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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 21 janvier 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Gabriel "Keyes" Kallander
(chant)

-Martin "Sweet" Hosselton
(chœurs+guitare)

-Peter "London" Lundén
(chœurs+basse)

-Eric Christofer "Young" Gjerdrum
(chœurs+batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Johnny Gunn
(chœurs sur "Parasite")

-Eric Michael Bazilian
(guitare+claviers sur "We Are The Legions" et "Waiting For Your Love")

-Ulf Conny "Bloom" Blomqvist
(guitare sur "Stop Weirding Me Out")

TRACKLIST

1) Rust
2) Into The Wild
3) Idiots
4) In The Maze
5) We Are The Legions
6) Crazy
7) Parasite
8) Waiting For Your Love
9) Reptile
10) Stop Weirding Me Out
11) Filth & Flowers

DISCOGRAPHIE


Crashdïet - Rust
(2019) - hard rock glam - Label : Frontiers Records



Crashdïet redonne enfin des nouvelles. Après le départ de Simon Cruz en 2015 parti roucouler avec sa copine au sein d’un projet sans actualité notable à ce jour, le collectif de glam metal a dû une nouvelle fois se mettre à la recherche d'un chanteur, le quatrième d'une carrière qui se dirige doucement vers la double dizaine. Après des débuts alléchants marqués par un premier LP devenu référentiel dans le milieu « sleaze », les Suédois ont légèrement calmé leurs ardeurs - conséquence de leur signature chez Frontiers, le label d'AOR le plus en vue, diront les taquins. Le retour de sève parfois associé à l'arrivée de la quarantaine a-t-il revigoré les Scandinaves ?

On aurait pu faire mine de s'interroger à propos d'un éventuel changement d'orientation musicale après les timides tentatives opérées sur The Savage Playground, la réalisation précédente parue en 2013. Mais enfin, on parle de Crashdïet, naguère les plus belles crêtes colorées de la scène hard rock (pour faire large). Donc non, rien de révolutionnaire. Les fondamentaux sont respectés, Mötley Crüe, Ratt et Skid Row restent les modèles absolus et ça va groover dans la décadence, même si, de ce point de vue, les Nordiques font figure de garçons bien élevés à côté des Californiens paillards de Steel Panther - au nombre de « fuck » éructé par le chanteur, les premiers nommés sont très loin du compte. Chez Crashdïet, en outre, on sait se montrer câlin, comme en témoignent les ballades "In the Maze" et "Waiting For Your Love", mignonnes mais dépourvues du souffle d'un "18 and Life" de Skid Row par exemple. Le reste est constitué de compositions alertes que dopent des refrains à dépendance immédiate, le plus souvent assurés par des chœurs aussi aguicheurs qu'imposants, en hommage à ceux que Def Leppard avaient usinés pour Hysteria en 1987. Heureusement, les mélodies de Rust sont bien plus vigoureuses que celles du pudding multiplatiné des panthérinés anacousiques, que ce soit sur "Idiots" en tension permanente, la mordante chanson éponyme, ou encore la vacharde et guillerette "Crazy".
Le nouveau vocaliste, Gabriel Keyes, n'est pas absent des débats pour autant et fait admirer son bel organe, sorte de version un peu plus maîtrisée mais tout aussi puissante du Sebastian Bach d'il y a trente ans. Un double scream magistral sur "We Are The Legions" suffit à jauger des hautes capacités du titulaire du micro qui, par ailleurs, dose raisonnablement ses stridences et reprend la main, si on peut dire, sur les refrains du heavy "Parasite" et du véloce "Reptile", un uppercut de fort belle facture. L'aptitude de Keyes à moduler sans rogner sur la puissance rattrape en partie la légère chute d'inspiration observée en bout de course, bien que "Filth & Flowers" ne soit pas dénué de vigueur et que "Stop Weirding Me Out" bénéfice du riff le plus marquant du recueil, en quasi décalque de celui d' "I'm insane" de Ratt – le risque de plantage était faible. Les amateurs de six-cordes échevelées regretteront probablement la production légèrement aseptisée qui rogne la guitare, celle-ci se soumettant la plupart du temps aux rengaines accrocheuses plus qu'elle ne les initie: on n'est pas chez les duellistes volubiles d'Audrey Horne - signer chez Frontiers a des conséquences. Néanmoins, Martin Sweet parvient régulièrement à faire tonner son instrument et se rattrape sur certains solos bien sentis, à l'instar de celui qui relance l'irrésistible "Into the Wild".


Rust ? Du tube, de l'énergie à revendre, un nouveau chanteur au top, du tube, une chorale infernale et encore du tube : pour son retour après une demi-douzaine d'années d'absence, Crashdïet remet tous les points sur les ï et reprend sa place parmi les tauliers du revival glam metal. Le cinquième album du gang de Stockholm, malgré une prépondérance accordée à la ritournelle et un son un peu trop lisse, ne verse pas dans la mièvrerie et confirme l'idée qu'il est possible de bâtir des chansons addictives à base d'intensité... et de talent. Un vivifiant retour aux sources.



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