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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 30 juillet 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Mutz Hempel
(chant + guitare) 

-Marcelo Vasquez Rocha 
(guitare) 

-Fabian Harms 
(basse) 

-Felix Hoffmeyer 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Format C
2) Making Believe
3) Deepest Red
4) Zombies in the Moshpit
5) For Torch and Crown
6) Burning Storybook
7) Croak in your Waste
8) Stick to Yourself
9) Short Way Down
10) Bloody Mary

DISCOGRAPHIE


Drone - For Torch And Crown
(2012) - thrash metal metalcore - Label : Metalville



Drone, c'est le groupe qui a remporté la Metal Battle du Wacken Open Air en 2006. Ca fait toujours classe devant les potes ou sur une page wiki, mais cela n'a pas forcément d'impact sur la suite des opérations. S'il est un peu tôt pour juger la trajectoire des Israéliens d'Hammercult, vainqueurs l'an dernier et qui viennent juste de sortir leur premier album, on ne peut pas dire que cela ait boosté les carrières de Crysys (Espagne, 2009), The Fading (Israël, 2008) ou Torture Squad (Brésil, 2007). Finalement, seul Battle Beast su tirer son épingle du jeu en ouvrant pour Nightwish et en signant chez Nuclear Blast ; pour les autres…

Histoire de faire rapidement les présentations, Drone, c'est du metal dit « moderne » (donc ringard dans quelques années) : un mélange de thrash, de power US et de metalcore, avec une petite touche de melodeath de temps à autre et une certaine influence In Flames sur les refrains. Sacré programme, car avec autant d'ingrédients, il y a moyen de faire rapidement une mixture imbouffable. Pas de problème ici, les Allemands maîtrisent leur sujet, hormis peut-être les éléments metalcore qui sonnent souvent un peu forcés : tant qu'il s'agit de pondre des refrains dans ce style, le groupe assure sans coup férir ("Format C" et j'en passe), mais lorsqu'il nous case des plans instrumentaux, la caricature n'est jamais très loin (le break de "For Torch and Crown", plus cliché tu meurs). Après, quand il faut brasser tant d'éléments, il faut faire des choix, et certains peuvent faire débat.
C'est le cas de "Stick to Yourself", sur lequel on va s'attarder car ce titre avait tout pour être la tuerie ultime de l'album. Le couplet à la Slipknot est MONUMENTAL, avec un riff sec et ultra-nerveux et un Mutz Hempel très convaicant en mode Corey Taylor. C'est une véritable décharge d'adrénaline à l'état pur, qui vous donne envie des faire des trucs débiles et gratuits, comme aller en boîte et multiplier les mains au cul des gonzesses, histoire d'avoir le plaisir de se bastonner avec leur mecs (quitte à prendre une branlée). Et puis le refrain arrive, et là c'est le drame : c'est de la pop (on pense très fort au refrain de "Ana's Song" de Silverchair, pour vous situer le truc), pas mauvaise certes, mais bon, on attendait autre chose… Ah, le drame du metalcore et de l'utilisation du chant clair, heureusement fort peu fréquent sur cet album… Un véritable acte manqué ce titre.
Maintenant, ça reste quand même pas mal, à l'image de tout cet album qui finit par s'imposer sans pourtant faire grosse impression au départ. A part "Burning Storybook", un titre melodeath influencé par In Flames et doté d'un refrain de grande classe, il n'y a pas vraiment de hit immédiat sur cet album. Un comble pour un groupe qui joue autant sur la corde metalcore ! A la limite, il y a "Short Way Down", un titre assez basique, pas exceptionnel mais sur lequel l'alliance entre le riff groovy et le refrain en mode bulldozer fait effet très rapidement. Pour le reste, on a affaire à des titres solides, mais pas forcément éblouissants au premier regard. La môme Drone n'est pas du genre à déballer toute la marchandise et vous faire la totale dès le premier soir, il faut prendre son temps et la courtiser assidûment pour qu'elle vous dévoile ses charmes. Et elle n'en manque pas, la bougresse…


Ce troisième album de Drone fait partie de la catégorie la plus frustrante, celle des albums dont on sait qu'ils sont bons, mais dont on sent qu'il ne manque pas grand-chose pour accéder au palier supérieur. Le genre d'album dont on a envie de faire la propagande auprès des potes, mais avec des phrases pas très engageantes comme « Ecoute cet album, il est excellent… enfin, pas cette chanson, mais la suivante, tu vas voir, elle tue » ou encore « Génial ce titre, enfin ouais, ce passage est pas top mais bon… » Il faut donc le prendre avec ses nombreux bons et ses quelques mauvais côtés, et il y a de grandes chances pour que For Torch And Crown soit un simple plaisir solitaire… mais un plaisir quand même au final.


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