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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 mai 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Woundheir
(chant)

-Asen
(guitare)

-Rumen
(guitare)

-Yavor
(basse)

-Stanimir
(batterie)

TRACKLIST

1) Death Comes First
2) Into Darker Serenity
3) Sacrilege
4) The Martyr’s Congregation
5) Nether
6) The Fall
7) The Hollow Men
8) Scars of Seclusion
9) Reliquae
10) Aletheia

DISCOGRAPHIE

Epistêmê (2020)

Dimholt - Epistêmê
(2020) - black metal - Label : Independent



Une fois n’est pas coutume, un groupe de black metal vient de Bulgarie. On connaissait la Hongrie dans le coin grâce à Attila Csihar, l’Ukraine avec sa flopée de groupes atmosphérico-douteux ou encore la Grèce et ses mélodies mystiques, mais la Bulgarie, non, ça c’est plutôt nouveau. Pourtant Dimholt ne se laisse pas impressionner et s’avance vaille que vaille devant nos tympans déjà moultement réjouis par les sorties noires de la saison 2020, qui décidément s’annonce comme un excellent cru.

Car oui, Dimholt fait plus qu’apporter sa pierre à l’édifice. Tout à l’heure, je parlais Hongrie, en fait si on pousse un poil plus à l’ouest dans l’ancien empire, on tombe sur l’Autriche de Hellsaw. Voilà un groupe qui a su marquer le black metal de sa patte, et Dimholt semble retrouver une partie de cette flamme incandescente qui a illuminé 2012 avec Trist. Car les deux groupes partagent de l’ADN commun pour cette alliance de mélodies pourtant subtilement martiale. Martialité marquée tantôt par les riffs mitraillette tantôt par une batterie très carrée qui ne laisse pas de place à l’improvisation. Le son de l’ensemble est moins protubérant de graves (avec une basse expressive toutefois) et l’assise paraît moins forte que chez le confrère autrichien. Pourtant la sécheresse plus grande qui en découle agresse les oreilles soyeusement, la musique proposée n’est pas pour les faibles d’esprit et c’est tant mieux.
Les Bulgares s’acheminent vers une réussite flagrante sur ce deuxième album après un premier passé totalement inaperçu (manque de promotion ?, rappelons que les joyeux drilles sont indépendants et donc sans label, ou premier opus raté ?) et j’en suis le premier surpris. Il faut pourtant dire que cette première moitié de 2020 n’a pas manqué de sorties black de qualité, et étonnamment dans des styles à chaque fois différente. Ici, c’est encore un autre style qui nous est proposé pour la plus grande joie du fan qui ne saura plus où donner de la tête,  et n'aura plus la connaissance  parfaite de la destination de ses dépenses de confiné. Epistêmê est un album dense, intense et doté d’une atmosphère prenante, une sorte de trio gagnant, marqué par un chant caractéristique, presque susurré dans son hurlement, similaire à Aries de… Hellsaw.
Le mieux dans cet océan d’allégresse est que l’ensemble des pistes ne connaît pas de temps mort ou faible, alors que le groupe aime s’étirer au-delà des cinq-six minutes malgré le faux indice initial des même pas trois minutes de "Death Comes First". Il faudra attendre le quatrième titre et "The Martyr’s Congregation" pour souffler derrière la tempête de blasts qui souffle régulièrement, les blasts sont tellement abondants que cette pause bienfaisante en est d’un niveau succulent. La horde est à l’aise sur toutes ses compositions et semble avoir pris les temps de peaufiner chaque recoin de sa musique. Clairement le hasard n’a pas droit de cité et lorsque les dés sont pipés comme ceci, l’auditeur ne peut qu’acquiescer. Faut-il alors vraiment s’acharner à trouver la petite bête ? Non si tant est que vous êtes amateur de black car vous en aurez pour une bonne heure à digérer !


Une très belle sortie, que cela soit souligné. Un coup de cœur oui, encore. Abondance de bien n’ennuie pas, et le temps qui nous est donné à loisir se doit d’être mis à profit avec l’écoute d’une musique inspirée et intransigeante.

Pour aller plus loin :









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