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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Phil Bozeman 
(chant) 

-Ben Savage 
(guitare) 

-Alex Wade 
(guitare) 

-Zach Householder 
(guitare) 

-Gabe Crisp 
(basse) 

-Kevin Lane 
(batterie)

TRACKLIST

1) Make It Bleed
2)Hate Creation

3)Culturalist
4)I, Dementia
5)Section 8
6)Faces
7)Dead Silence
8)The Night Remains
9)Devoid
10)Possibilities Of An Impossible Existence

DISCOGRAPHIE


Whitechapel - Whitechapel
(2012) - death metal moderne, traces possible de deathcore - Label : Metal Blade Records



Dans la dernière chro concernant Whitechapel parue dans ces pages, on louait leur volonté de se sortir du carcan deathcore où les avait entraînés leur début de carrière pour aller vers un son moins formaté, oscillant entre brutal death assez technique, death old school et thrash. Force est de constater, qu'avec ce nouvel opus éponyme, les Américains enfoncent le clou vers un son plus varié et lâchent de plus en plus les influences coreuses de leur musique, sans pour autant s'en délivrer complètement, on le verra.

On peut cependant enfin affirmer que ça y est, merci, Whitechapel a trouvé son style. Un death ultra moderne, implacablement bourrin et lourd, mais non dénué de finesse et de technique. En gros, il saute à pieds joints la mouvance des groupes de death moderne à la As You Drown, Rose Funeral et autres Annotations Of An Autopsy. Carnifex et Job For A Cowboy (même si ces derniers étaient déjà plus orientés death « de base ») ont pris le même chemin, grand bien leur en a fait en termes de qualité musicale de leurs productions. L'effet est le même sur les Américains de Whitechapel, qui sortent clairement leur meilleur album à ce jour. Cet opus éponyme est en effet un sacré pavé death, bien ficelé, varié tout en restant cohérent, pas exempt de certains morceaux de bravoure, et très correct pour le reste, le dénominateur commun des morceaux restant une violence lâchée toutes griffes dehors. Whitechapel frappe fort, vite, et lourd ("Section 8", "Hate Creation"), et ne baisse que très rarement le pied.
Les plans empruntés au deathcore existent toujours, bien évidemment (final de "Hate Creation", grands méchants beatdowns sur "Dead Silence", "The Night Remains"), mais ils sont incomparablement mieux fondus et intégrés dans les morceaux que par le passé. Là où le groupe deathcore de base donne la triste impression de découper ses morceaux en séquences tant certaines moshparts sont artificiellement plaquées au reste des pistes, Whitechapel a pour sa part appris à écrire en bloc et a proposer des trucs vraiment cohérents, arrivant même à développer des ambiances assez intéressantes et des morceaux très accrocheurs en restant clairement dans un esprit death plus old school que par le passé ("The Night Remains" ou l'utra heavy "I, Dementia", pas loin d'être des gros tubes !). La voix de Bozeman, elle, n'a pas changé, et reste typique du genre : timbre majoritairement guttural tirant vers l'écorché coreux, diction bien plus proche du hardcore que du death, elle colle pile poil à la musique du groupe.


Bref, du death moderne bien solide et agressif comme les Américains savent en pondre à la pelle. Rien de bien dingue, mais un album de qualité que le fan de death en quête d'un peu de fraicheur écoutera avec plaisir. On peut dans tous les cas féliciter la scène deathcore US un peu plus « old school » (Carnifex, Whitechapel donc, et quelques autres) d'être parvenue à évoluer un peu pour rejoindre les rangs du death plutot que de continuer à nous assailler de beatdowns métalcoreux tellement pénibles et redondants. Les infrabasses et les pigsqueals c'est sympa cinq minutes, mais écrire des vrais morceaux et trouver une identité musicale, à un moment c'est cool aussi.


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