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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 05 avril 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Rhett Forrester
(chant+harmonica)

-Mark Reale
(guitare)

-Rick Ventura
(guitare)

-Kip Leming 
(basse)

-Sandy Slavin 
(batterie)

TRACKLIST

1) Hard Lovin' Man 
2) C.I.A. 
3) Restless Breed
4) When I Was Young
5) Loanshark
6) Loved By You 
7) Over To You
8) Showdown
9) Dream Away
10) Violent Crimes

DISCOGRAPHIE

Rock City (1977)
Narita (1979)
Fire Down Under (1981)
Restless Breed (1982)
Born In America (1983)
Thundersteel (1988)
Immortal Soul (2011)

Riot - Restless Breed
(1982) - heavy metal - Label : Elektra



On a tous besoin de changer. Après une rupture, la perte d’un proche, ou bien encore lorsqu’on fait de nouvelles résolutions, le 1er janvier, sur le coup des trois heures du mat’, une coupe de champagne à la main. Avec ce 4e opus, les New-Yorkais de Riot ont fermement décidé que le changement, ça serait maintenant.

Le premier changement notable, le plus évident, est bien sûr d’ordre visuel. La pochette. Exit Johnny, le célèbre homme-phoque qui ornait les trois premiers disques du groupe. Il lui reste bien un peu de fourrure sur le côté gauche de la tronche, mais un bon coup de tondeuse et on en parlera plus. Ce lifting graphique est symbolique d’un changement plus profond et plus important. Car oui, il n’y a pas que la pochette qui change de visage, le groupe lui-même en fait autant. Guy Speranza quitte le navire et cède la place à Rhett Forester. Et le remplacement n’est pas au désavantage du groupe, bien au contraire ! Le nouveau venu assure son rôle de nouveau chanteur avec un talent désarmant.
S’il n’a pas la fougue tonitruante de Speranza, Forrester n’en dévoile pas moins un registre vocal plus étendu que son prédécesseur. Son chant oscille sans arrêt entre rugissements féroces à la Udo Dirkschneider ("Hard Lovin’ Man") et un timbre plus medium et chaleureux qui rappelle l’immense Ronnie James Dio. Ces vocalises délicates en intro de "Restless Breed", la pièce-titre… ça ne vous évoque pas un certain "Don’t Talk to Strangers", qui sortira d’ailleurs un an plus tard ? Et Forrester ne se prive pas d’utiliser toutes ses nuances vocales d’un titre à l’autre, et parfois au sein même des morceaux : un coup caressant, un coup féroce, le nouveau vocaliste apporte de nouvelles couleurs au son de Riot. Et non content d’être un chanteur de talent, le bougre s’avère être également un compositeur doué. Ce n’est sans doute "C.I.A. ", petite perle de heavy mélodique au refrain chromé et aux riffs de feu, qui me fera mentir. Une réussite totale que ce morceau.
Troisième et dernier changement : le style pratiqué ! Riot continue de s’éloigner tout doucement du hard rock qui a fait sa gloire, pour faire un pas de plus vers le heavy metal. On est en 1982, et la NWOBHM explose. Mark Reale assène des riffs toujours plus carrés et, tandis que la rythmique de Sandy Slavin et Kip Leming se veut, elle, de moins en moins syncopée. Le groupe se permet de même de commettre ça et là quelques excès de vitesse, annonciateurs de leur future orientation. J’ai nommé "Loanshark", hargneuse comme il faut, ainsi que "Violent Crimes", conclusion nerveuse et sanguinaire de l’album. Mais  Riot n’a toujours pas abandonné le hard rock : pour preuve, voici un "Loved By You" qui détonne avec son passage central basse/ batterie/ harmonica plein de feeling. "Over to You" est quant à lui un pur tube de hard à l’américaine. On a aussi droit à la bonne vieille ballade "Showdown", et si l’exercice est réussi, c’est surtout grâce à Forrester qui porte le morceau presque à lui tout seul.


Troquant la candeur et la sauvagerie des premiers jours contre une approche toujours plus professionnelle de sa musique, Riot continue d’évoluer doucement. En 38 minutes, Restless Breed synthétise tout ce que Riot sait faire, tout en insufflant de subtils changements, à commencer par ce chanteur hors pair, qui apporte un coup de fouet au son du groupe. De ce fait, ce quatrième album est tout aussi indispensable que ses trois grands frères. A ne pas rater !


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