6411

CHRONIQUE PAR ...

116
Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2014
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Ihsahn
(tout sauf batterie)

-Tobias Ørnes Andersen
(batterie)

TRACKLIST

1) Hiber
2) Regen

3) NaCl
4) Pulse
5) Tacit II
6) Tacit I
7) Rec
8) M
9) Sub Ater
10) See
11) Entropie (bonus track)
12) Hel (bonus track)

DISCOGRAPHIE

The Adversary (2006)
angL (2008)
After (2010)
Eremita (2012)
Das Seelenbrechen (2013)

Ihsahn - Das Seelenbrechen
(2013) - metal prog Avant-gardistement grandiose - Label : Candlelight Mnemosyne Records



Tu vois mi amigo, dans la vie y’a deux types de personnes… Ceux qui suivent le bétail et ceux qui s’démarquent… Ihsahn y’s’démarque. Après un Eremita qui marqua les esprits par son approche très avant-gardiste (ahhh ce "The Grave"… à vous brûler la cervelle) Ihsahn revient en 2013 avec Das Seelenbrechen, son 5ème effort et le moins qu’on puisse dire, c’est que le monsieur a plus d’un putain de tour dans son sac à dos !

Pourquoi suivre les autres ? Ce qu’ils font est générique, on ne me remarquera jamais… Tu sais quoi ? Fuck, on va faire à ma manière ! Telle est la pensée d’Ihsahn, ce génie norvégien aux nombreux projets (Ihsahn, Hardingrock, Peccatum, Emperor et Thou Shalt Suffer). Quoi de neuf ici ? À vrai dire, pas grand-chose, mais bon, on ne change pas une recette qui donne d’excellents résultats pas vrai ? Nous avons ici là, entre parenthèses, la suite de Eremita, mais pas tout à fait… Ihsahn s’est aventuré là où personne n’avait encore mis les pieds dans le monde du métal jusque là, les cadenas sautent tout seuls à sa vue à vrai dire… Pas facile d’accès ce Das Seelenbrechen, c’est vrai, mais Ihsahn voulait ici une musique qui se veut spontanée, tout droit sortie de son esprit, sans chichis, simplement accompagnée du talentueux batteur de Leprous et de son inventivité. Le norvégien nous sert ici un 12 titres (les deux titres bonus compris) inventif et introspectif, aux accents manipulateurs et dérangeants.
Une tracklist aux noms suscitant l’attention, basés chaque fois sur un mot, une lettre ou une formule chimique ("NaCl") même. "Hiber" ouvre l’opéra d’une incroyable manière, la voix maléfiquement maitrisée d’Ihsahn force l’apparition de chair de poule sur nos corps affaiblis face à une telle claque psychique, on retrouve des éléments musicaux déjà employés tels que le violon ou les claviers. Le norvégien nous gratifie même de deux magnifiques ballades accompagnées de son délicat chant clair (qui peut rebuter les « trves » oui), avec "Regen" et son piano mystérieux, Ihsahn apporte ici une surprenante touche de mysticité ! Et "Pulse", morceau progressif accompagné de chœurs, très agréable. "NaCl" s’impose entre ces deux précédents titres, comme un exemple parfait d’équilibre musical ! Ihsahn n’a pas de but précis, il fait ce qui lui semble bon. Les émotions sont transmises avec une aisance déconcertante, les amateurs d’Emperor n’y trouveront pas leur bonheur… Désolé pour eux.
"Rec" est une longue plainte, une longue plainte qui met franchement mal à l’aise… Ihsahn chante doucement, murmure, souffle et le batteur ne se contente que de coups de baguettes sans réel rythme, après tout qui a dit que le rythme est obligatoire hein ? Hein ?? C’est simple mais riche en même temps, hé ben… "M" dégage une ambiance heavy indéniable, il touche vraiment à tout ce nordique, bon dieu ! Après une introduction aux paroles pour le moins déconcertantes, Ihsahn se lance dans un long solo aux saveurs psychédéliquo-heavy de toute beauté, notons d’ailleurs que les cymbales ont une sonorité d’une douceur semblable à celle d’une caresse… Dans cet album, trois morceaux posent problème d’après les critiques… Les deux "Tacit" et le final "See". Les "Tacit" prennent la forme d’improvisations longues et chaotiques, à la manière d’un morceau de free-jazz du grand Coltrane en fait, tout se base sur le ressenti et les émotions, "See" lui se prend pour le "The Grave" de Eremita, terrifiant, puissant… Grand.


Ihsahn nous gratifie encore d’un quasi sans faute (les deux morceaux bonus ne sont pas d’une grande utilité, quoiqu’ils iraient à merveille comme bande-son pour l’Odyssée de l’espace de Kubrick…). Puissance, force, émotion, beauté. Tout est là. Les fans du précédent opus ne pourront qu’adorer cette nouvelle galette nordique de très grand goût !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7