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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 14 février 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jiotis Parachidis
(chant)

-Herman Frank
(guitare)

-Peter Pichl
(basse)

-Stefan Schwarzmann
(batterie)

TRACKLIST

1)Moon II
2)7 Stars
3)Father Buries Son
4)Heal Me
5)Hero
6)Kill the King
7)Down to the Valley
8)Lord Tonight
9)Bastards Legions
10)Welcome to Hell

DISCOGRAPHIE

Loyal To None (2009)

Frank, Herman - Loyal To None
(2009) - heavy metal hard rock - Label : Metal Heaven



Dans la sphère heavy metal, il existe une vraie culture du groupe. Même des types qui réalisent des albums tout seuls se cachent parfois derrière l'anonymat d'un nom de groupe, comme Bathory pour l'exemple le plus célèbre. Donc quand un gus sort un album sous son propre nom, on peut en déduire que soit il a un égo surdimensionné (généralement des guitar-heroes), soit il considère son nom comme suffisamment éloquent (Ozzy, Bruce Dickinson…). Le hic, c'est que le nom de Herman Frank, comme ça, ça parle pas à grand-monde…

«- Les 2 au fond de la classe ? Non c'est bon, vous pouvez vous rendormir. Les autres ? Non ? Bon ben toi alors, au 1er rang, qui lève la main depuis 5 minutes…
- C'est l'ancien guitariste d'Accept m'sieu, sur Restless And Wild et Balls To The Wall !
- Bon, c'est bien, au moins y en a 1 qui révise de temps en temps…
»
Depuis ce passage éclair dans les rangs de la légende allemande, Herman Frank n'est pas resté les bras croisés : une pelletée d'albums avec Victory et Moon Doc, puis une reconversion dans la production (auprès notamment de Molly Hatchet, Saxon et Rose Tattoo pour les plus connus). Mais visiblement, l'envie de remettre le bleu de chauffe le démangeait et, lassé d'attendre des nouvelles de ses compères de Victory, Frank s'est lancé en solo. Pour son premier effort, l'homme s'est entouré d'une solide équipe : Jiotis Parachidis (Victory) au chant, Peter Pichl (Running Wild) à la basse et Stefan Schwarzmann (ex-pleins de groupes, dont Running Wild et U.D.O.) à la batterie. Un véritable All Star Band ! Peut-être pas les noms les plus ronflants, mais que des types ayant fait partie de groupes appartenant à l'élite du heavy mondial ! Bon OK, j'exagère un peu, disons l'élite du heavy allemand. Ce qui, comme tout le monde le sait, revient au même dans le fond…

Évidemment, avec une telle équipe, Herman Frank est bien armé pour briller dans son registre de prédilection : le heavy metal. Et la réponse ne tarde pas à tomber : c'est oui, et pas qu'un peu Votre Honneur ! Le plus étonnant vu le background de tous ces gars, c'est qu'ils réussissent brillamment à éviter la caricature. À la limite sur "7 Stars", où Schwarzmann se prend pour Jörg Michael, mais c'est bien fait et ça passe facilement, pour 2 raisons. Déjà, un savoir-faire indéniable, notamment dans les mélodies vocales très soignées. C'est ce qui permet à des titres comme "Moon II", "Lord Tonight" et surtout "Father Buries Son" et son excellente rythmique tagada de se démarquer, grâce à de superbes refrains. Ensuite, parce que Frank a misé sur le bon cheval avec Parachidis. Voilà un sacré chanteur de heavy, avec une bonne voix légèrement éraillée, qui se la pète pas mal mais juste ce qu'il faut, sans en faire trop, et qui sublime quasiment tous les refrains. Et Frank dans tout ça ? Le bonhomme est une fine gâchette, qui dégaine solo sur solo tout en prenant bien soin de ne pas tomber dans la démonstration stérile. Mais son principal point fort, c'est cette capacité à composer des titres agissant comme des shoots maousse de testostérone. Ecoutez "Down to the Valley" par exemple : ça vous donne pas envie de gonfler le poitrail, lever le poing et entonner des louanges à sa gloire ?

En vieux briscard, Herman Frank n'a pas oublié ce point fondamental, trop souvent négligé par les groupes de heavy allemand : il faut savoir varier les registres pour éviter l'indigestion au bout de 5 ou 6 titres. Et par là, je ne sous-entends pas la simple insertion d'un mid tempo au beau milieu d'une orgie de titres speed ! 1ère étape de cette stratégie : la ballade. Un exercice dans lequel Frank se débrouille bien, avec un "Heal Me" qui sent bon les ballades hard US des 80's à la Bon Jovi. Seul impair, ces effets inutiles sur la batterie, qui prend par moment des sonorités indus (!). Alors oui, la mélodie est un peu facile, mais terriblement efficace. 2ème étape : pondre quelques titres hard rock pour obtenir un mélange des genres, un peu à la manière de Sinner. Avec son riff à la fois mastoc et groovy et son refrain faussement heavy, "Hero" viendrait presque chasser sur les terres de… Nickelback ! Dommage que le vieux Frank soit moins sexy que Chad Kroeger, cela risque d'être difficile pour faire péter une vidéo en heavy rotation sur MTV et écouler des palettes de CD ! Pour un premier essai, c'est pas mal, mais ce titre est largement supplanté par "Bastard Legions". Voilà un titre de hard rock bien fun, transcendé par l'excellente d'un Parachidis très à l'aise dans ce registre, et qui donne immédiatement envie de se remuer le popotin !


Comme le dit ce célèbre proverbe, ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces. Avec presque 30 ans de métier au compteur, Herman Frank connait parfaitement son affaire et sait s'y prendre pour faire sonner un album de heavy. Carré et puissant lorsqu'il donne dans le heavy, fun et sans prise de tête lorsqu'il lorgne vers le hard rock, constamment tourné vers l'efficacité maximum en allant droit au but, Loyal To None a vraiment tout pour lui. Amateurs de heavy, ne passez surtout pas à côté !


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