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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 11 août 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Lauri Annala
(chant)

-J. Seppänen
(guitare)

-Juho Hautaniemi
(guitare)

-Jarko Sillanpää
(basse)

-Pekka Paavola
(batterie)

TRACKLIST

1) Vaisto
2) Kuihtuvan maan puoliso
3) Ennustus
4) Ikiuni
5) Painajaisten syleilyssä
6) Ikuisen kuoleman alttarille
7) Kylmyyden ytimessä

DISCOGRAPHIE


Väki - Kuolleen maan omaksi



« Bienvenu au pays des trémats ! », ainsi Väki, J. Seppänen un de ses guitaristes et Jarko Sillanpää son bassiste vous accueillent-ils. Et des doubles lettres aussi (lisez donc tous les titres et noms des membres). Cela a-t-il une quelconque conséquence sur la musique ? L’être humain rationnel que je suis espère que non. Laissons donc Väki vaquer à ses occupations.

Une mise en bouche sur fond de lenteur que ne renierait pas Shining sur son opus III, voilà qui est intéressant, nous sortons du schéma classique intro/trémolo/blast. Si les blasts n’en sont pas pour autant délaissés (ni les trémolos), tout un chacun appréciera leur caractère mesuré. En ce sens, Väki s’éloigne un peu de ses aînés Finlandais qui, s’ils ne fondent pas sur nos tympans le pied constamment au plancher, s’épanchent abondamment dans le blast. A ceci, la troupe nordique ajoute une variété dans ses riffs et ses rythmes qui forgent une aura d’une richesse fort agréable et somme toute peu commune dans le monde du black metal finnois, et mondial tout court. L’étonnement point même carrément à l’entente de ce solo un peu sorti de nulle part sur "Kuihtuvan maan puoliso", mal intégré et posé comme un cheveu sur la soupe au milieu de riffs très Dark Funeraliens, et pourtant délectable, comprenne qui pourra.
Cette réalisation marque donc des points régulièrement dans l’esprit de l’aficionado noir, tout du moins celui qui aspire à plus que la brutalité pure. La bonne nouvelle est que l’ensemble tient la route sur les quelques cinquante minutes que compte la sortie. Cinquante minutes, cela signifie un objet bien rempli et des chansons, au nombre de sept seulement, qui vont constamment tutoyer les sept – huit minutes. Cela pourrait être source de problème pour l’impatient, et même pour le plus calme si la qualité n’était pas là. Seulement, elle est présente en parallèle des variétés déjà énumérées. La globalité donnée en pâture à nos tympans a alors tout de la réjouissance. Les atmosphères multiples distillées le long des compositions s’imposent à nous, pas toujours tortueuses, mais bien torturées. L’appel aux arpèges de "Ennustus" démontre sans en avoir le besoin que les Finlandais piochent dans tous les outils à leur disposition afin de contenter leur auditoire.
Au-delà de la technique instrumentale, Väki mise également sur un chanteur qui parvient à transmettre un fort sentiment de déchirement au travers de cris stridents, par moments gutturaux, faisant montre d’une belle modulation. Arrivé à ce niveau de constat, faut-il trouver des faiblesses à cet ensemble solidement bâti ? En dehors de la longueur déjà évoquée, la tâche est délicieusement ardue, toutefois, pas impossible. Si la qualité est homogène sur toutes les pistes, il n’en demeure pas moins que nous attendons le véritable moment qui arrache la gueule. C’est un reproche tellement subtil et difficile à expliquer qu’il pourra ne pas parler à tous, mais il est là. Autre point d’attention, l’enveloppe sonore mériterait une plus grande qualité. Elle manque d’aération et entre toutes les couches proposées (ne pas oublier qu’il y a cinq musiciens), le tout sonne brouillon par instants. Le symbole d’un premier effort qui en appelle d’autres sûrement.


Et ainsi Väki vaqua tranquillement sur le chemin du black metal (ne jugez pas cette phrase). Froid, mais surtout langoureux, oppressant et bien fait. Seul véritable reproche, si éthéré et injuste, les marques de génie manquent à l’appel, mais il faut admettre le bel ouvrage que voici, et c’est donc un fier encouragement qui est présenté au groupe dont il ne s’agit que du tout premier album.






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