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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Neige
(chant)

-Herbst
(guitare+basse+claviers)

-Felix Wylezik
(batterie)

TRACKLIST

1)Intrauterin
2) Bliss
3) Bloody Lips & Paper Skin
4) You Feel Like Memories
5) Eribo – I Collect the Stars

DISCOGRAPHIE

Lantlôs (2008)
.neon (2010)
Agape (2011)
Melting Sun (2014)

Lantlôs - Agape
(2011) - black metal contemplatif - Label : Lupus Lounge



En 2 albums Lantlôs a su captiver le monde du black metal. D’un 1er effort bestial et assez raw dans la forme bien qu’enrobé de partitions plus éthérées qui appellent le post rock, le groupe (enfin, Herbst) a évolué vers un black metal connoté jazz/shoegaze appuyé en cela par l’arrivée de Neige au chant qui apporta sa douceur candide mêlée à son déchirement extrême, en harmonie avec la musique de Lantlôs. Ce 2e album, Neon, reste d’ailleurs une réussite absolue du fornicage entre black metal et jazz. L’attente est donc vive pour Agape, d’autant que le groupe revient assez rapidement (1 an).

Manifestement, l’orientation choisie va dans la droite ligne de Neon, le son des guitares est très clair tout en restant saturé tandis que la batterie applique son jeu en toucher (avec un batteur attitré désormais, Felix, lol) avec une grosse caisse qui a du coffre sous la (double) pédale. Serions-nous en terrain connu ? La question mérite d’être posée car la patte Lantlôs, puisque c’est de cela qu’il s’agit désormais, lorgne plutôt du côté du changement et de la surprise. Effectivement le groupe ne déroge pas à sa règle. S’il a su conserver une production à la fois claire et compacte il appuie encore plus en direction du shoegaze planant. Que cela soit dit et écrit, ne vous attendez plus à du blast frénétique et sauvage. Ce terme est apparemment banni du langage des Allemands désormais et il faudra manger son pain avec des compositions longues et planantes, éthérées qui se complaisent à voler et batifoler d’une ambiance à une autre. Vous êtes autorisés à penser à Red Sparowes.
Le résultat donne forcément une atmosphère intense, particulière et personnelle. La musique quant à elle se démarque toujours autant du reste du monde et consacre son originalité. Lantlôs fait du Lantlôs tout en étant en constant changement. C’est une des grandes forces du groupe que ce refus de la stagnation, et c’est malheureusement une de ses pertes. Car cette fois-ci, il semble bien que Herbst ait touché les limites de ses capacités de composition. Ou qu’alors il ait dépassé les bornes pour laisser sur place l’amateur de black metal et de metal. Car même en disposant d’une grande ouverture aux autres genres, et particulièrement aux musiques d’ambiance un brin planantes, Agape paraîtra au mieux foncièrement original au pire singulièrement chiant. L’approche de la musique est toujours personnelle, mais Lantlôs demande encore plus d’implication. Le résultat n’en est que sublimé, et dans le cas de Agape, pas dans le bon sens.
J’en vois déjà rétorquer que ceci n’est que le jugement personnel du chroniqueur. A raison. Reste qu’il faudra à l’auditeur une bonne dose d’appréciation de ces musiques où finalement … il ne se passe pas grand-chose. Et il faut reconnaître que ce n’est pas forcément la tasse de thé du metalleux moyen. Donc partez bien averti en vous lançant dans l’aventure Agape. Reste. Reste que Lantlôs est une bête curieuse et talentueuse qui réussit toujours à vous installer dans son monde et que sa musique est nantie d’une aération bienvenue. Il y aura donc matière à prendre son pied dans cet album, même si cette matière ne sera pas accessible à tous. On passe son temps à attendre que l'album décolle, mais pourtant on se prend à apprécier la beauté douce du break pur jazz de "Bliss" … et enfin le premier blast sur sa fin ! Ce sera tout, donc appréciez-le.


Une conclusion, vous voulez ? Lantlôs pour cette expérience (car plus qu’un album, il s’agit d’une expérience) laisse sur la touche une bonne frange de son public initial. Il demeure des passages qui vous rappellent la brillance de Herbst mais en s’éloignant autant de son sujet initial, Lantlôs quitte quasiment le monde du metal pour s’arrimer à celui du shoegaze plus poétique. Si vous êtes fan des 2 genres, probable que vous prendrez votre pied. Si vous êtes metalleux, il serait peut-être plus judicieux d’essayer avant d’acheter.





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