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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mai 2014
Sa note : 8/20

LINE UP

-Oli Peters
(chant)

-Jaron Evil
(chant+basse)

-Tobi Morelli
(guitare)

-Dean Lamb
(guitare)

-Spencer Prewett
(batterie)

TRACKLIST

1) Lucid Collective Somnambulation
2) Scream Feeding
3) The Plague of AM (Cogito Ergo Sum)
4) Fathom Infinite Depth
5) Join Us Beyond
6) Seven Crowns and the Oblivion Chain
7) Kairos Chamber
8) Spontaneous Generation

DISCOGRAPHIE


Archspire - The Lucid Collective
(2014) - death metal technico-glissando - Label : Season Of Mist



Season of Myst ?  Death technique ?  Deuxième album ? Et comme dirait Smaïn « t'en veuuuuuxxxxx? ». Tu m'étonnes que j'en veux. Quand on sait les promesses qu'offraient le premier opus All Shall Align, on se précipite et on se bagarre pour écouter le bidule. Le technique revêt plusieurs formes pour le coup : dans la production, le jeu et la réalisation. Alors vite mon Archspire et en avant pour remettre le couvert avec les mecs de Vancouver. (Ok c'est nul, mais il n'y aura pas que ma vanne à l'issue des huit titres). Chronique.

Ainsi donc voilà les collectif de Vancouver qui, après un premier bon opus en 2011, proposent The Lucid Collective. Fondé en 2009 avec pour premier nom Defenestrated (n'importe quoi...), le groupe change pour un plus inspiré Archspire. Alors, Canadien, death technique, on pense d'abord à Gorguts sauf que les mecs d'ici ont laissé l'aspect avant garde de coté préférant exacerber la complexité des jeux de guitares et de batterie, et sans compter sur le growl du genre et les quelques screamo crapotés. La deuxième référence s’appellerait bien Obscura, qui d'ailleurs reconnait volontiers la qualité du premier album. Mais n'est pas digne héritier du Death qui veut ! Démarrons ainsi un obscurien " Lucid Collective Somnambulation" pas « dégueu » sur les premières mesures, et on se dit que les trente cinq minutes vont être exquises. Pas faux Oli et Tobi aurait-on envie de dire ! Parce que les mecs envoient du très rapide, du très complexe et du très fouillé. Death OUI ! Technique OUI ! Original (humm) OUI...et puis en fait BOF !
Que ce soit les deux lignes vocales, les parties guitares qui feraient saigner le moindre péquin, ou le coté batterie (Spencer Prewett doit probablement faire des crises d'épilepsie sur certaines parties tant la double tricote et joue du vilebrequin), la poudre au yeux est belle frêle auditeur ! Et la première surprise est là : quel est ce son « pourrave » de la grosse caisse ? A-t-on oublié de déballer le matos de l'emballage avant de faire les prises de sons ? Si c'est voulu c'est étrange ! Si c'est pas voulu, c'est honteux, car une règle tendue sur un bout de table et tapée pour du rebond aurait largement suffit pour la prise de son et permit de reproduire l'effet voulu. Affreux, mais pas rebutant. D'autant que le son varie presque dans le bon sens jusqu'à la fin de l'album mais laisse quand même une traînée sur la double, agaçante sur la durée. La première chanson passée, débute un "Scream Feeding" plus modéré dans le jeu mais à l'approche technique toujours « traficoté à donf. ». Et quel ennui...jusqu'au bout !
Si on prend du recul sur les compositions et après une bonne palanquée d'écoute (si si un chroniqueur aime se faire mal), le constat d'un ratage lié en partie à la production et au mixage est latent. Qu'est ce que c'est que cette froideur ou ce coté propre et quasi synthétique, sans blague ? Plus j'écoute les morceaux comme un "Fathom Infinite Depth" ou "Seven Crowns and the Oblivion Chain" et plus je me dis que c'est du terrorisme musical. Le "Fathom"  envoie des chants en priorité, mais mon dieu, que les instruments sont fatigants au final !  Mention spéciale ou prix pourri aux supers plans collés de ci de là : shred ou glissando, ou sweeping vitesse de la lumière (et oui je n'ai pas la super connaissance parfaite pour qualifier théoriquement ce que font Lamb et Morelli avec leur manche respectif, mais mon oreille et mon cœur eux traduisent parfaitement le rendu...Bueeeauurrrraaaaak!). Éventuellement un sursaut d'originalité ou de relief dans les compositions auraient sauvé le bousin. Comme dirait l'autre vendeur de pneu : « sans maîtrise, la puissance n'est rien. »


Ce n'est jamais agréable de critiquer l'album d'un groupe qui avait toutes les cartes en main pour nous pondre un chouette machin. Certes technique, certes musiciens classieux dans le jeu et avec quelques bons riffs. Mais hélas ! Quel ennui, quelle linéarité, quelle production donnant un rendu artificiel. Si c'est ça le death technique moderne, hé bah mazette je m'en vais ressortir des vieux vinyles. The Lucide Collective est un album où un collectif lucide ne pourra faire l'éloge en restant objectif. Dommage pour le groupe : tirez les enseignements pour le prochain album. 


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