CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 23 juillet 2015




SETLIST

Footsteps in the Distance
Two Isolated Souls
Worn Heels and the Hands We Hold
Scene
Blue Moonlight
Left Hand
A Warm Room
Ticking Time and String
Farewell to Words

AFFILIÉ

19 juin 2015 - Hellfest


Envy_Hellfest_20150619

J’aurais du mal à vous expliquer la joie que j’ai ressenti à la vue de la présence des immenses Japonais sur l’affiche du Hellfest de cette année. Ce concert était peut-être pour moi LE concert à ne rater sous aucun prétexte (avec Faith No More et Superjoint Ritual, l’éclectisme n’est-elle pas une fort belle chose ?) pendant ce Hellfest 2015. Envy, pour ceux qui ne connaîtraient pas, c’est plus ou moins la légende de la scène screamo/post-rock, un groupe qui distille depuis presque 20 ans des albums tous plus excellents les uns que les autres, et un groupe qui se fait également assez rare en concert dans nos contrées, d’une part du fait de sa nationalité un peu exotique (Japon), et d’autre part à cause du côté un peu confidentiel de cette scène, dont le représentant actuel le plus connu est probablement Touché Amoré. S’agissant d’un de mes groupes préférés de tous les temps et n’ayant jamais eu l’opportunité de les voir, vous imaginez sans peine l’excitation fiévreuse qui était la mienne en ce 1er jour de festoche sous la Valley. Et force est de constater que je n’étais pas le seul.

Car si il n’y avait pas forcément une foule immense se pressant sous la Valley pour voir les japonais envoûter leur monde à coups d’envolées lyriques (on a expliqué pourquoi plus haut), de plans tout en retenue débouchant sur des maelstrom de guitares et de batterie furibards, il est indubitable que ceux qui étaient là savaient qui ils venaient voir et pourquoi ils venaient les voir. Véritablement, ce fut la Messe. J’ai rarement vu autant de gens en adoration totale, hurlant des « Arigato gozaimas » au groupe, se prenant la tête à deux mains, totalement emportés par la musique des japonais. Il est difficile de revenir sur ce concert de manière sensée et calculée tant l’émotion fut forte en ce qui me concerne (je la ressens encore qui revient à la simple évocation de ce moment !), mais tentons néanmoins de le faire : Envy étant en tournée pour défendre son dernier-né, l’excellent Atheist’s Cornea, on a logiquement eu le droit à une belle portion de celui-ci. Le fan de longue date ne pouvait qu’en être un peu déçu, lui qui espérait surement, tout comme moi, entendre un maximum de morceaux de l’indépassable All The Footsteps You Ever Left Behind And All The Fear Expecting Ahead, pierre de touche de leur discographie sans-faute, ou encore de Insomniac Doze et A Dead Sinking Story, ses brillants petits frères. Mais qu’à cela ne tienne, dès le début du concert les japonais envoient "Footsteps In The Distance", sans nul doute le meilleur morceau d’Atheist’s... en ce qui me concerne, et cela règle le problème. La moitié de l’album en question va y passer, notamment les superbes "Blue Moonlight" et "Two Isolated Souls". Le précédent album, Recitation, est également à l’honneur avec "Worn Heels and the Hands We Hold". Techniquement, les nippons ont de la bouteille et du talent à revendre, et cela se voit : son parfait, maîtrise absolue de la section rythmique et des guitares tantôt lancinantes et larmoyantes, tantôt ravageuses et perçantes, tout tombe pile à sa place et la clarté de l’ensemble est impressionnante.
Quant au chant de Tetsuya Fukagawa, que dire ! Ce mec est juste intouchable, son chant écorché hyper agressif est l’un des plus reconnaissables de la scène, ses spoken-words en japonais sont légende pour les fans, et le garçon a également nettement progressé en chant clair depuis ses débuts, bien que cela reste assez fragile (ce qui concourt au côté touchant du frontman d’Envy). Son attitude est également des plus marquantes : quand il n’est pas penché sur son clavier à distiller les ambiances si chères au combo, il se tient tourné de profil, entre son groupe et le public, incantant ses paroles en faisant de grands gestes d’offrande vers l’audience, comme si il lui offrait ses mots avec timidité et déférence, comme si il cherchait à les envoyer le plus loin possible de lui. Ça peut vous paraître bidon dit comme ça mais je puis vous assurer qu’une fois rentré dans le show, ça vous colle des frissons modèle géant. Discret et extrêmement respectueux entre les morceaux (dans le plus pur cliché du japonais qui balance des « thank you » à tout bout de champ et s’incline plus que de raison) le groupe est totalement différent lorsqu’il joue, on les sent comme… libérés. Et le public est au diapason, entre attente respectueuse entre les morceaux, et folie pendant. Vous conviendrez qu’arriver à développer un pit sur du post-rock n’est pas donné à tout le monde. On en vient alors très rapidement à regretter que le concert soit si court, et même si on aura le droit à "A Warm Room" et "Scene", issues d’Insomniac Doze, on n’a aucune envie que cela s’arrête, d’autant qu’on a encore rien entendu de All The Footsteps… Heureusement, ô joie, ô Amour, le groupe finit son concert avec 3 minutes de pur bonheur, j’ai nommé "Farewell To Words", qui pour sa part est bien issu de l’album légendaire des japonais.


En conclusion, difficile d’adresser une chronique objective de ce concert tant la charge émotionnelle était forte en ce qui me concerne. Mais je puis témoigner que le groupe était en grande forme, techniquement parfait, et visiblement très heureux d’être là, se confondant en remerciements chaleureux à la fin du concert. Il me reste à présent à trouver le moyen de les revoir en tête d’affiche quelque part, idéalement dans un lieu plus intime et plongé dans une obscurité seyant plus aux compos des nippons. Je ne puis que vous enjoindre à découvrir ce groupe à part, en remontant le fil de leur discographie pour en atteindre le pinacle, le fameux All the Footsteps... dont je ne vous ai déjà que trop entretenu dans ce live-report. Toutes mes excuses mais comme le disait si justement l’immenssissime Pascal O.,  « c’est ça, être fan, êêêêêêêtreuh fan ».

Album photo : Das Silverfoto
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