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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2014
Sa note : 6/20

LINE UP

-Markus Siegenhort
(chant+guitare+basse)

-Cedric Holler
(guitare+basse)

-Felix Wylezik
(batterie) 


TRACKLIST

1) Melting Sun I : Azure Chimes
2) Melting Sun II : Cherry Quartz
3) Melting Sun III : Aquamarine Towers
4) Melting Sun IV : Jade Fields
5) Melting Sun V : Oneironauts
6) Melting Sun VI : Golden Mind

DISCOGRAPHIE

Lantlôs (2008)
.neon (2010)
Agape (2011)
Melting Sun (2014)

Lantlôs - Melting Sun
(2014) - post rock post-black duveteux - Label : Prophecy Productions



- Excusez... j'ai vu de la lumière alors je suis entré...
- Et vous êtes... Monsieur... ?
- Monsieur Droom ! Je suis Monsieur Droom. Je remplace Monsieur Decline, que vous devez surement connaître. 
- Decline ? M'dit rien... Z'êtes pas trompé d'adresse par hasard ?
- Pardon ? Je ne suis pas au club de « Post-Black-Urbain-Abrasif-Et-Franchement-Prometteur » ?
- Ah mais non mon cher Monsieur ! Ils ont changé de locaux, eux ! Nous avons pris le relais et tenons désormais les réunions de notre association dans ce lieu.
- Votre association ?
- Oui ! Les « Amoureux des Licornes, des Glaces Triple Boules et des Confettis ». Vous pouvez vous instal... Monsieur ? Il est parti... Il est parti ! Bon, les amis, puisque notre homme est parti, que diriez-vous de reprendre notre activité ? »
Et tous continuèrent à remplir de gommettes multicolores de larges feuilles de papier.


Pour faire clair, si je suis là aujourd'hui, c'est parce que Monsieur Decline a semble t-il rompu avec Lantlôs. Du chant clair seulement ? Plus de chant black ? Une glissade vers le shoegaze en lieu et place d'un art noir déchirant ? C'en était trop pour notre brave Decline. C'est donc là que j'interviens, pour prendre le relais. Pour tailler le bout de gras autour d'un bon vieux disque de post-black, catégorie floue s'il en est. Malgré les nombreuses définitions du genre, le post-black dans son acceptation la plus commune fornique de manière régulière avec les scènes du shoegaze et du post-rock. Prenez le black, enlevez l'acide, la haine et le folklore puis ajoutez du sucre et du coton tout en gardant bien soin de conserver un jeu de guitare basé sur les tremolo et les arpèges flottants. Vous obtenez ce que la majorité appelle généralement le post-black ; définition à laquelle colle plutôt bien Melting Sun. A moins que Melting Sun ne colle tout simplement par excès de guimauve. 
Assez nettement, Lantlôs assume donc un virage plus doux, voire franchement licorne. Davantage encore que le dernier Alcest, pourtant conspué pour cela (à tort m'est avis). Le chant écorché de Neige (l'un des tout-meilleurs du circuit) s'en est allé et seule une voix claire occupe désormais la scène. Ce changement, qui fera hurler dans les chaumières, est pourtant plutôt bon et ce chant nouveau évite l'écueil de niaiserie, sa présence étant de toute façon réduite à portion congrue sur Melting Sun. Toutefois les plus virils d'entre-nous peuvent immédiatement remballer leurs chaussettes et passer chemin : Lantlôs n'a plus rien de metal. Le Lantlôs nouveau baigne dans un univers qu'il a voulu à l'image de l'artwork de Melting Sun (à moins que ce ne soit l'inverse) : radieux, irréel, aux couleurs assumées de chewing-gum. Tout ceci est très honnête et ne pose absolument pas de soucis. Qu'un groupe évolue n'est pas - ou ne devrait jamais être - un problème. C'est acquis. Sur la forme et sur les choix effectués, il ne faut rien reprocher à Lantlôs. En revanche, Melting Sun pose bien davantage problème sur le fond. 
Au fond des choses, Melting Sun pêche par excès d'enthousiasme. Sans aucun doute, l'album parvient à instaurer l'ambiance qu'il s'était donné pour but de partager. Passée cette ambiance générale colorée et choupinou, Melting Sun s'avère toutefois être un grand néant. Chatoyant et propre sur lui, un néant reste un néant. Or le néant n'est pas la chose la plus intéressante du monde pour le quidam n'étant ni physicien ni philosophe. C'est que les compositions du groupe ne mènent nulle part... Toujours, elles nous balancent entre rêves et couleurs, mais dans quel but ? Au niveau des émotions, rien ne se passe. La mer de jade reste inlassablement d'huile et l'esprit s'égare parmi ce trop plein d'ondelettes certes jolies, mais trop peu tangibles. A aucun moment le groupe ne parvient à susciter l'émerveillement, pas davantage qu'il n'arrive à créer une certaine tension (de votre choix : dramatique, artérielle, oculaire, sexuelle...). Melting Sun est un brouillard coloré, agréable mais sans la moindre substance à laquelle se raccrocher. Bref : Melting Sun pêche par le calme plat qui naît de compositions trop peu enthousiasmantes. Et l'on baille, inévitablement. Le parallèle avec Palms est tentant... Comment peut-on être si mignon et si peu intéressant au final ? 


- Decline ? Eh, Dick, j'ai deux mots à te dire ! 
- Humpf'ouais ?
- Dis voir un peu... ton Lantlôs, là, t'as laissé tomber pour quelle raison au juste ?
- Trop pâquerette. Trop soleil. Trop nuage.
- Mouais. D'accord. T'es un vrai dur, toi, finalement. 
- Mouais. J'attends le prochain Mayhem.
- OK.
- OK. 



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