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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 30 décembre 2017
Sa note : 18/20

LINE UP

-Anton Belov 
(chant+guitare+claviers) 
 
-Alina Belova
(chant+claviers)

-Anatoly Gavrilov
(violon)
 
-Alex Vynogradoff 
(basse) 

-Anton Skrynnik
(batterie) 

TRACKLIST

1) Lapsenmuisto
2) Kasvot 
3) Siiville nousu
4) Poissa
5) Lahja
6) Nainen
7) Sateen huuhtoma
8) Kaiho

DISCOGRAPHIE

Muistumia (2014)
Sorni Nai (2015)
Kaiho (2017)

Kauan - Kaiho
(2017) - post rock - Label : Autoproduction



Près de deux ans après avoir offert un chef-d’œuvre, Sorni Nai, Kauan est de retour pour nous présenter son successeur. Sera-t-il à la hauteur du très grand concept-album de 2015, qui narrait la tragédie mystérieuse du col Dyatlov et des attentes de sa fan base qui s’est énormément élargie ?

Au premier abord, Kaiho est dans la continuité de son prédécesseur. Pas de gros bouleversements à l’horizon. Les Russes se font toujours les chantres d’un post rock mélancolique à souhait et ont clairement éliminé toute scorie qui évoquerait leur passé teinté de doom. Plus aucune incursion des vocaux dans un registre extrême. Ici, Anton Belov se contente de poser un chant clair, une fois encore maîtrisé. Usant toujours du finnois, il magnifie les excellentes compositions du groupe. Ces dernières reposent sur des éléments déjà présents dans la discographie de Kauan : une relative lenteur, des morceaux qui prennent le temps d’instaurer une atmosphère à la fois sombre et émotionnelle. Peu de ces riffs lourds cependant qui venaient parfois auparavant en contrepoint des passages éthérés. La formation a ainsi terminé sa mue et finalement ce septième album semble affilié assez évidemment à leur œuvre de 2009, Aava tuulen maa avec laquelle il partage de nombreux points communs. La qualité d’écriture est cependant supérieure et offre des titres marqués du sceau de la réussite. Le leader de Kauan est un artiste qui fait montre une fois de plus de son immense talent.
Comme de nombreux disques, Kaiho demande de nombreuses écoutes pour révéler ses richesses. Difficile d’appréhender en peu de temps toutes les subtilités des huit morceaux présentés. Des mélodies simples mais habilement placées, produits du lancinant violon d’Anatoly Gavrylov ou des claviers harmonieux d’Alina Belova, à l’instar de "Siiville nousu" ou de "Nainen". Kauan n’a pas son pareil pour vous emmener dans son univers sublime et ténébreux. Trois instrumentaux viennent enrober l’ensemble, du magistral introductif "Lapsenmuisto" au final éponyme, qui invite à se plonger encore et encore dans le monde embrumé du quintet. Les rares vocaux féminins de madame Belova se conjuguent parfaitement à ceux de son mari et viennent magnifier le tout, comme sur le splendide "Lahja". Il n’est pas aisé de trouver les mots pour décrire avec justesse ce disque. Ceux qui suivent les aventures de la formation depuis ses débuts seront aux anges. Kaiho peut également être une porte d’entrée pour qui n’a jamais osé franchir le seuil du royaume des Russes.

Anton Belov peut être fier de lui. Il accouche d’un disque une fois encore admirable. Ses compagnons sont au diapason et offrent une prestation sans faille. Beau, profond, triste, lumineux, envoûtant, gracieux, ce septième album est une pépite supplémentaire dans une discographie pourtant riche de perles. A écouter sans modération.


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