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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mai 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Florent Jannier
(chant)

-Sarah Layssac
(chant)

-Mus El Kamal
(guitare+oud)

-Samir Remila
(basse)

-Foued Moukid
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1)Origins
2)Inner Slaves
3)Deus Vult (feat. Kobi Fahri)
4)Blind Devotion
5)Jerusalem - Sufferpolis
6)Beyond Sacred Rules
7)Common Ground
8)Sweet Opium
9)Salam - Intro
10)Salam Part 1 - Call from Within
11)Salam Part 2 - Lightened Heart
12)Salam Part 3 - The Eight Doors of Janah
13)Amaloun Jadid II

DISCOGRAPHIE

Hilal (2008)
Salam (2011)
Sofia (2014)
Kelem (2016)

Arkan - Salam
(2011) - death metal metal prog oriental - Label : Season Of Mist



Eh non, malgré les apparences, Arkan ne vient ni de Tunisie, ni du Maroc, ni du Qatar ni d’on ne sait où encore : Arkan est un groupe français, parisien pour être précis. Et pourtant, à l’écoute de ce troisième album, pour ceux qui ne connaitraient pas le groupe, il est assez difficile de deviner l’origine géographique du groupe tant les influences orientales et les arrangements sont profondément imprégnés de musique traditionnelle du Maghreb et de culture arabe en général. Le résultat ? Un death metal atypique, puissant et convaincant.

Alors certes, on pense immédiatement à Orphaned Land dans l’approche, ou encore à Myrath, et il est certain que Arkan s’inscrit dans la même lignée. Mais il va encore plus loin que les deux groupes sus-cités en ne faisant pas de leurs arrangements un gimmick à ressortir ici ou là mais bien une base solide pour donner un souffle du désert à leurs compositions. Il n’y a pas une seconde dans l’heure (enfin, moins dix minutes de blanc) que dure cet album qui ne soit pas agrémentée d’instruments acoustiques, de mélodies ou de chant à sonorités arabes. Le chant, justement, c’est surtout Sarah Layssac, chanteuse ayant intégré le groupe à part entière, qui l’apporte. Sa voix pleine d’un chaleureux vibrato et de cette expression si typique des chants orientaux vient faire un contrepoint intéressant au growl de Florent Janier. Toutefois, Arkan n’est certainement pas à considérer comme un groupe de metal à chanteuse, même si la participation de Sarah couvre une bonne moitié de l’album. L’utilisation de sa voix est fort judicieuse, et est toujours au service d’une ambiance, d’une mélodie, et même parfois d’une certaine sensualité ("The Eight Doors of Jannah", "Call from Within") dont on imagine que sur scène, elle doit prendre toute son ampleur.
 
L’album n’est pas partagé comme trop souvent entre les parties traditionnellement death, et les parties orientales : tout ici s’intègre dans un canevas complexe et bien ficelé, où les ambiances changent et où les différentes atmosphères se succèdent (le côté progressif de "Deus Vult", la tristesse de "Jerusalem – Sufferpolis" ou l’énergie death de "Sweet Opium") sans jamais se départir des ambiances orientales. Ici, l’acoustique est roi : les différents instruments à corde accompagnent presque constamment la musique du groupe, soit au premier plan ("Beyond Sacred Rules", "Call from Within"), soit en accompagnement ("Sweet Opium"), voire encore lors des petits intermèdes qui égrènent l’album ("Salam", "Common Ground", ou le dernier titre "Amaloun Jadid II" et sa fin cachée après 10 minutes de silence, qui rappelle les arrangements de Karl Sanders de Nile). Tout cela fonctionne parfaitement, les musiciens sont au point et la production, si elle laisse une bonne puissance aux guitares, aère suffisamment l’ensemble pour permettre aux nombreux arrangements de respirer et aux différentes ambiances de trouver un équilibre. On regrettera que les passages plus typiquement death metal ne soient pas toujours majestueusement inspirés, mais ça n’est visiblement pas la priorité du groupe qui préfère se focaliser sur ce qui fait sa force : les sonorités orientales.

 
Se payant même le petit luxe d’inviter Kobi Fahri (chanteur d’Orphaned Land) sur un titre, Arkan affirme son identité en allant très loin dans le cross-over metal oriental, et même si le terrain a été pas mal défriché ces dernières années, Arkan va naturellement prendre sa place dans le mouvement et – espérons-le – en devenir un acteur de poids avec ce Salam de très bonne facture.



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