent la sauce et accélèrent un peu le tempo. "Mono", morceau qui rappelle fortement les meilleurs moments de A New Era of Corruption avec son death metal massif, est un bon exemple de ce que le groupe fait de mieux en matière de musique violente et véloce certes mais qui instaure aussi une atmosphère sombre et parfaitement maîtrisée. Et même lorsqu’ils rajoutent du core au bout de leur death ces gars là sont capables de tout déchirer, preuve en est notamment donnée en fin d’album avec "Psychopathy" et "Black Out". Démarrage furieux, pont central lent et sombre puis solo imparable pour l’un, riffing dissonant, blast beats ultra rapide et breakdown imparable pour l’autre, voilà de quoi redonner l’envie de secouer la tête et faire pardonner les errances sur les morceaux précédents, avant que les six minutes de "Diggs Road", plus mid-tempo et mélodique fassent retomber quelque peu la pression.


On s'en doutait un petit peu, on ne peut pas dire que Whitechapel ait fondamentalement modifié sa recette sur Our Endless War, quoique l’album soit moins mélodique que l’éponyme et redonne la priorité au riffing pur et dur. Cependant, malgré une grosse moitié de très bons titres, l’inconstance au niveau de la qualité des morceaux reste pénalisante et, pour ne pas vous mentir, votre serviteur aurait plutôt tendance préférer les deux opus précédents. Le statut de valeur sûre sur la scène death(core) de Whitechapel reste toutefois intact et ne souffre toujours d’aucune contestation mais mettre les bouchées doubles pour la prochaine fois ne serait peut-être pas de trop.


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