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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 26 mars 2013
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Simon Cruz
(chant)

-Martin Sweet
(guitare)

-Peter London
(basse)

-Eric Young
(batterie)

TRACKLIST

1) Change The World
2)
 Cocaine Cowboys
3) Anarchy
4) California
5) Lickin' Dog
6) Circus
7) Sin City
8) Got A Reason
9) Drinkin' Without You
10) Snakes In Paradise
11) Damaged Kid
12) Excited
13) Garden of Babylon

DISCOGRAPHIE


Crashdïet - The Savage Playground
(2013) - hard rock glam sleaze sombre - Label : Frontiers Records



Cet album est une révolution ! Avant même de glisser la galette dans le lecteur (ou plutôt de lancer les mp3), on peut déjà sans hésiter employer la phrase de feu Steve Emplois, tant l’objet que nous tenons entre les mains (enfin, les fichiers qui se trouvent sur notre disque dur, décidemment…) fait figure d’événement. En effet, pour la première fois de sa carrière, Crashdiet a gardé son chanteur ! Simon Cruz aura donc fait mieux que ses prédécesseurs en étant le premier frontman à enregistrer deux albums avec Crashdiet.

Cela suffit-il pour créer l’événement dans un style de plus en plus saturé ? Pas sûr, mais le passé du groupe incite au moins à la curiosité bienveillante. Le premier single en écoute, le bien nommé "Cocaine Cowboys", était plutôt encourageant. Au glam rock pêchu et sale que l’on connaît du groupe se rajoutait une légère touche southern rock très fraiche, non seulement lors de l’intro au banjo mais aussi tout au long du titre. Pas un chef d’œuvre de la trempe de "Riot In Everyone" ou des autres classiques du mythique Rest In Sleaze, ni même de l’excellent morceau titre du dernier album Generation Wild, mais une bonne mise en bouche. L’album confirme cette plutôt bonne impression, mais ne va pas beaucoup plus loin. Les Suédois essaient pourtant de surprendre un peu l’auditeur en débutant l’album par un "Change The World" qui n’est pas vraiment l’opener classique auquel on s’attendait. Assez long (un peu trop même pour un premier morceau) et développant une ambiance plutôt sombre, il s’agit néanmoins d’un très bon titre au refrain excellent avec un break parlé qui rappelle Bon Jovi.
Ca y est, le groupe a « expérimenté » sur les deux premiers morceaux et va à présent se contenter d’assurer sur le reste de l’album. Ceci n’exclue pas une certaine variété, même si le hard rock sleaze pêchu à la Skid Row domine les débats ("Sin City", l’énergique "Drinkin' Without You"…). Qualitativement, on navigue du meilleur avec "Circus", petite bombe de sleaze parfaite, au moyen ("Lickin' Dog" ou ce "Got A Reason" trop répétitif). On trouve une pincée d’influence punk par ici (le bien nommé "Anarchy"), un petit côté très mélodique à la limite du hard FM par là (ce "California" qui sonne très Europe, "Excited"), et entre les deux un feeling assez sombre voire pesant pour du glam, comme sur ce "Snakes In Paradise" qui a même droit à des orchestrations sur son break, ou sur l’excellent (et très long) mid tempo "Garden of Babylon" qui clôt les débats sur une note surprenante, lourde et aux mélodies orientalisantes. Tout ceci est dominé de la tête et des épaules par un excellent Simon Cruz, parfait dans tous les registres et qui s’impose déjà comme la pièce maîtresse du combo. Il aurait été dommage qu’il quitte le groupe !


Au final, Crashdïet nous livre un album d’un très bon niveau mais légèrement frustrant. Conscients de ne pas pouvoir éternellement se complaire dans un glam rock fun et léger (même si Crashdïet n’a jamais été Poison), les Suédois tentent des choses mais n’osent pas aller réellement au bout de leurs idées et s’éparpillent quelque peu au cours d’un album qui peut sembler trop long. En revanche, cet aspect toujours plus sombre et pesant colle vraiment bien au sleaze du groupe, qui a sans doute trouvé définitivement la direction à suivre pour affiner son style.


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