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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mars 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

Phil Anselmo and the Illegals :

-Phil Anselmo
(chant)

-Marzi Montazeri
(guitare)

-Bennet Bartley
(basse)

-Joe Gonzales
(batterie)



Warbeast :

-Bruce Corbitt
(chant)

-Scott Shelby
(guitare)

-Bobby Tillotson
(guitare)

-Alan Bovee
(basse)

-Joe Gonzales
(batterie)

TRACKLIST

1) Conflict (Nerve Meets Bone) – Phil Anselmo and the Illegals
2) Birth of a Psycho – Warbeast
3) Family, "Friends" and Associates - Phil Anselmo and the Illegals
4) It Warbeast

DISCOGRAPHIE


Warbeast + Phil Anselmo and the Illegals - War of the Gargantuas (split EP)



On l'a bien compris désormais, les thrashers vétérans de Warbeast sont les petits protégés de Phil Anselmo. Après les avoir signés sur son label Housecore Records, ce dernier les a également emmenés en tournée en première partie de Down il y a peu. Et au moment de dévoiler les premiers morceaux de son premier album solo déjà maintes fois évoqué par le passé, il n'est guère surprenant de voir Anselmo recourir à ce drôle de format très prisé dans l'underground qu'est le split.

Commençons par la moitié la plus attendue, tant par le prestige du bonhomme que par l'effet de nouveauté, je veux bien sûr parler de Phil Anselmo and the Illegals. On sait que Phil Anselmo a un côté touche-à-tout et qu'il a tapé dans pas mal de styles différents à travers les multiples formations dans lesquelles il a évolué (Pantera, Down, Necrophagia, Superjoint Ritual, Arson Anthem et j'en passe…). Avec Christ Inversion, un groupe qui n'a pas été plus loin que le stade de la démo, Anselmo avait tâté du black metal (à la guitare uniquement). Le voilà de retour dans ce style avec "Conflict (Nerve Meets Bone)" un opener qui prend direct à la gorge. Avec son tempo medium, son jeu batterie tout en roulements et ses riffs en tremolo, le couplet entier nous ramène à ce style… avec par-dessus la voix si typée d'Anselmo, qui s'arrache les cordes vocales comme à la grande époque. Le mélange est plutôt réussi, même si le refrain, qui nous ramène davantage vers le groove metal, est loin d'être aussi convaincant. A côté, "Family, "Friends" and Associates" est déjà nettement moins surprenant puisque ce titre sonne comme un mélange de sludge et de power metal à la Pantera, soit le domaine habituel d'Anselmo. Disons qu'on aurait pu attendre de cette première escapade solo qu'Anselmo aille chasser dans des terres un peu différentes, même s'il faut reconnaître que ce morceau est beaucoup plus brut que ceux de Down.
En ce qui concerne Warbeast, on n'attendait aucune surprise de leur part… et cela tombe bien, car ce n'est nullement au programme du jour. Les Texans, qui ont déjà perdu un des ex-Gammacide, en l'occurrence le guitariste Rick Perry, continuent leur bonhomme de chemin avec ce thrash un peu hybride, qui ne sait pas trop s'il doit aller à fond dans le côté old school ou opter pour une approche moderne portée sur le métissage. Les deux titres présents sur ce split traduisent bien cette valse-hésitation : d'un côté, l'hystérique (ça tombe bien, c'est raccord avec le titre) "Birth of a Psycho" mélange allègrement un tas d'ingrédients différents, entre la cavalcade thrash classique sur le couplet, les moments de bastonnade façon death metal sur le refrain ou le passage en mode bulldozer sur le break, ainsi que quelques incartades assez groovy. A l'inverse, "It" préfère se cantonner au style de base du groupe, à savoir le thrash old school, genre dont il maîtrise parfaitement les codes. La bonne nouvelle, commune à ces deux titres, c'est qu'après une prestation en demi-teinte sur le premier album Krush the Enemy, Bruce Corbitt semble avoir retrouvé toute sa verve. Quand on sait que ces deux titres, fort bons au demeurant (surtout "It"), ne figurent au menu de Destroy, le second album du groupe qui s'apprête à sortir début avril, on se dit que celui-ci devrait vraiment valoir le coup.


Difficile d'évaluer l'intérêt commercial de ce genre de produit, avant tout destiné aux fans hardcore et aux collectionneurs. On aurait pu imaginer qu'avec un bel artwork, le format vinyle pouvait être sympa, mais celui-ci est moche de chez moche (même si le clin d'œil au film japonais du même nom sorti dans les années 60 est plutôt bien vu). Reste que c'est le contenu qui prime, et sur ce point, avec War of the Gargantuas, on a affaire à 4 bons titres de bon augure avant la sortie prochaine des albums de deux formations. C'est l'essentiel, non ?


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