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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 20 octobre 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Manuel Munoz
(chant)

-Florent Jannier
(chant+guitare)

-Mus El Kamal
(guitare+oud+mandoline)

-Samir Remila
(basse)

-Foued Moukid
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1) Kafir  
2) Nour  
3) The Call  
4) Cub of the Caliphate  
5) Erhal  
6) Eib  
7) Just a Lie  
8) Beyond the Wall  
9) Kelem  
10) Capital City Burns  
11) As a Slave  
12) Jasmine Harvest  

DISCOGRAPHIE

Hilal (2008)
Salam (2011)
Sofia (2014)
Kelem (2016)

Arkan - Kelem
(2016) - death metal oriental, atmosphérique - Label : Overpowered Records



Arkan nous avait laissés en 2014 avec Sofia, un album très personnel quasi intime;  difficile à appréhender au regard des deux premiers LP même si toujours dans l’esprit et l’approche musicale propre au groupe. Exit Sarah enter Manuel. L’ancien chanteur de The Old Dead Tree rejoint le groupe alors qu'un bon nombre des compositions de ce Kelem est déjà écrit.  (voir à ce sujet notre interview de Foued à lire ici). Une nouvelle fois le groupe parvient  à piquer la curiosité avant même la sortie du premier extrait et c’est avec un plaisir vrai que les écoutes se sont succédées ces dernières semaines depuis la réception du promo.

Arkan c’est ce groupe de death metal aux influences orientales naturellement distillées dans les compositions qui après un EP remarqué sorti il y a maintenant 10 ans (Burning Flesh) avait signé chez Season Of Mist, enchaîné quelques dates en opener de groupes tels que Dagoba ou Decapitated pour enfin sortir un Hilal produit, s’il vous plait, par Frederik Nordstrom. Le succès est réel. Un deuxième album, Salam,  voit le jour en 2011 et permet au combo de repartir en tourner en Europe avec Myrath et Orphaned Land. Auparavant le groupe aura également partagé l’affiche avec Septic Flesh , Paradise Lost ou Arch Enemy. Après la sortie de Sofia le groupe laissait le public sans nouvelle. Enfin les quelques news postées sur les différents réseaux suscitaient de nouveau la curiosité : quel serait ce nouveau chanteur pour commencer ? Manuel Munoz ex Dead Old Tree rejoint ainsi les rangs du combo? Avant même d’avoir écouté un quelconque extrait , l’imagination de rassembler la musique d’Arkan avec la voix si caractérielle de Munoz esquissait sourire du style « ça ! ça va envoyer du bois !».
Et bien oui !
 Avec  "Kafir" et  "Nour" et en deux fois cinq minutes le groupe rappelle comme il a toute sa place dans le paysage musical français.  Le premier titre en mettant d'abord le death en pause pour ralentir le tempo sans pour autant mettre de côté son approche musicale si marquée,  les Franciliens confirment le bon pressentiment initié par les annonces. Le deuxième titre de son côté rappelle aux meilleures heures des deux premiers LP : une sublime et simple intro s’offrant aux guitares saturées et à sa rythmique invitant immédiatement au headbanging. Si on retrouve les atouts qui font les réussites  des compositions du groupe depuis ces dix dernières années, le nouvel élément Manuel Munoz vient poser son chant avec l’art et la manière. Comme une évidence de recevoir tout au long des titres tous les registres que peut utiliser l’ancien chanteur de The Old Dead Tree. Arkan ouvre la porte au chant clair masculin tout en laissant quelques growls toujours bien puissants distiller le nectar de ce metal dit oriental.
L'album présenté également sous une forme conceptuelle reprend les thèmes chers au groupe entre conflits du monde arabe et ses difficiles conséquences sur hommes et femmes contraints bon gré mal gré de vivre de facto dans ce contexte. Au delà de l'actualité les thèmes abordés sont finalement largement transposables sur notre humanité qui a finalement toujours du mal à comprendre que la paix quelle qu'elle soit se révèle pour certains hommes comme un concept purement théorique. Paradoxalement certains passages sont sublimes où la musique et le chant sont symbioses et permettent de passer des moments forts et intenses. "Just a lie" par exemple,  présente toutes les qualités de la composition dépassant le cadre d'un album et pouvant prétendre aux chansons immanquables à connaitre. Mais plusieurs titres comme "kafir" , "the call" ou l’enivrant "Erhal" avec son refrain addictif  dont le  « ..Don't Close Your Eyes » qui ne me quittent plus depuis leur première écoute sont des hits en puissance.
A l'issu du titre caché - d'une spiritualité superbe -  la seule envie n'est finalement que de repasser le disque. Et parce que le chroniqueur se permet de tout partager, on pourra noter quelques mesures ou certains bridges se révèlent selon les écoutes un ton en dessous , une nouvelle écoute fait plutôt pencher la balance vers l'humeur adaptée de son auditeur plus qu'une composition moins réussie. Le mélange de passage affirmé metal avec tout le sens mélodique intrinsèque à la musique d'Arkan exige un état d'esprit. Convenons ensemble qu'il s'agira ici de pur «chipotage» que de ressenti objectif sur les compositions. Paradoxe raisonnable, la musique comme tout art n'étant qu'une affaire de goût et de sensibilité. Passée cette oiseuse et pseudo joute verbale, il ne reste qu'à conseiller à tout le monde de découvrir le groupe avec Kelem, de se rabibocher si besoin pour ceux qui n'auraient pas compris Sofia ou tout simplement de continuer d'aimer la musique du combo avec cette nouvelle oeuvre. 


Kelem, quatrième album de Arkan est un petit joyaux en lui-même. Si la première écoute se révèle agréable, les suivantes agrippent et accrochent pour se retrouver à fredonner toute la journée les différents refrains et mélodies distillées durant la petite heure. Ajoutons à cela des textes conceptualisant un album au message affirmé, Arkan partage ici toute son expérience et sa sensibilité artistique. L'impatience à présent de les découvrir sur scène apparaît indéniablement, témoin louable de la réussite de l'album. 




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