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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Mutz Hempel
(chant+guitare)

-Marcelo Vasquez
(guitare+chœurs)

-Martin Froese
(basse+chœurs)

-Felix Hoffmeyer
(batterie)

TRACKLIST

1)Theopractical
2)Welcome To The Pit
3)Stampmark
4)Chainsaw Symphony
5)Jericho
6)In The End
7)High Octane
8)Intimidation
9)Life Of Riley
10)Carnophile
11)One In A Million

DISCOGRAPHIE


Drone - Head-On Collision



C'est toujours quand on croit qu'on a fait le tour d'un genre qu'il se renouvelle, juste pour nous donner tort. Le heavy/thrash mélodique US ne semblait plus avoir grand-chose à dire depuis que le metalcore s'est imposé partout : de l'eau a coulé sous les ponts depuis l'excellent We've Come For You All d'Anthrax et en attendant l'arrivée du nouveau Megadeth on n'a guère eu que le Stone Sour à se mettre sous la dent. Et voilà que débarque Drone et son premier album Head-On Collision sorti de nulle part pour nous rappeller que le thrash mélodique US c'est bien, surtout quand il sert de base à une musique à la fois variée et efficace. Et que le groupe est allemand.

Drone déploie en effet une palette mine de rien assez étendue : on passe sans heurt des influences hardcore de "Theopractical" aux riffs à la suédoise de l'intro de "Welcome To The Pit" et aux arpèges de "In The End". Le son réjouira en tous cas les fans du genre : impossible de ne pas penser à Anthrax, une touche de modernité bienvenue en plus. La production fait passer la clarté avant la violence : point de son énorme ou de mur de guitares ici mais une prod qui met l'accent sur le jeu des musiciens, avec un son de guitare gras mais pas éléphantesque qui passe très bien et permet au groupe de confirmer sa double identité thrash et mélodique. On finira cette partie descriptive en évoquant le cas Mutz Hempel: pas très impressionnant à première vue, le chanteur déploie au final un spectre large qui rappelle tour à tour Phil Anselmo (Pantera) dans ses cris, Corey Taylor (Slipknot) dans son chant clair et même Chad Gray (Mudvayne) dans son chant agressif/mélodique. Pas les pires références donc, et sa voix solide et maîtrisée reste une source de plaisir tout au long de l'album.

Les mélodies de guitare sont omniprésentes et se lient sans cesse à des riffs efficaces : "Theopractical" envoie le bois niveau headbanging, merci une section rythmique ultracarrée qui rappellerait presque un groupe de néo tant le groove est béton. Les influences de Drone sont claires : Anthrax bien sûr, Pantera (le riff-pivot de l'excellent "Jericho"), Grip Inc. (écoutez le chant sur le refrain de "Stampmark"), j'en passe... mais Drone se complaît à ne prendre chez ses groupes référentiels que quelques éléments et à les combiner à leur propre son et à leurs autres influences. Si la guitare renvoie à un groupe sur un titre le chant renverra ainsi forcément à un autre, et ce « truc » permet à Drone de ne jamais sonner comme une copie carbone. Quand In Flames pointe le bout de son nez sur "Chainsaw Symphony" (dont les bruitages de tronçonneuses ont été piquées au "Lumberjack" de Jackyl au passage), la suite invalide immédiatement la référence en balançant un riff ultramoderne et un un refrain n'ayant rien à voir avec la sauce... au final ça fonctionne et ça s'enchaîne parfaitement.

"Jericho" donne a entendre un riff de power-metal imparable qui combine salves à la Fear Factory à un sens du groove totalement pantérien, et quand le couplet rythmiquement déjanté et le refrain mélodique limite MTV se marient comme par magie on est forcé de reconnaître au combo un certain talent. Drone assure tout le temps : rock mélodique ("In The End"), groove jumpy, thrash direct ("High Octane" contient les deux, entre autres), ça marche à chaque fois. Par contre le groupe se fourvoie parfois quand il oublie sa politique de ne jamais reprendre tous les éléments d'une influence : "Intimidation" sonne vraiment comme une repompe de Pantera par moment car le chanteur se la joue Anselmo alors que les riffs évoquent le même groupe. Heureusement que ça arrive peu souvent et que ça ne dure pas longtemps, car dans le cas contraire Head-On Collision perdrait énormément de son (réel) impact. Sorti de ces quelques moments d'errance, le disque reste une belle démonstration d'efficacité et de diversité, tombant à point nommé pour nous rappeler que le thrash est multiple.


Drone pousse donc le principe du patchwork dans ses retranchements pour accoucher d'une oeuvre bien foutue et variée dont l'identité est assez forte pour marquer favorablement l'auditeur. Album attachant par excellence, Head-On Collision n'est certes pas un chef-d'oeuvre ou une grande avancée mais il saura (beaucoup) plaire aux fans du genre et sera sûrement très bien accueilli par les fans de metal en général. Oubliez le pays d'origine du groupe, et si vous aimez tous les albums auxquels Bigduff à mis une bonne note ne ratez surtout pas ce disque!


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