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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Aries
(chant)

-Isiul
(guitare)

-Malthus
(guitare)

-Desderoth
(basse)

-Neuroticon
(batterie)

TRACKLIST

1) The Devil is Calling my Name
2) Sorrow is Horror
3) Doom Pervades my Nightmares
4) The Forerunner of the Apocalypse
5) Death Bells
6) Trist
7) A Winter Cold
8) Beldam. 1450
9) Silence

DISCOGRAPHIE

Trist (2012)

Hellsaw - Trist
(2012) - black metal - Label : Napalm Records



Hellsaw c'est l'histoire du groupe qui sort d'un pays peu productif en matière de black metal, mais qui a pourtant généré quelques légendes du genre : Celtic Frost (ok, de la très proche Suisse allemande) et Abigor l'air de rien. Hellsaw naquit donc dans un terreau fertile en idées nouvelles d'une scène portée par 2 grands seigneurs du style. Cela lui a permis de faire des tournées bien accompagnés (Tryptikon, soit le post-Celtic Frost en quelque sorte). Pourtant les albums proposés n'ont pas réussis se faire une place sous la glace aux côtés de ses glorieux ainés. Néanmoins, voilà maintenant le 4e album, propice à une explosion en bonne et due forme, à moins que la 2e division ne se précise …

Ce qui frappe d'entrée sur ce Trist, c'est ce premier contact qui vient uniquement chatouiller votre oreille gauche (et elle seule). Un riff lancinant, déjà soutenu par les flammes rougeoyantes de l'Enfer qui se voit rejoint par la collègue 2e guitare idoine (é droite donc). La batterie et le chant rejoignant ce joli monde, nous voici dans la position confortable du premier jugement : le son de cet album est massif, compact et rouge lave. La grosse caisse a un impact plein et des guitares jaillissent ces fameuses flammes de l'Enfer. La basse étonnamment audible livre des lignes en complément naturel des riffs. Mais voici que pendant que nous contemplions le son de l'album celui-ci a grandi et s'est développé en chansons. Grosse claque. L'impact de tous les titres est fort et puissant, point froid mais toujours au point de fusion pour un black metal abrasif et brûlant. D'ailleurs en ce sens Hellsaw peut rappeler un collègue du Nord, 1349, même si ce dernier est incontestablement plus rapide et intense.
Le coup spécial de Hellsaw est son origine d'obédience mélodique qu'il réussit ici à marier avec bonheur avec des attaques franches et implacables. Le tout sonne indéniablement moderne et laisse béant une plaie visible infligée par la personnalité. Hellsaw forge son acier, bât le fer et trempe son glaive en solo. Il emprunte évidemment à d'autres groupes, mais conserve le secret de sa mixture pour lui-même. Bienheureuse idée ! Cela se traduit par des séquences de trémolos typiquement black metal soutenues par des riffs plus complets et remplis. On sent même une pointe de Satyricon période Volcano sur "A Winter Cold". Cela se traduit également dans un final totalement atypique en acoustique proche de la cithare sur "Doom Pervades my Nightmares". Cela donne aussi un double refrain sur "The Forerunner of the Apocalypse", incontestablement LA chanson qui restera dans votre tête avec cette façon très distincte qu'a Aries de prononcer le mot « Apocalypse », et de tout prononcer distinctement en règle générale.
Nous sommes sur un chemin de confession quasi pur jusqu'à présent et le nuage odieux qui assombrirait l'horizon ne point point encore … ou point-il ? Car le chant, justement, ce chant si particulier de Aries pourra en irriter certains. Etouffé bien que râclé il sonnerait presque comme du hardcore bien sodomisé par du black metal. Soyez donc prévenus que ce chant peut faire tiquer et donner du grain à moudre. Mais cela reste un inconfort plus qu'une gêne heureusement. Dans le rayon reproches, cela ne concernera que les plus attachés à une certaine vision du black, mais les mélodies sont nombreuses et parfois trop proéminentes, qui a dit "Trist" ? Elles sont excellemment faites, mais malgré tout on peut se trouver submerger de leur forte présence. Enfin, que cela ne retienne personne de la découverte. Pour revenir à un niveau plus technique, il est utile de noter que tout le monde s'accomplit de sa tâche avec brio et sobriété. Diversité des rythmes et richesse musicale font partie du vocabulaire de Hellsaw.


Il y aurait encore des choses à dire sur un album de cette trempe, mais je vous garderai les surprises pour votre propre écoute. Sachez que malgré les reproches formulés dans cette chronique, Trist est un sacré album qui a gagné sa place dans toutes les discothèques black metal. Les albums de cette trempe n'arrivent pas tous les jours, il faut donc l'apprécier à sa juste valeur, celle du feu brûlant.


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