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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 24 décembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Elizabeth Davidson "Liz" Fraser
(chant)

-Robin Andrew Guthrie
(guitare)

-Simon Philip "Raymonde" Pomerance
(basse)

TRACKLIST

1) Ivo
2) Lorelei
3) Beatrix
4) Persephone
5) Pandora (for Cindy)
6) Amelia
7) Aloysius
8) Cicerly
9) Otterley
10) Donimo

DISCOGRAPHIE


Cocteau Twins - Treasure
(1984) - gothique pop rock heavenly voices - Label : 4AD



En 1998, Theatre of Tragedy a eu une idée que le groupe a peut-être trouvée originale. « Et si on faisait un album / une chanson avec que des prénoms ? Mais oui, saperlipopette ! Pourquoi ne pas y avoir pensé avant !! » Résultat des courses, un bel album, Aégis. Mais quatorze ans auparavant, des jumeaux avaient déjà eu cette idée… À moins que les Norvégiens aient voulu leur rendre hommage...

Quoiqu'il en soit, l'album obtenu en 1984 est encore meilleur que le LP susnommé. Affirmer que Garlands et Head Over Heels sont à Cocteau Twins, ce que Dead Can Dance est à Dead Can Dance, à savoir des œuvres ne définissant pas encore le contenu véritable du projet, ne constitue en aucun cas une insulte à ces deux premiers albums d’excellente facture. Simplement, le Cocteau Twins que le public connaît débute avec un Trésor. Elizabeth abandonne un registre indie « classique » pour se consacrer à sa prodigieuse démultiplication célestielle. Musicalement et esthétiquement, le trio donne une patine gothique du plus bel effet à son pop-shoegaze et sort ce qui, je suppose, a dû être une sacrée sensation musicale. Rendez-vous compte, au moment où Metallica assommait le monde avec Ride the Lightning, des Anglais faisaient se rencontrer Kate Bush et The Cure. Présent pour le premier spectacle, j’ai loupé le second… Je me console en me disant que le temps ne semble pas avoir d’emprise sur Treasure.
Ni sur "Ivo" le magnifique, et ses paroles donnant le nom de plusieurs titres de l’album. Ni sur "Lorelei" la candide, ni sur "Persephone" la rockeuse au grands yeux. En réalité, je ne formulerais que deux légers griefs envers cette pièce fondatrice d’un merveilleux courant musical. D’une part, quelques titres un peu en-deçà des autres, émotionnellement et/ou musicalement parlant. D’autre part, le défaut caractéristique des Cocteau Twins à mon sens : cette absence d’intérêt pour la fin des titres, toujours abrupte, jamais travaillée. Comme si seul le début comptait. Avec ou sans final recherché, des titres comme "Aloysius" - si vous connaissez Le Groupe Obscur, vous saurez quelle est leur source d’inspiration - ou "Amelia", son ambiance irréelle et les « la la la la » d’Elizabeth savent subjuguer l’auditeur et quand l’étrange, quasi-épique "Donimo", sorte de lieu de rendez-vous entre enfer et paradis, égrène ses dernières notes, la sensation d’avoir rêvé d’un monde éthéré persiste pendant des heures…

Treasure la splendide définit Cocteau Twins dans sa version adulte et propose au monde une œuvre mélangeant candeur, guitares noisy et voix provenant du monde d’en-haut. Le troisième album des Britanniques propose également à l’auditeur non bilingue un défi de taille : comprendre les paroles… Le fait d’avoir l’impression d’entendre par moments une langue inventée n’est pas le moins puissant des tours de magie concocté par Elizabeth, Robin et Simon…



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