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CHRONIQUE PAR ...

82
Cedric
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juillet 2013
Sa note : 6/20

LINE UP

-Phil Anselmo
(chant)

-Marzi Montazeri
(guitare)

-Bennett Bartley
(basse)

-Joe Gonzalez
(batterie)

TRACKLIST

1) Music Media Is My Whore
2) Battalion of Zero
3) Betrayed
4) Usurper Bastard's Rant
5) Walk Through Exits Only
6) Bedroom Destroyer
7) Bedridden
8) Irrelevant Walls and Computer Screens

DISCOGRAPHIE


Phil Anselmo and the Illegals - Walk Through Exits Only
(2013) - hardcore - Label : Housecore Records



L'ami Anselmo... Le bonhomme a toujours eu la bougeotte et même si globalement il s'est calmé pendant la dernière décennie (fin de Pantera, problèmes de santé, concerts à tours de bras avec Down) il reste le type un peu chien-fou qui beugle à qui mieux-mieux pour lui ou ses potes. En revanche, mis à part Down et le premier Superjoint Ritual, il a un peu souffert du syndrome dit « de Maxou », inspiré du père Cavalera et tiré de mon opinion sur les multiples sorties dispensables du Brésilien.

Et là, le Phil débarque avec un album où il se la joue Fred Durst en collant sa tronche sur la pochette, en gardant ce joli minois hardcore du type qui cogne avant de parler et qui parle avant de réfléchir. Et il débarque avec un truc qui s'appelle Walk Through Exits Only, huit morceaux pour quarante minutes de musique. Et vous savez quoi, avant même d’écouter la première seconde, on SAIT ce que le quartet va nous proposer. Ça se sent. Ça sent… Ça sent la merde.
Bah ouais, soyons honnête, ça sent la merde, et rien que le morceau d’intro de deux minutes, "Music Media Is My Whore" nous donne les ingrédients qui vont composer ce Walk Through Exits Only : Anselmo va rester bloqué sur cette composante faussement hardcore de sa voix, celle qui nous avait cassé les bombons sur le dernier Superjoint Ritual, les zicos vont se la jouer thrash metal méchant, le batteur va enchainer les plans binaires et les explosions de double, le bassiste ne va pas exister et le gratteux alternera riff saccadés et plans dissonants.
Ecoutons "Battalion Of Zero" pour voir. Oh !? Le rédacteur de cette chronique avait raison. Il avait cependant oublié d’ajouter que sur l’album, il n’y aurait pas dix riffs potables, pas une idée suivie, juste une succession de plans faussement hostiles. Anselmo, après nous avoir gratifié de très bonnes parties vocales sur les derniers Down (studio hein) retombe sur ce qui avait flingué la dernière tournée de Pantera, ce dont il avait usé et abusé sur Superjoint : le chant rageur bas du front.
Dans les choses que le chroniqueur n’a pas encore énoncées, il y a la durée des morceaux qui entamerait la patience d’un prof de bio en quatrième au moment de la présentation des zizis et des zezettes, vues en coupe et en schémas page 38. "Betrayed" est insupportable, pour de vrai, mais peut-être pas autant que "Walk Through Exits Only", longue, trop longue, diluant tellement les quelques bonnes idées qu’il ne reste qu’un truc aussi digeste qu’une tarte au sucre. Et ainsi de suite. Cinq minutes en moyenne, c’est bien trop.


Tirant parfois vers Pantera ("Irrelevant Walls And Computer Screens"), parfois vers Superjoint ("Battalion of Zero"), Philip H. Anselmo And The Illegals n’est pas convainquant et propose une musique vaine, froide et artificielle, pendant quarante longues minutes où il ne se passe pas grand chose. Enfin si, on décroche, on a envie de faire pipi, de s’en griller une ou d’écouter une interview de Jean-Pierre Elkabbach. Ou alors c’est moi. Je dois vieillir.


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