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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 04 décembre 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

 -Rob Dukes
(chant)

-Jason Velez
(guitare)

-Jason Trenczer
(guitare)

-Rob Moschetti
(basse)

Jim DeMaria
(batterie)


TRACKLIST

1) Born to Serve
2) Prophets of War
3) Death Comes Calling
4) Friendly Fire
5) Carny Love
6) Vegas
7) There Is No Hope
8) We're All Gonna Die

DISCOGRAPHIE


Generation Kill - We're All Gonna Die
(2013) - thrash metal - Label : Nuclear Blast



Generation Kill : We're all gonna die. Et bien voilà de quoi ne pas remonter le moral (voire pire) au plus pessimiste des citoyens du monde. On sait que la musique metal couvre souvent dans ses thèmes la noirceur de l'être humain ainsi que ses plus vilains défauts mais avec ce titre d'album et ce nom de groupe, tout porte à croire qu'aucune espérance n'est permise. Chronique.

Generation Kill c'est d'abord le projet parallèle ou l'autre groupe de Rob Dukes chanteur D'Exodus et de Rob Mochetti connu pour avoir officié dans Pro Pain et  M.O.D. Ajoutons à ces éléments que le premier album Red, White and Blood, a moyennement convaincu son monde avec son thrash core colère. Et voilà la méfiance de mise à l'entame de cette galette. "Born to Serve" débute ainsi avec cet à-priori qui ne trompera pas son monde puisque l'honnête auditeur apprend au premier chant du Rob qu'il n'est qu'un « sacripant d'asservi » (ndlr :«You’re a fucking slave!!» in english in text). Déboule le riff bien conçu mais absolument pas surprenant - y compris son solo- et on défile une première chanson honnête et tout à fait dans le périmètre orchestré et décrit ci dessus. Et ce n'est pas ici que s’arrêtera le cliché musical, les paroles resteront durant tout l'album dans les thèmes chers à ce titre de groupe : la vilaine guéguerre, les corrompus politiques, les abrutissements étatiques des masses. Le "Prophets of War" développe certes une longue intro lente et montante mais absolument rien d’original dans sa suite ou sa composition. Si le titre était sorti à la grande époque du Big Four et de ses nombreux enfants, il aurait éventuellement tiré son épingle du jeu (car force est de reconnaître la maîtrise de la mise en place - encore heureux après trente ans d'expérience !). La première surprise apparaît finalement avec "Death Comes Calling" qui emprunte un peu au stoner que ce soit sur l'intro, les guitares mais aussi le chant de Rob, qui du coup, se révèle pas mal du tout et nous fait un peu oublier le thrash à papa sur lequel il a fait ses preuves.
Du coup après deux morceaux totalement standards et collants aux auteurs, on passe à tout autre chose et la variation surprend (d'autant que certains ajustent leur playlist à leur humeur. Ici, en trois chansons, le revirement de style est quasi complet). Rebelote avec "Friendly Fire" qui balance du super lourd pour en revenir au style premier de l'album mais en bien plus pêchu et bien mieux exécuté, la lead guitare y étant pour beaucoup. Ce super jeu «d'essuie glace musical» se poursuit avec un "Carny Love" metal pesant sans tomber dans les travers du doom pour autant, mais pas suffisamment soutenu pour s'auto labelliser thrash. Décidément Rob et sa troupe nous baladent un peu à droite à gauche dans différents registres et sur ce morceaux central dans le tracklisting c'est pratiquement une torpeur de décibel qui s'installe, ne voulant ou ne pouvant plus adhérer à cette subtile variation des compositions. Si on retrouve à chaque fois des solos de bonne facture, c'est la ligne musicale globale qui au final embête un peu, voire dérange. "Vegas" confirme la sensation et c'est avec peu d'engouement que l'on attaque les deux derniers morceaux : un très (trop) long "There Is No Hope" peu original et un (court) sauveur "We're All Gonna Die" dynamique, classique, thrashique....tragique! Quarante minutes viennent de s'écouler. Pris un par un, les morceaux ne sont pas du tout mauvais et certains sortent même du lot mais quel étrange ordonnancement dans le tracklisting où les mélanges de genre d'une chanson à l'autre sont plutôt maladroits. L'album passerait plutôt bien avec certaines interversions dans les titres.


Ce nouvel album n'est pas mauvais pour qui a envie de se payer une bonne tranche de thrash classique composé et interprète par des gars qui connaissent le job. Malheureusement quelques escapades dans des genres avoisinants sont maladroitement tracklistés et empêchent de passer un bon moment cohérent,  de se lancer dans un exodus de plaisir auditif. On sent que Rob  et sa bande ont une maturité artistique certaine et sincèrement bonne, mais il n'est pas simple de lisser les genres d'une chanson à l'autre dans le même album. Un Homme averti en vaut deux : auditeur, voilà donc de quoi bisser ta raison et appréhender ce deuxième album de la bonne façon !


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