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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 22 octobre 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tero Kalliomäki
(chant+jouhikko)

-Teppo Tirkkonen
(chant+ossements)

-Melina Tarkkala
(chant+ossements)

-Aadolf Virtanen
(chant+ossements+"shaman" batterie)

-Samu Lahtinen
(basse+guimbarde)

-Harri Lampinen
(batterie)

-Aapo Romu
(violoncelle)

TRACKLIST

1) Ukrijuhla
2) Jouhien Herra
3) Nahkavitsa
4) Suruton Saattaja
5) Ajastaika
6) Kuoleman Renki
7) Kaiho
8) Kunnes Katoan
9) Ikiaikaisille
10) Kalmankehto
11) Halla

DISCOGRAPHIE

Roka Ukri (2018)

Kallomäki - Roka Ukri
(2018) - folk Pagan - Label : Symbolic Records Finland



Fake news, harcèlement, torrent de haine etc. etc. Voici les mauvais côtés des réseaux sociaux. Mais entre des twittos cachés derrière un pseudo pour baver leur haine des autres et des collégiens qui s’amusent à lancer des défis mortels plus débiles les uns que les autres, se trouvent de très bonnes choses. La découverte notamment. Alors quand Lost In Grey, groupe de metal symphonique partage le visuel de Roka Ukri, premier album de Kallomäki (en référence au nom de son créateur à une lettre près) en précisant que leur chanteuse (Anne Lill) et leur claviériste (Harri Koskela) y participaient sur un titre, je me suis dit, lance toi eudus ! Grand bien m’en a pris.

Comment aborder cette chronique, surtout quand on n'y connait pas grand-chose en pagan/folk metal ? Alors oui j’adore Eluveitie (j'en suis même fan), mais le groupe joue à la fois dans la case melodeath, folk, pagan, et presque metal sympho et mélodique par moment. C’est le mastodonte du genre, un groupe à bannir pour les plus « trve » d’entre vous. Cependant les imaginaires des Suisses et  de Kallomäki sont assez différents. Là où les premiers tendent vers la mythologie celte, les Finnois eux se dirigent vers un paganisme obscur et propre à leur pays. Par exemple et par opposition aux Scandinaves (petit rappel historique, la Finlande ne fait pas partie de la Scandinavie) la mythologie finnoise est animiste (croyance en un esprit, une force vitale, qui animent les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent ainsi qu'en des génies protecteurs). Concernant le nom des pistes, on retrouve par exemple "la fête du sacrifice", "l’escorte angoissée" ou encore "jusqu’à ce que je disparaisse". De quoi coller à ce que l’on a vu ci-dessus.
Revenons-en à la musique. Le folk est évidemment bien mis en avant mais en utilisant moins d’instruments qu’ Eluveitie. Les bruits d’ossements sont régulièrement présents et le violoncelle omniprésent comme sur la génialissime piste d’ouverture "Ukrijuhla" ou encore sur la classique mais efficace "Nahkavisa". On perçoit évidemment des instruments que l’on a pas l’habitude d’entendre comme la guimbarde ou encore le jouhikko, mais de là à bien les identifier il y a un pas que je ne sais encore franchir malheureusement. Ensuite, on peut dissocier plusieurs types de créations sur ce premier essai. Des ambiances froides à la limite du glauque où on imagine aisément des rituels chamaniques. La meilleure démonstration est le petit bijou qu’est  "Kunnes Katoan" où l’apport au chant de Anne Lill (et sa voix de « sorcière ») est indéniable. Bien que faisant partie des titres faibles "Ajastaika" rentre dans cette catégorie. En parlant de morceaux en deça, "Jouhien Herra" se la joue un peu trop facile et est clairement pas au niveau du reste de l’œuvre.
Kallomäki va également proposer sur Roka Ukri des propositions plus sauvages et violentes, sans fioritures. L'illustration parfaite est sans conteste la courte mais puissante "Kuoleman Renki" mais également "Kalmankehto". Les férus d’ambiances plus aériennes et rythmes mid-tempo ne seront pas en reste avec "Ikiaikaisille" qui se rapproche d’une ballade traditionnelle mais surtout avec deux créations sublimes à savoir "Suruton Saattaja" et le morceau de clôture "Halla". Ces deux propositions, entièrement en voix masculine, alternent chant clair et grunts avec une mélodie planante et qui laisse place à vos rêves et libre cour à votre imagination sur la région lapone (côté Finlande!). Halla est par ailleurs un titre de clôture sauvage doux et parfait. Ces deux titres prouvent que les grunts peuvent s’allier à merveille à des morceaux plus doux.En parlant de ces grunts, à noter l’excellent travail des vocalistes, Teppo, mais aussi ses acolytes Aadolf, Tero et Melina.

Kallomäki a réussi son pari. Délivrer un premier album rempli d’imaginaire (à noter l’illustration représentant un crâne de renne et signée Petri Määttä) et folklorique à souhait (l’absence de guitare ne se fait jamais sentir et celle-ci ne manque absolument pas) avec des thèmes pagans propres à la mythologie finnoise. Si quelques titres sont un peu trop génériques et en dessous ("Jouhien Herra" et "Ajastaika"), le reste frôle le chef d’œuvre. Certains spécialistes du style trouveront cela peut être naïf ou déjà entendu, mais pour ma part c’est une énorme révélation (encore une, l’éternotop 2018 va être un véritable casse-tête).


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