6243

CHRONIQUE PAR ...

108
Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 07 novembre 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Guy Speranza
(chant)

-Mark Reale
(guitare)

-Lou A.Kouvaris
(guitare)

-Jimmy Iommi
(basse)

-Peter Bitelli
(batterie)

TRACKLIST

1) Desperation
2) Warrior
3) Rock City
4) Overdrive
5) Angel
6) Tokyo Rose
7) Heart Of Fire
8) Gypsy Queen
9) This Is What I Get

DISCOGRAPHIE

Rock City (1977)
Narita (1979)
Fire Down Under (1981)
Restless Breed (1982)
Born In America (1983)
Thundersteel (1988)
Immortal Soul (2011)

Riot - Rock City
(1977) - hard rock - Label : EMI



1977, l'année du punk ? Oui, mais pas que. En effet, le mouvement initié quelques années plus tôt par les Ramones explosera bel et bien en 1977 au pays de Sa Majesté. Mais dans le monde du heavy / hard, les choses avancent aussi. Judas Priest pousse ses premiers cris depuis plusieurs années, la nouvelle garde la NWOBHM ne va quant à elle pas tarder à déferler... Et du côté des États-Unis, un nouveau combo majeur va voir le jour. Mesdames et messieurs, Riot.

Rock City, c'est un peu l'archétype parfait du premier album d'un grand groupe en devenir. Un disque fougueux et bourré d'énergie, des envies de tout péter, une candeur et une liberté absolument rafraîchissantes. Guy Speranza, première voix de Riot, met tout son cœur dans des refrains superbes et accrocheurs. Encore davantage hard rock que réellement heavy metal, la bande new-yorkaise pond un album musclé, carré et, ça va sans dire, particulièrement rock'n'roll. En neuf titres, Riot fait déjà preuve d'une indéniable capacité à pondre des tubes. Un mot pour vous en convaincre, un seul mot. "Warrior". Hymne parfait qui, le temps d'un refrain héroïque, laisserait presque entrevoir l'orientation plus « Helloweenienne » du groupe dans les années 80.
Mark Reale, capitaine à six-cordes du navire Riot, inscrit, dès ce premier disque, un bon nombre d'exploits guitaristiques à son tableau de chasse. Sans discontinuer, il assène des riffs tantôt groovy ("Desperation"), tantôt massifs et écrasants (" Overdrive"), quand ce ne sont pas les soli qui sont particulièrement jouissifs et inspirés. "Rock City", la chanson-titre, est virtuose à s'en damner et "Angel" nous décoiffe avec son interminable descente de manche, jamais stérile. Au rayon des rythmiques, on se retrouve avec une palette de tempos assez variés, entre mid-tempo bien puissants et rythmes endiablés.
Mais l'on a aussi l'impression que le groupe est encore un peu « vert », qu'il se cherche. "Tokyo Rose" et "This Is What I Get", qui font du pied à l'AOR, sonnent un peu à part dans un disque particulièrement foufou, et, tempo ralenti oblige, ont l'air de ne pas en finir. Le disque, de très courte durée par ailleurs (un cheveu long au-dessus de la demi-heure), comporte en effet son lot de longueurs désagréables et d'erreurs de jeunesse, notamment quelques refrains scandés jusqu'à l’écœurement ("Tokyo Rose", encore). Quelques morceaux sont aussi plus transparents, et même après de multiples écoutes, "Heart Of Fire" et "Gypsy Queen" ont du mal à se faire remarquer.


Ma note pourra donc sembler sévère, car après de nombreuses écoutes, je n'ai que de minuscules reproches à adresser à Rock City. Mais c'est justement l'absence de ces petits défauts qui fait les très grands albums, catégorie que Rock City rate de pas grand-chose. N'ayez crainte : l'ardent Fire Down Under, cinq ans plus tard, aura droit, lui, à ce glorieux label.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6