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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Mattias Lamppu
(chant)

-Kenneth Wiklund
(guitare)

-Andreas Evaldsson
(guitare+clavier)

-Martin Schulman
(basse+batterie)

TRACKLIST

1) Carnal Lust
2) Seven Prophecies
3) Before The Dawn
4) The Dimension Beyond
5) My Demon Within
6) In Pain
7) Undivined
8) Darkside
9) Into The Funeral Domain

DISCOGRAPHIE


Centinex - Reflections
(1997) - black metal melodeath dark metal - Label : Emanzipation Productions



Centinex est (le split a fait son œuvre en 2006, la reformation, la sienne, en 2014) un groupe Suédois peu connu qui pratiquait un death metal à peu près aussi innovant que les charentaises de ma grand-mère. Quel intérêt peut-on trouver dans le fait de chroniquer un groupe  UG qui semble n’avoir rien d’exceptionnel ? Le fait qu’en creusant on puisse trouver des petites perles comme ce Reflections.

Le troisième album de la formation marque un tournant, unique, dans leur style : ils incorporent des parties typiquement black (quoique très mélodiques) à un death assez mélodique lui aussi ("Carnal Lust", premier brûlot de la galette, illustre bien ceci, marqué qu’il est par ces soli très réussis). Et cela avec une frénésie visible qui ne manquera pas de rendre la comparaison avec un autre frère suédois possible : Reflections donne dans le pur dark metal tel que l’a défini Dissection. Seulement, même s’il ressemble à du Dissection dans la forme, le fond n’est pas le même. Les nombreuses incartades acoustiques que se permettait Jon Nödveidt ne sont pas de la partie ici (à l’exception de l’outro cachée à la fin du dernier titre). Le son est aussi plus puissant que sur Storm Of The Light’s Bane, mettant en valeur le jeu efficace du batteur qui n’hésite pas à utiliser sa double pédale, sans en abuser évidemment. Bien que le dark metal ne soit pas connu pour ses vocalistes de génie (voire pas connu tout court), on ne pourra qu’être marqués par la linéarité du timbre de Mattias Lamppu, qui se mure dans un growl linéaire, bref, aucun intérêt.
L’intérêt principal vient tout de même des deux six-cordes, charpente de ce sombre brouet servi glacé. Andreas Evaldsson et Kenneth Wiklund ont apparemment ouvert les paris quant à celui qui trouverait le riff mélodique parfait (le début de  "The Dimension Beyond" qui trouve le moyen d’associer efficacité et raffinement mélodique). Ils rivalisent d’ingéniosité afin d’offrir à l’auditeur une musique variée (les breaks sont assez nombreux), quoique facile à retenir. A noter qu’ils s’offrent parfois le luxe de poser chacun un solo dans certaines pistes ("Carnal Lust"), et bien entendu on ne peut réellement les départager dans cet exercice, tant une fois encore les résultats de l’un comme de l’autre sont de bonne facture. Dans la composition, leurs riffs ne manqueront pas de rappeler la Faucheuse, ne serait-ce que dans leur façon de superposer une ligne mélodique et une ligne plus strictement cantonnée à un rôle rythmique. Dites vous simplement que pour la plupart, ils auraient pu figurer sans rougir sur Stom Of The Light’s Bane sans qu’on lui pût alors retirer son statut de chef-d’œuvre. Il y a bien quelques passages en dessous du seuil de qualité ambiant ("The Dimension Beyond" et "In Pain" possèdent un ou deux riffs moins efficaces notamment), et une fois passée  la surprise de retrouver un concurrent qui tienne la dragée haute à la bande à Nödveit, on trouve un peu moins d’explosivité à ces titres pourtant excellents.


Centinex aura donc placé un OVNI dans sa discographie, plus jamais on ne les reprendra à expérimenter un tel mélange. Et pourtant, au vu de la franche réussite qu’est cet album, continuer aurait pu être judicieux… Mais malheureusement, comme nombre de formations, celle-ci restera un obscur groupe, connue seulement par quelques trve qui aimeront à la déterrer le temps d’une conversation afin de montrer leur culture. Mais en même temps… avec une pochette aussi kitsch et ridicule, j’ai presque envie de dire qu'ils l'ont cherché... Mais faire la fine bouche avec un tel étalage de talent serait réellement mesquin. Afin de rendre à César ce qui est à Jules et de prouver que le dark metal n’est pas l’exclusivité de Dissection, décernons à ce groupe des éloges mérités.



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