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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 24 août 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Kelly Shaefer
(chant+guitare)

-Rand Burkey
(guitare)

-Frank Emmi
(guitare)

-Antonio "Tony" Choy
(basse)

-Josh Greenbaum
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-David Smadbeck
(piano sur "Samba Briza")

TRACKLIST

1) Green
2) Water
3) Samba Briza
4) Air
5) Displacement
6) Animal
7) Mineral

8) Fire
9) Fractal Point
10) Earth
11) See You Again
12) Elements

DISCOGRAPHIE


Atheist - Elements
(1993) - death metal death technique - Label : Music For Nations



En cette année 1993, Atheist n’est plus. Le groupe a en effet décidé de se séparer. Contractuellement, les Floridiens doivent toujours un album à Active Records. Kelly Schaefer décide donc d’honorer ses engagements en offrant un ultime opus des athées. Il réunit donc des musiciens rencontrés peu de temps auparavant, à l’instar du guitariste Frank Emmi et du batteur Josh Greenbaum pour se mettre au travail.

Quarante jours. C’est le temps qu’il a fallu à Atheist pour accoucher de son alors dernier enfant. À l’écoute du résultat final, on ne peut qu’être impressionné, tant les compositions sont cohérentes et parfaitement exécutées. Le défi de l’élaboration de ce disque rend encore fier Schaefer. Mais que propose cet Elements ? Un album d’Atheist, ce que prouvent ces sonorités si particulières. "Green" qui ouvre le bal est en tout point conforme avec ce que l’on peut attendre des Floridiens : rythmiques entraînantes, nombreuses syncopes, riffs de guitare et soli incisifs, la basse folle de Tony Choy enrobant enfin l’ensemble comme il se doit. Les premiers titres laissent pourtant présager d’un changement. Ils paraissent plus posés et malheureusement plus communs, si tant est que l’on puisse employer ce qualificatif pour parler d’un morceau du quintet. Le jeu de Greenbaum n’a rien à voir avec celui de Steve Flynn. Moins puissant mais tout aussi technique, il est plus jazzy. C’est d’ailleurs dans ce style musical qu’officiait Greenbaum avant sa rencontre avec le leader d’Atheist. L’ensemble de cette sortie s’en trouve ainsi marqué. Elements combine des parties death technique à d’autres plus jazz. Certains intermèdes vont même plus loin. "Samba Briza", comme son nom l’indique, déroute avec ses deux minutes de danse latine.
Dans sa volonté de se démarquer de la masse de formations estampillées metal tout en se renouvelant, les Nord-Américains semblent être tombés dans un piège. Comment ne pas s’enfermer dans une démonstration technique et avant-gardiste, qui bien que réussie, peut paraître, aux yeux de beaucoup, stérile ? Unquestionable Presence était parvenu à éviter cet écueil. Elements qui se laisse difficilement apprivoiser, donne parfois l’impression désagréable de manquer d’âme. De mon humble avis, il s’agit du moins réussi de la carrière des Floridiens. Non pas que les bons titres manquent à l’appel : "Water", "Animal" ou encore "Mineral" sont d’excellente facture. Malheureusement, pas de morceaux dantesques de la trempe de "Piece of Time" ou de "Mother Man". Les différents intermèdes qui égrainent Elements ne parviennent pas non plus à instaurer une véritable ambiance.


Atheist achève, croit-on alors, sa carrière en 1993 par un disque atypique, difficile d’accès, en avance sur son temps. C’est d’ailleurs l’une des raisons de la séparation de ce talentueux groupe : une absence de reconnaissance générale et un soutien très faible, dus à une singularité musicale importante. Il faudra attendre plus de dix ans pour que la formation ne refasse surface et offre un successeur à cette mythique trilogie.



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