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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Julien Pras 
(chant+guitare)

-Jimmy Kinast 
(basse)

-Mathieu Gazeau 
(batterie)

Benoit Busser
(batterie sur "Seen A Ghost") 

TRACKLIST

1) The Light Beyond
2) Hovering Sattelites
3) Holys Mondays
4) Join The Race
5) Arcadia
6) Circles
7) Seen A Ghost
8) Beyond The Light

DISCOGRAPHIE


Mars Red Sky - Stranded In Arcadia
(2014) - stoner - Label : Emergence Records



Mine de rien, le dernier LP des Mars Red Sky a déjà trois ans d'âge. J’ignore combien de temps cela représente sur Mars. Ceci dit, étant donné le genre pratiqué peu importe le temps qui passe, on sait toujours à peu près ce sur quoi on va flotter le coup d'après. En 2011, du stoner ; en 2014, du stoner. Vivement 2017. 

La base de la signature sonore de Mars Red Sky reste immuable : du gros son bourré d'effets et de fuzz ; du sable chaud qui glisse entre les orteils ; des riffs qui font flotter et des mélodies comme autant de comètes tout là-haut. A ceci s'ajoute un atout propre au groupe bordelais : un chant clair, naïf, perdu loin dans le fond du désert et qui semble nous parvenir après avoir traversé les âges. C'est que Mars Red Sky, volontairement ou non, semble attaché à un certain esprit rétro-sans-l'être (attention ; aucun rapport avec le revival rétrodoom qui sévit dernièrement - c'est la joie qui domine ici). Un état d'esprit qui ne va pas sans rappeler celui des hippies, des vagabonds, des magiciens. La musique du groupe possède cette « patte» live et sait capturer l'essence de la chose : la vie. Le gras des notes et l'étrangeté des sons ne sont là que pour donner forme à toute cette vie qui cherche à s'échapper des enceintes. 
Ce matin, et depuis quelques jours, il pleut sans cesse sur Caen. Le remède ? Stranded In Arcadia. L'album possède une telle force évocatrice qu'il est impossible de l'écouter sans se retrouver en plein cagnard, dégoulinant de sueur et affublé d'un sourire partant de l'oreille gauche et se terminant à l'oreille droite. Quelques éléments déclenchent cette béatitude idiote. Parmi eux, le chant, naïf a t-on dit, et parfois couplé avec réussite d'une voix féminine lointaine elle aussi, mais chaleureuse. Ensuite, le son. Les riffs patauds sont épaulés d'une basse pataude et de frappes pataudes d'une batterie pataude. Tout est pataud, mais dans le bon sens du terme, qu'on invente pour l'occasion. Enfin, détail d'importance : les compositions sont bonnes. Le groupe évolue, certes, mais l'idée reste la même. Or, l'idée de base était bonne ; accrocheuse et poétique. Rien ne traîne plus que de raisons et, pourtant, les plans prennent le temps de se développer. Tout semble en symbiose ; tout est fluide ; la vie est belle; chaleur lointaine. 


« Chébonmaischéchaud » disait le petit garçon dans la pub. Tout pareil avec Mars Red Sky : c'est bon ET c'est chaud. Si rien de bien nouveau ne vient interférer dans la formule de stoner psychédélique proposée par le groupe, Stranded In Arcadia ne dépareille pas avec l'essai de 2011, mais reste une franche réussite. Et l'on se prend à rêver de soleil et d'univers lointain en sirotant un cocktail préparé à l'autre bout de la galaxie... 


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