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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Lasse
(chant+guitare)

-Robert
(basse)

-Anton
(batterie)

TRACKLIST

1) Never Cross The Dead
2) Terror Castle
3) Night of the Deathcult
4) The House of Hammer
5) Rituals of Mortal Cremation
6) As The Creatures Ascend
7) From Their Coffined Slumber
8) Theme From Return of the Evil Dead

DISCOGRAPHIE


Hooded Menace - Never Cross The Dead



Couchez vos gosses. Fermez les volets. Éteignez la téloche. Restez à l’affût... car ils sont réveillés. Il se traînent dans le coin. On le sent. On le sait. Dotés d'ne volonté inébranlable. L'atmosphère est pesante, suffocante. La peur comble les interstices et s'invite partout là où elle le peut. Où elle le veut. Cette peur là est vivante. Elle avance. Gagne du terrain. Le chien aboie ? Rien de plus normal. Il les sent. Il la sent : elle. Il sent la peur. 

Pourtant, et malgré les légendes d'antan, tout le monde les croyait partis à jamais. Qui donc ? Les... les... - nul n'en parle impunément ! - les représentants austères ! les tourmenteurs ! les propagateurs de peine ! les hôtes de la peur ! les... fantômes du death / doom ancestral ! Celui des origines ! Le terrible death / doom qui ne connait artifices ni limites ! De retour pour nous noyer, nous, pauvre pêcheurs convertis à la facilité ; ayant succombé aux charmes des sirènes de la simplicité ! La menace encapuchonnée est de retour au nom de toute cette basse engeance trop longtemps oubliée pour nous inculquer les valeurs véritables, celles des premiers albums du Peaceville Three, d'Asphyx ou d'Autopsy Les valeurs en question sont claires. D'une, la lenteur doit être caractérisée et assumée. Une lenteur de... mort. De deux, l'attaque doit être boueuse, sale et massive. Le grain particulier de Never Cross The Dead s'en assure. De trois, la ligne à suivre est simple : réhabilitation des pratiques occultes et de la peur instinctive. Oubliez les ornements inutiles visant à cacher la réalité des choses. Le clavier est remisé aux oubliettes en même temps que le chant non-grogné, symbole du dévoiement. Ne restent qu'un growl à dormir debout, un rythme à faire pâlir une goule, une production qui colle à la peau, et une science de la composition certaine. 
Hooded Menace marque un point sur Never Cross The Dead et parvient à imposer - à rendre tendance ? - une musique n'étant absolument pas faite pour plaire. Le coup est net et tranchant ; il nous laisse au sol dans une mare de notre propre jus. Les riffs dramatiquement death et invariablement doom allient le meilleur des deux camps : la lourdeur titanesque d'une croix en fonte - dans le son, d'abord, mais également sur le fond - et le groove d'une partie d'osselets. En témoignent ces passages succulents et récurrents ("Never Cross The Dead", "The House of Hammer"...) qui viennent briser la rythme et les chaînes d''autres parties simplement plus lentes et lourdes. Ce doux mélange se noie sous le chant rocailleux de la terreur elle-même - et si la variation n'est pas au centre du sujet, l'impact n'en est à terme que plus grand. Enfin, et c'est probablement le vice principal d'Hooded Menace, le groupe parvient, avant d’assommer le badaud noctambule, à l'attirer aussi simplement qu'un chasseur attire sa proie. La mélodie - qu'on imagine mal dans un tel contexte - est toujours là, sous-jacente, tant dans les riffs que dans les leads ("Theme From Return of The Evil Dead" - superbe référence) ou les soli, véritables points de repères dans cet océan de saletés. Nul - à ma connaissance - ne fait du Hooded Menace comme Hooded Menace.


Never Cross The Dead est un album massif et sacrément personnel. D'emblée, on reprochera au groupe son style monolithique (adeptes d'une certaine variation dans le propos : fuyez). Ceci étant dit, et pour peu que l'auditeur se prête au jeu, Never Cross The Dead touche au but en représentant le death / doom dans son acception la plus concrète. Qui, en entendant hurler la vierge sur le final de "Terror Castle", n'affichera pas un sourire carnassier ? Le seul défaut de Never Cross The Dead, on le sait désormais, aura d'avoir trouvé un maître avec l'album suivant, Effigies of Evil




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