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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 17 avril 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Melina Tarkkala
(chant+incantations)

-Teppo Tirkkonnen
(chant)

-Tero Kalliomäki
(chant+jouhikko)

-Samu Lahtinen
(incantations+basse)

-Aapo Romu
(incantations+violoncelle)

-Petri Määttä
(chœurs+incantations+percussions)

-Aadolf Virtanen
(chœurs+incantations+"shaman"+batterie)

-Hapa Lampinen
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Aslak Tolonen
(kantele sur "Veri Jonka Nielet")

TRACKLIST

I- Sairauden Koura

1)
Syys
2) Veisu Kuoleville
3) Sairauden Koura
4) Veri Jonka Nielet
5) Melankolian Ensimmäinen Huone
6) Aika Unohtaa

II- Uuden Kuun Aika

1) 
Immensuo
2) Tanssihin Varjolasten
3) Kutsu Kuolontanssin
4) Uuden Kuun Aika
5) Ukrijuhla II
6) Hallitsija
7) Tuulet Oottakaa
8) Paluu

DISCOGRAPHIE


Kallomäki - Uuden Kuun Aika I & II
(2020) - folk pagan - Label : Symbolic Records Finland



Octobre 2018, Tero Kalliomäki révèle au grand jour son projet de jouhikko metal, sobrement intitulé Kallomäki. A travers les onze pistes de cette première tentative, le Finlandais narre l'histoire de Roka Ukri, de la secte qu'il fondée et de sa déchéance. En ces temps de confinement, il est temps de plonger dans la suite de l'histoire (Uuden Kuun Aika I& II),  celle de ses fidèles dépourvus de leur maître et dans le folklore finlandais du XVIIème siècle.

Uuden Kuun Aika I & II est divisé en deux actes, narratifs et musicaux. La première partie « Sairauden Koura » est beaucoup plus calme, mystérieuse, planante voir angoissante. La seconde s'inscrit davantage dans la lignée de l'effort précédent, plus rythmée. Tero et sa troupe continuent de raconter l'histoire autour de ce mystérieux Roka, de ce qui passe après sa déchéance jusqu'à sa résurrection. Le premier acte fait donc suite à sa pendaison. L'artwork, signée Mina, compagne du leader, fait ainsi référence à deux fidèles vénérant le cadavre de leur maître. "Syys", « l'automne », amorce de manière sublime ce nouveau recueil. Pas de chant, juste une ambiance glaçante, émouvante, avec quelques chœurs, on sent la tristesse mais également l'espoir. Une piste extraordinaire mais qui malheureusement fera que j'ai du mal à poursuivre l'aventure de ce premier acte. Il faut dire que que "Veisu Kuoleville" est un peu le maillon faible de l’enregistrement. De cette première partie on retient essentiellement, l'éponyme où la place du jouhikko (cœur du projet faut il le rappeler) est nette et où l'on se sent réellement transporté au XVIIème siècle. Le chant de Tero est mystérieux, les chœurs abondent, le thème est saisissant et le refrain fédérateur. Ce qui est toutefois intéressant c'est d'imaginer les fidèles de Roka à travers les mélodies, notamment sur "Veri Jonka Nielet" (« le sang que vous avalez ») où on les voit en train de faire toutes sortes de « shamaneries ». Le premier écueil se clôt sur "Aika Unohtaa" (« le temps d'oublier »): conclusion de l'histoire de Roka ?
Kallomäki enchaîne alors avec la seconde partie du recueil et nous plonge directement au sein d'"Immensuo", ville ou se déroule l'histoire. Le rythme est plus enlevé, le jouhikko plus énervé et le chant de Teppo plus agressif. On se rapproche davantage du premier LP des Finnois dont l'approche musicale m'avait complètement conquis. Cependant là ou Roka Ukri était une symbiose parfaite entre ce jouhikko metal et l'ambiance glaçante du folk, ces aspects sur cette nouvelle création est divisée en deux ce qui fait que sur cette seconde partie, aussi bonne soit elle, il manque cette touche d'émotion, comme si elle avait été réservée uniquement pour le premier acte. Alors bien sûr, l’album est réussi, il n'y a qu'à voir le petit bijou qu'est l'éponyme "Uuden Kuun Aika", qui trouve en son sein un solo de jouhikko démentiel. Les voix de Tero et Teppo se marient à merveille et l'occurrence bénéficie de toute la magie qui découle de Kallomäki (histoire, folklore, pagan, technique, émotions). "Tanssihin Varjolasten" (qui voit Melina participer au chant) est dans la lignée de la réalisation précédente, efficace, et devrait être un must sur scène grâce notamment à ces riffs made in jouhikko. Malgré un rythme plus élevé, Kallomäki ne nous perd pas dans l'histoire, comme le rappelle "Ukrijuhla II" (suite du titre introductif de du LP précédent) littéralement « le second sacrifice de la bête ». C'est le début du processus de la résurrection du souverain ("Hallitsija", morceau faisant gloire au maître, la voix de Teppo avec les chœurs en soutient arrivent parfaitement à illustrer cette gloire). La conclusion du recueil est assez saisissante, le refrain de "Tuulet Oottakaa" (« les vents attendent ») est d'une efficacité déconcertante, grâce notamment à la voix de Melina et débouche sur "Paluu" qui signifie le retour. Le titre est le plus puissant de Uuden Kuun Aika I & II et fait clairement honneur au retour du maître.



Kallomäki livre avec Uunden Kuun Aika I & II une œuvre musicale et mystique, une histoire, une aventure. Celle-ci est complexe (peut être un peu trop) et Tero se (nous) perd par moment. Mais cela n'empêche que ce nouvel essai est une réussite, avec des morceaux émouvants ("Syys"), techniques ("Uuden Kuun Aika") ou encore percutants ("Paluu"). On attend désormais la suite de l'histoire. Et si vous voulez en savoir plus, (re)plongez dans l'interview de Tero !


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