CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 15 juillet 2014




SETLIST

Back in the Saddle 
Train Kept A-Rollin' (Tiny Bradshaw cover) 
Eat the Rich 
Love in an Elevator 
Oh Yeah 
Cryin' 
Livin' on the Edge 
Last Child 
Freedom Fighter (Joe Perry) 
Same Old Song and Dance 
Rats in the Cellar 
I Don't Want to Miss a Thing 
No More No More 
Come Together (The Beatles cover) 
Dude (Looks Like a Lady) 
Walk This Way 
Mama Kin 
Dream On 
Sweet Emotion 


AFFILIÉ

Aerosmith
Paris - Bercy
(05 juin 2007)

21 juin 2014 - Hellfest


Aerosmith_Hellfest_20140621

Aerosmith au Hellfest, c’est à n’en pas douter l’archétype du concert qui vous fait réaliser que le festival a pris, ces dernières années et particulièrement lors de cette édition, une nouvelle dimension. Superstars planétaires plutôt rares en concert dans nos contrées, la bande de vieux rockers de l’inénarrable Steven Tyler suscitait bien des attentes et également quelques inquiétudes. Dont celles de votre serviteur qui, soyons honnêtes, est plus allé les voir pour accompagner sa douce (qui elle, est vraiment fan) que par amour pour les américains et leur hard rock teinté de blues, de pop et de glam. Bref, autant vous dire que j’avais un peu peur de me faire bien chier, d’autant que la prestation devait durer deux heures. Mais inexplicablement, il n’en fut rien. 

Enfin, tout bien réfléchi, tout cela est finalement parfaitement explicable : la simple vérité est qu’Aerosmith semble être, malgré son âge avancé, un putain de groupe de scène. Le genre de groupe qui rappelle à tout le monde ce que show à « l’américaine » veut dire et que le terme « rockstars » n’est pas toujours péjoratif. Car show de rockstars il y eu, et pas qu’un peu. Le concert débute avec, bien sûr, le quart d’heure syndical de retard des rockstars qui se respectent. Le groupe débarque sur des morceaux vraiment groovy et enlevés, et après seulement quelques minutes, plusieurs constats s’imposent à nous : tout d’abord un son de malade, un des meilleurs du festival. Tous les instruments sonnent parfaitement et que dire de la voix de Tyler, un bonheur (on reviendra dessus). Ensuite, force fut de constater que malgré la vieillesse marquée des gars de Boston, ça joue toujours plutôt bien ! Que ce soit la section rythmique et notamment la basse (malgré un batteur aux plans assez sommaires et qui rétrospectivement faisait de la peine en comparaison de l’immense prestation de Brad Wilk le lendemain), les guitares ou le chant, ce fut du haut niveau. Seul petit bémol, un Joe Perry visiblement déchiré comme un drapeau (le gars n’arrivait même plus à articuler en fin de concert) et dont le niveau de performance baissa au fur et à mesure que le concert avançait, avec notamment un beau plantage sur le solo de l’indépassable "Dream On" et un quasi-carnage sur "Sweet Emotion". 
Il était temps que ça s’arrête pour le vieux Joe, mais pour le reste, le bonhomme assura bien. Cependant, la palme du Troisième Age en Fleur revint très clairement à l’incroyable, que dis-je, l’inénarrable Steven Tyler, sur lequel le temps ne semble plus avoir aucun effet : merci la drogue, la chirurgie, les changements de sang fréquents et plus généralement, merci l’argent. Quoi qu’il en soit, je ne sais pas ce que ce monsieur prend, mais j’espère pouvoir me payer la même chose à son âge. Courant partout, donnant de la pose de rock-star à qui mieux mieux (parfois un peu ridicule avec son look de Jack Sparrow/mousquetaire/hippie new-age/ mais tellement plus vif et en voix qu’un Ozzy mort sur pieds le lendemain), le papa d’Arwen Undomiel a surtout sorti une prestation vocale de très haute volée, notamment sur des morceaux particulièrement inchantables tels que "Crying" ou "Dream On". Rien à redire sur Monsieur Tyler, la définition même de la rock star, c’est lui. D’ailleurs le claque sera lourde quand le malheureux Joe Perry prendra le micro en milieu de set pour jouer un de ses morceaux, le très gênant et dispensable "Freedom Fighter" : voir un multimillionnaire ivre mort de 65 piges chargé de bijoux chanter qu’il combat chaque jour pour la liberté, oui, c’est très gênant, surtout quand le morceau est aussi plat et insignifiant. 
Mec, laisse la voix à ceux qui savent et contente toi d’enchainer les riffs de tueur ("Walk This Way", "Dude Looks Like a Lady", "Crying" et autres "Love In An Elevator"). Mais au-delà de ces petites déceptions et autres menus ratés, ce fut un sacré concert. Presque 1h45 de show, un écran géant imposant sur la Mainstage permettant de ne pas en perdre une miette, quelques moments de bonheur avec notamment une superbe reprise de "Come Together", un "Dream On" sublime avant que Joe Perry ne vienne un peu tout niquer, bref dans l’ensemble ce fut aussi surprenant qu’agréable et j’en suis le premier étonné. En général quand on va voir un groupe de dinosaures on en ressort à moitié déçu même si on a vu des tubes. Là ce fut tout le contraire, la surprise fut réelle et ce fut clairement la meilleure performance parmi les trois têtes d’affiches de ce week-end mémorable. Les salopards ont même réussi à nous faire hurler sur "I Don’t Wanna Miss A Thing" alors qu’objectivement ce morceau craint et figure, outrage ultime, sur la BO d’Armageddon ! Décidément… Parfois la magie vous embarque alors même que vous êtes parfaitement conscient d’être en présence d’un show ultra calibré et millimétré, sans doute joué et rejoué des centaines de fois… Mais quand le cœur y est et que la performance musicale est au rendez-vous, on se laisse emporter et cela fait beaucoup de bien après deux journées de bourrinage intempestif. 


En conclusion, on dira que la performance maousse de Steven Tyler y est pour beaucoup dans la réussite de ce concert, ainsi qu’une setlist très axée sur des titres hard-rock bluesy avec pas mal de groove, le tout saupoudré de tubes planétaires. Que demander de mieux pour un samedi soir sous les étoiles à Clisson ? Un Joe Perry sobre n’aurait pas été de refus, mais dans l’ensemble ce fut un quasi sans-faute pour les stars américaines, dont on se doute bien qu’on ne les reverra pas de sitôt et même sans doute jamais en terres clissonaises. Ce qui ne fait, finalement, que décupler le plaisir d’avoir pu assister à un concert dont on n’attendait pas grand-chose et qui nous a finalement donné beaucoup plus que prévu. Bravo à vous, messieurs les rockstars, votre titre n’est définitivement pas usurpé.

(créditsphotos : www.OZIRITH.com - HELLFEST Productions) 




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