UptDptOpt_Dominator

CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2009
Sa note : 8.5/20

LINE UP

-Udo Dirkschneider
(chant)

-Stefan Kaufmann
(guitare)

-Igor Gianola
(guitare)

-Fitty Wienhold
(basse)

-Francesco Jovino
(batterie)

TRACKLIST

1)The Bogeyman
2)Dominator
3)Black and White
4)Infected
5)Heavy Metal Heaven
6)Doom Ride
7)Stillness of Time
8)The Devil's Rendezvous
9)Speed Demon
10)Whispers in the Dark

DISCOGRAPHIE

Mission No. X (2005)
Mastercutor (2007)
Dominator (2009)
Leatherhead (EP) (2011)
Rev-Raptor (2011)
Steelhammer (2013)

U.D.O. - Dominator
(2009) - heavy metal - Label : AFM Records



Les nerfs des amateurs de heavy allemand ont été mis à rude épreuve ces derniers temps. Running Wild vient de prendre sa retraite, Grave Digger se montre plus irrégulier que jamais, Primal Fear à décidé d' « évoluer » (le mot tabou par définition dans la sphère du heavy allemand)… En ces temps troublés et pleins d'incertitudes, il ne reste plus que trois valeurs refuges : Paragon, Metalium et surtout le Parrain, le Big Boss qui nous revient avec douzième album : U.D.O.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas U.D.O. et surtout son leader Udo Dirkschneider, ancien chanteur des légendaires Accept, sachez que celui-ci est au heavy metal ce que le sorbate de potassium est aux yaourts aux fruits : un très puissant agent conservateur. De là à dire que ses albums sont tous les mêmes, il n'y a qu'un pas… qui peut être franchi allègrement. Disons qu’il y a de temps à autre des différences minimes qui font que certains sont mieux reçus que d’autres, comme ce fut le cas pour Mastercutor. Celui-ci fut globalement jugé comme correct, et pourtant quand on voit le niveau de cet album… Du coup, ai-je besoin de vous préciser que je n’attendais pas grand-chose de cette nouvelle livraison d’U.D.O. ?

Allez hop, on se motive, on fait chauffer le lecteur MP3 (le temps des CD promos semble bel et bien révolu) et là, petite surprise avec le premier titre "The Bogeyman" : mais c'est qu'il claque ce titre ! Rien de révolutionnaire, rassurez-vous : un riff heavy simple mais qui décoiffe, et qui est d'ailleurs le même sur le couplet et sur le refrain (ben oui, pourquoi se faire chier ?), une rythmique binaire mid tempo bien martiale, et surtout le chant de canard furax si caractéristique de Udo. C'est con, mais ça suffit pour faire un titre de heavy allemand efficace. Le deuxième titre "Dominator" étant dans la même veine, quoique déjà un peu moins efficace, j'étais déjà prêt à réviser mon avis plein de préjugés (oui je sais c'est pas bien).

Mais il n'aura pas fallu attendre longtemps pour retrouver le U.D.O. poussif des derniers albums. Sur "Black and White" ou "Doom Ride", les ingrédients sont plutôt riff torché en deux minutes, rythmique fainéante et refrain proche du niveau zéro (si on considère que répéter quatre fois la même expression de trois mots sur le même air constitue un refrain). Autres gros ratés, le très lent "Heavy Metal Heaven" qui joue la carte de l'hymne pour fans bourrés mais le refrain appuyé par moult chœurs de guerriers est archi-nul. Quant à "Stillness of Time", le couplet vaguement mélancolique est assez prometteur, mais le refrain ultra-caricatural fait disparaître toute l'émotion. Sans parler de l'insignifiante ballade "Whispers in the Dark"…

Parmi les quelques trucs à sauver, on citera "Infected", un titre speed basique sorti auparavant en EP. Quand on songe qu'il avait été alors plutôt fraîchement accueilli et qu'il figure parmi les titres les moins mauvais de Dominator, ça vous donne une idée du niveau général de l'album… Il y a aussi "Speed Demon", autre titre speed qui rappelle les premiers Primal Fear. Alors oui, c'est super basique, mais on a le droit de prendre son pied sur ce genre de de temps en temps non ? On regrettera que le solo soit si faiblard, mais on a l'habitude avec Stefan Kaufman. Enfin on retiendra la curiosité "Devil's Rendezvous", un morceau à la rythmique sautillante, pas impérissable mais qui a au moins le mérite de surprendre et de varier un peu le propos.


Ce nouvel U.D.O., dans la lignée de ses dernières « œuvres », fait penser aux albums des yéyés dans les années 60, qui en sortaient 3 par an : un titre un minimum travaillé, et que du remplissage plus ou (surtout) moins potable autour. Si vous êtes nostalgiques d'Accept, n'hésitez pas une seconde et tournez-vous plutôt sur l'album solo d'Herman Frank (chronique ici), tout aussi caricatural mais largement meilleur. Et puis pour U.D.O., on sait déjà que de toute façon on se retrouvera dans deux ans pour la sortie d'Aspirator, Cherchepatator, Micheltor ou n'importe quel autre nom à deux balles (to the wall)…


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